Paddock Paradise, rêve ou cauchemard ?

par Équinessentiel dans Conditions de vie | 42 commentaires

Le principe du Paddock Paradise est de plus en plus à la mode dans notre pays. Après l’avoir moi aussi considéré comme une très bonne solution, je vous disais cet hiver que je suis revenue sur mon premier jugement. Je m’explique de suite!

 

Le principe du Paddock Paradise a été mis au point par Jaime Jackson aux Etats Unis. Il est simple : mettre en place sur tout le tour du terrain que l’on a de disponible pour les chevaux une piste de largeur adaptée à leur nombre tout au long de laquelle on installe des aires élargies pour l’abreuvement, la nourriture, les abris, les compléments, etc avec accès contrôlable à différentes parcelles, destinées au pâturage ou au jeu. A l’origine, il s’agit de reproduire le mode de vie naturel des chevaux qui passent leur temps à marcher d’un endroit d’intérêt à un autre en utilisant toujours les mêmes chemins et s’usent ainsi les sabots de façon naturelle. D’ailleurs, pour aider à leur entretien, on aménage également la piste avec des matériaux de dureté et de taille différentes afin de renforcer les pieds et de faire travailler la proprioception des chevaux. L’objectif est qu’ils se déplacent un maximum le long de la piste, au lieu de stationner toute la journée dans un même endroit du pré où se trouvent l’eau, la nourriture et l’abri.

 

L’idée est très prometteuse et l’aménagement de la piste et de l’espace est un exercice très intéressant à faire. Pourtant, sa mise en place chez nous présente des inconvénients et n’est pas toujours une réussite. J’en parle en connaissance de cause, ayant vécu et travaillé avec les chevaux en Bretagne, Normandie, dans l’Ain, en Haute Savoie et à présent en Auvergne. Ayant travaillé avec eux sur de plus courts termes en Espagne, Italie et Australie. Et soignant vos chevaux dans toute la moitié Nord de la France et en Belgique. Des terrains, des prés et des Paddocks Paradise, j’en ai vus!

 

Soyons honnêtes, la première difficulté est financière. En effet, la double clôture nécessaire à la création de la piste est un investissement de taille! Cela double tout simplement le budget clôture et laisse donc moins de fonds pour aménager le reste. Sans compter que nous sommes peu à disposer d’une seule parcelle. Souvent, nous avons plusieurs parcelles de petite surface entre lesquelles nous faisons tourner les chevaux. Donc que faire : un Paddock Paradise pour une seule saison ou dans un seul parc ? Ou dans tous ? Alors ça représente encore plus de longeur de piste. 

 

Ensuite, les conditions de détention des chevaux sont très différentes ici de ce qui se fait dans les vastes espaces où le concept a vu le jour. A la base, les projets de Jaime Jackson concernent des exploitations entières dont la piste fait tout le tour et qui représentent en général plusieurs dizaines d’hectares au bas mot. Or, chez nous il est bien rare de disposer de si grands terrains. Alors on nous dit que même sur un hectare ce système peut s’envisager. D’accord. Seulement les chevaux ont façon d’appréhender l’espace différente de la nôtre. Ils ne sont pas capables de réfléchir au contournement et sont donc pour la plupart incapables de se sortir d’un labyrinthe, même simple. Aussi, s’ils vous voient avec des seaux de grain juste en face d’eux mais qu’un fil les en sépare, ils vont naturellement tendre à rester attendre devant le fil ou à le casser pour passer plutôt que de réfléchir à faire le tour de la piste. Et ils n’apprécieront guère de tourner en rond. Pour que le principe leur paraisse logique, il faut de la surface!

 

De plus, les petites surfaces disponibles encouragent souvent à réduire au maximum la largeur des pistes. Or, celle ci doit être suffisante pour que les chevaux puissent passer à plusieurs de front, et donc adaptée à la taille du troupeau. Une piste de 2m de large est bien insuffisante! Généralement, il en faudrait plutôt 6 pour éviter le stress et les risques de coups. Déjà, parce que les passages étroits sont stressants en eux-mêmes pour la plupart des chevaux. Ensuite, parce que les chevaux ont une bulle dans laquelle les autres ne sont pas tous autorisés à pénétrer, et encore moins dans un goulet anxiogène. Donc si un cheval en intimide un autre, ce dernier doit pouvoir lui laisser la place suffisante pour ne pas être embêté. Sinon, il se verra durement chassé et cela donnera lieu à des comportements d’évitement qui pourront se révéler très dangereux pour lui même comme pour ceux qui pourront se trouver sur son passage. S’il s’agit de vous, vous risquez d’y perdre des orteils… Alors, certes, cela fait apparaitre du mouvement dans le troupeau, et un peu d’adrénaline de temps en temps ne fait de mal à personne. C’est pourquoi Jackson conseille d’utiliser un haut parleur diffusant de temps en temps des bruits tels que le cri d’un cougar pour stimuler l’instinct de survie des chevaux et les faire bouger. Mais pour qu’un cheval se sente bien dans son groupe, le stress ne doit pas être suscité par ses membres. Un stress extérieur fédère le troupeau, mais des relations stressantes entre membres entraînent un profond malaise chez le cheval qui les subit, et qui peut même en tomber malade. Pensez-y donc avant de dessiner vos pistes !  

 

Ensuite, le fait de les forcer à utiliser toujours la piste entraîne forcément un piétinement conséquent de cette piste. L’idée est justement d’épargner ainsi le reste de la pâture. L’intention est bonne, seulement le résultat dépend de la nature du terrain. Car même si on vous promet qu’à force de tasser la piste les chevaux la rendront suffisamment dure pour supporter l’hiver sans former de boue, c’est sans compter avec la pluviométrie de nos contrées et la nature de certains terrains. Et honnêtement, toutes les pistes de Paddock Paradise que j’ai pu voir en France et qui n’étaient pas drainées et stabilisées ressemblaient davantage à des rivières de boue en hiver! Si le terrain est facilement boueux, il faut donc y remédier en drainant la piste efficacement, ce qui représente un très gros investissement. Sans compter que si on laisse la piste très gravillonneuse, la grande majorité des chevaux et au moins ceux qui arrivent juste dans le pré a les pieds bien trop fragiles pour y passer la journée et développe facilement des inflammations du pododerme de la sole si aucun autre terrain n’est disponible. Ce qui réduit bien entendu considérablement leurs déplacements! Or, l’objectif est tout de même de les encourager. La qualité du sol et la surface proposées doivent donc y être favorables.

 

Une piste que les chevaux sont forcés d’emprunter toute l’année devient vite boueuse en hiver si elle n’est pas drainée.

 

Enfin, très souvent, le principe n’est pas suivi jusqu’au bout par manque de temps, ce qui fait que les chevaux ne bougent pas davantage que dans un pré classique. Car si on respecte bien les règles, on doit par exemple disposer des filets à foin tout le long de la piste et non dans une seule aire, qu’elle soit stabilisée ou non. Seulement cela prend bien plus de temps et demande bien plus de manutention que de tous les regrouper ou d’en mettre un très grand sur un ballot de foin complet. En effet, si Jaime Jackson parle de disposer suffisamment de filets pour que le remplissage ne soit nécessaire qu’une fois par semaine, cela suppose qu’ils soient nombreux et/ou de très grande taille. D’une part, des filets de bonne qualité qui n’abiment pas les gencives des chevaux sensibles et qui durent dans le temps coûtent cher, et d’autre part, il faut une bonne surface de piste et de nombreuses aires élargies pour les disposer et cela ne doit pas prendre tout l’espace de votre Paddock Paradise. Donc la plupart des gens ne le font pas. Et au delà de cela, il est impératif de disperser les points d’intérêt au maximum. Car si le foin est sous l’abri avec l’eau, Paddock Paradise ou pas, les chevaux y passeront la majorité de leur temps. Il ne suffit pas d’une piste pour les encourager à se déplacer! 

 

Je parlais de manutention, ça vaut le coup de s’y attarder. Car le foin à disposer le long de la piste n’est pas le seul effort à fournir. Si vous n’avez pas ni point d’eau naturel ni moyen d’en pomper d’un point d’eau proche du pré, il vous faudra faire le tour de la piste pour remplir votre abreuvoir. Et ce sera la même chose pour ramasser les crottins que vous ne pourrez évidemment pas laisser sur cette piste, et pour toutes vos autres tâches. Impossible de couper au milieu du pré, à moins de passer entre les fils et de montrer ainsi aux chevaux que c’est chose possible. C’est beaucoup de temps perdu si vous en avez peu à passer avec eux. Pour leur bien-être, c’est sûr. Mais au quotidien c’est rapidement difficile. 

 

Aussi, surtout sur de petites surfaces qui, je le rappelle, sont les plus courantes chez nous, je préfère laisser les chevaux utiliser l’espace comme ils le souhaitent. De toute façon, ils créent leurs pistes eux même. Et au moins, lorsque le terrain s’avère trop humide, ils peuvent en changer. L’essentiel est la bonne répartition des ressources et il n’est plus nécessaire de répartir les espaces car ils le font d’eux mêmes. Naturellement, ils choisissent pour se reposer et s’abriter les meilleurs endroits, qui diffèrent avec le moment de la journée et la météo. Vous n’avez alors plus qu’à disposer pierres à sel, compléments, plantes variées, eau, et filets à foin si nécessaire à des emplacements éloignés. Ainsi, vous économisez une clôture et laissez davantage d’espace aux chevaux pour courir. L’espace étant ouvert, il vous est plus facile de vous y déplacer vous aussi. De plus, aucun endroit du pré n’est sur-pâturé ni compacté à outrance. Car, je le rappelle, la plupart d’entre nous disposons non pas d’une seule parcelle mais de plusieurs entre lesquelles nous jonglons. Libre à vous, ensuite, de disposer des graviers à certains endroits stratégiques pour encourager vos chevaux à y marcher. Mais si leurs pieds sont sensibles, ils peuvent les éviter.

 

C’est à force d’observer mes chevaux que j’ai choisi d’utiliser ce système ouvert alors que je souhaitais à la base aménager chaque parcelle en Paddock Paradise, et été comme hiver (suivez le lien pour lire la gestion en hiver) il leur réussit très bien. Bien sûr, c’est aussi parce que je sélectionne le pré le plus sec et le plus dur pour l’hiver, que je fais un roulement régulier entre les terrains en fonction de leur taille et de leur nature et que mes chevaux sont pieds nus. Mais quelles que soient la taille des parcelles et la nature des sols, j’ai toujours réussi à les préserver autant que possible. Simplement en observant le terrain et en n’hésitant pas à essayer diverses organisations jusqu’à trouver la meilleure! Comme toujours, je fais confiance à la nature des chevaux, et je pars du principe que si le troupeau a une bonne dynamique et que les ressources sont adaptées et les chevaux bien dans leur tête, alors ils sont à même de gérer leur espace sans nous.

 

Là où je vois un véritable intérêt au Paddock Paradise, c’est lorsque le terrain est coupé en deux par des bâtiments ou un carrière par exemple. Dans ce cas, il peut être intéressant de ménager une piste de part et d’autre de la zone occupée par l’homme, afin de pouvoir offrir aux chevaux toute la surface. Bien entendu, il faut alors prévoir un système pour fermer la piste et permettre le passage des hommes ou des voitures entre l’extérieur du pré et les bâtiments ou la carrière. 

 

En résumé, les points qui me font écarter l’idée du Paddock Paradise chez nous  : 

  • coût d’aménagement : deux fois plus de clôtures (fil et piquets), aménagement de la piste (drainer, stabiliser), nombreux filets à foin nécessaires si l’on envisage un seul remplissage par semaine ; 
  • petitesse des surfaces qui oblige à l’étroitesse des pistes : stress, danger de coups ou autres blessures ;
  • boue importante sur les pistes si elles ne sont pas drainées : risque de glissages et problèmes liés à la boue tels que gales de boues ; 
  • incompréhension des chevaux si la piste ne propose pas un trajet cohérent : risque de passage forcé des clotûres ;
  • entretien quotidien plus long ; 
  • pas davantage de mouvement des chevaux si les points d’intérêt ne sont pas assez nombreux ;
  • risque de positionner les différents aires de façon inappropriée aux besoins des chevaux. 

Et les avantages d’un système ouvert bien aménagé : 

  • ne nécessite qu’une clôture extérieure : économies ; 
  • accès direct à tout le parc : gain de temps et d’énergie ;
  • possibilité pour les chevaux d’éviter les zones humides et de faire évoluer leurs pistes avec les saisons : moins de boue et problèmes liés ; 
  • leur laisse la liberté d’utiliser l’espace en cohérence avec le temps (pluie, vents, soleil, insectes, etc) et selon leur instinct.

 

Vous qui avez un Paddock Paradise ou en êtes farouches défenseur(/se), n’y voyez pas un quelconque jugement. Cela reste mon avis personnel, fruit de ma propre expérience. 😉 Ça ne remet en aucun cas le principe en cause. Seulement son application, qui n’est pas toujours fidèle et qui demande un gros investissement dû aux conditions climatiques en France, excepté peut être dans le Sud que je connais très mal. Pas de quoi monter sur ses grands chevaux 😉 

 

Note  : Je parle de petites surfaces pour nos prés français car j’ai eu la chance de découvrir un autre sens des proportions lors de mon expérience dans le bush australien. Une ferme sur un terrain de 200km de long pour 70 de large, ça vous parle ? 

 

Laure Souquet
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  1. Nan

    Bonjour, je suis contente de vous lire car je pense comme vous et je vois tout le monde entrer dans ce concept qui pour moi n’est quand meme pas idéal. Je ne reviens pas sur votre analyse qui est assez complète.
    Il faut juste prendre des idées..mais il y a une pression derrière de faire comme…..surtout en France…eh oui c’est enregistré comme concept depuis décembre 2016 en France…et si vous ne rentrez pas dans les critères vous ne pouvez pas utiliser le terme pp….génial encore une prise de pouvoir dans ce monde un peu fou. A votre bourse….

    • L’essentiel est de trouver un principe qui nous convienne, et surtout à nos chevaux ! Eux se fichent bien du nom qu’on donne à leur espace de vie. 😉

  2. Merci pour cet article un peu différent qui offre de la matière à réfléchir!! Il est clair que les terrains sont juste complètement différent et que les pp aux US là où vie Jaime ne peuvent juste pas être reproduits ici. Maintenant pour avoir été dans un endroit qui n’est pas un pp à proprement parler mais qui possède quand même un petit système de piste, je trouve quand même que ça les amène à bouger beaucoup plus et qu’ils se servent mieux de l’espace disponible. Après il est clair que simplement en gardant l’idée des points d’intérêt mais sans les pistes on arrive surement à un résultat assez similaire, et à moindre couts!! Dans mon cas, il y avait les pistes, mais pas les points d’intérêts, ce qui marche aussi 😉
    effectivement ça marche mieux dans des grands prés, ou quand on a plusieurs prés pas forcément liés entre eux, etc. Par contre on ne retirera pas que si les chevaux peuvent éviter les cailloux, ils les éviteront, même sans avoir mal aux pieds 😉
    Un principe donc que je pense mieux adapté aux pensions qui peuvent investir dans du matériel et du personnel, plutôt que pour l’usage privé…

    • C’est exactement ça : le Paddock Paradise c’est très bien pour de grandes surfaces et avec les moyens financiers pour les réaliser comme il faut!

      À une échelle plus petite et avec de petits moyens, je préfère personnellement multiplier les points d’intérêt pour encourager les chevaux au mouvement.

  3. Danrigal

    Interessant en effet de parler de ses expériences et de les partager. Nous avons 2 chevaux, dont un étalon, plus une mule sur 4ha avec la maison attenante. Les chevaux circulent librement sur un cercle de 1km qui fait le tour. Au centre le pré pour le foin, que nous ouvrons après la fenaison et parfois, quand il fait sec, ce qui leur donne accès à l’herbe et aux trois haies intérieures. Pour l’accès à l’herbe nous avons crée 4 couloirs d’herbe que nous ouvrons alternativement. Intérêt, les chevaux apprennent très vite les histoires de labyrinthe, si je passe à travers le centre pour prendre un cheval, les autres examinent un instant le problème puis me rejoignent à bride abattue (en réalité ni licool ni bride) par un côté ou l’autre. S’il sont dans le centre, je laisse ouvert justement pour qu’ils aient accès à l’eau etc. Le foin, je le distribue chaque jour sur le pourtour, en quatre tas à des endroits variables, en attelant une chariote comme dit Philippe Baudet, ce qui me permet de m’amuser et de faire faire un peu d’exercice aux chevaux. L’abreuvoir est à la maison, précisément à l’écurie où il ne rentre en hiver que pour boire, en été également pour s’abriter des insectes. La boue : notre terrain est en pente, dans le jura il pleut pas mal ; de plus il y a une canalisation communale qui fuit un peu tout en haut ; mais je ne me sens pas gênée par la boue et mes chevaux non plus – sauf si je veux faire des exercices de maniabilité et d’éducation mais alors je sors sur les chemins blancs qui bordent le terrain. Voilà, c’est très très commode pour moi et me semble-t-il, excellent pour l’état des chevaux. Bien cordialement, Françoise.

    • Ça semble effectivement un très bon système, qui colle parfaitement à votre « grande » surface. Sur une telle surface, le Paddock Paradise prend tout son sens.

  4. Dérioz

    Toujours aussi intéressant. Tolérant. Intelligent. « Nourri ». Un vrai plaisir de vous lire. Car en plus c’est bien écrit. Si rare aussi ! Mon expérience aussi m’a amenée à la même conclusion que vous ou du moins à la même installation pour mes chevaux. Sur le principe, c’est toujours bien de remettre en question les modes, non par esprit de contestation, surtout quand elles viennent d’un bon sentiment pour améliorer le bien-être des chevaux, mais pour se faire sa propre opinion en observant ses compagnons. Il faut adapter l’esprit à la réalité.
    Belle journée à vous.

    • Je vous remercie! 🙂

      Vous résumez bien l’essentiel : s’adapter à la réalité du terrain!

  5. Solange

    Vous exprimez parfaitement ce que je ressens, et j’ai moi-même renoncé à faire un PP pour toutes les raisons que vous évoquez. Malgré tout, j’ai essayé d’aménager ma petite surface de 5000 m2 (pour 2 chevaux) en petit paradis: abri au milieu, eau à une extrémité, 8 filets à foin par jour répartis partout (j’ai la chance d’avoir des arbres), et crottins ramassés tous les jours…
    Je n’ai pas encore ressenti l’intérêt d’ajouter des pistes, car je pense que ça n’ajouterait que de la boue et du stress !
    Merci pour cet article.

  6. Bonjour,
    Merci pour votre article très précis et riche d’expérience. Je le trouve très à propos en ce qui concerne les questions pratiques. Je voulais attirer votre attention sur l’écurie active qui est « l’autre » modèle d’hébergement en groupe. Moins centré sur une méthode, il répond aux questions de fonctionnalité, de bien-être et de stabilisation du sol. En terme d’investissement, cela équivaut à u logement dans une écurie traditionnelle. En avez vous fait l’expérience ?

    • Ce concept étant très récent, je n’en ai pas encore fait l’expérience. Je suis sur la réserve concernant le côté très automatisé. Ceci dit, si l’on a un investissement à faire, mieux vaut réaliser un Paddock Paradise ou une écurie active plutôt qu’une écurie classique. L’essentiel, c’est que les chevaux soient dehors et en groupe!

  7. Intéressant article. Moi aussi j’ai voulu un paddock paradise, mais le problème de la boue m’areter. Je pense le principe principal est de laisser vivre les chevaux en groupe avec suffisamment de place pour chaque individu.
    Mais jai un question: est ce que une de vous as des expériences avec un toilet equin?
    Jai 2 troupeaux, 1 qui es sur paille, l’autre en beton dans leur stabulation. Celui en béton, je nettoie 2 fois par jour.
    Maintenant j’ai laissé un carré de paille et ils commence de faire leur besoin la. Mais je prefaire un carré en sable dehors pour ca.
    Qui as des expériences avec?

    • Je n’ai jamais entendu parler de ce principe et je pense qu’il y a de fortes chances pour que vos chevaux préfèrent se rouler dans le sa le plutôt que d’y faire leurs crottins.

  8. Anneso

    Bonjour!
    Je trouve vos observations très intéressantes, il faut bien réfléchir à comment organiser les espaces et surtout bien connaître la vie et le comportement des chevaux en troupeau. Et que pensez vous des écuries actives? C est plus ouvert que des paddocks paradise, est ce que ça offre une alternative intéressante et respectueuse à la vie en boxe selon vous?
    D avance merci pour votre réponse,
    Bonne journée!

    • Et bien je pense que tout système qui laisse les chevaux vivre dehors et en groupe est préférable au box.

      Ce qui m’embête avec les écuries
      actives c’est le système ultra automatisé qui laisse peu de place à l’instant du cheval qui se trouve facilement rationné.
      Après, le concept est jeune et je n’ai pas recul dessus.

  9. Laure,

    Je suis partisante du Paddock Paradise pour les diverses raisons citées et aussi parce que l’herbe augmente les risques de complications telles que coliques et fourbures.

    Le fait, à mon sens, que vous compariez plutôt les inconvénients du PP avec les avantages du pré me gène sur le plan de l’objectivité même si vous parlez de votre propre expérience. Ne croyez-vous pas que tout système d’hébergement, plus ou moins bien réalisé d’ailleurs, a ses avantages et inconvénients ? Chacun y trouve ce qu’il pense être le meilleur pour son cheval et pour lui-même.

    • Mais tout à fait! C’est pour cela que cet article présente simplement mon expérience personnelle et ne cherche ni à convaincre ni à juger qui que ce soit.
      La solution idéale, c’est celle qui convient à chaque cheval et à chaque personne. À chacun de trouver la sienne!

    • D’ailleurs, j’oubliais de le préciser mais vous n’êtes pas concernée par cet article puisque vous avez pu trouver les fonds pour mettre en place un véritable Paddock Paradise avec piste entièrement drainée et stabilisée. Or, je parle de particuliers ayant des difficultés à mettre en oeuvre le concept complet par manque de temps, de surface et de moyens. C’est un tout autre contexte!

  10. Bonjour, un bel article…tout à fait représentatif ! Voilà pourquoi, malgré nos 20 hectares, il n’y aura pas de paddock Paradise à Firfol ! J’y ai bien pensé quand le concept est sorti (ça doit pas pas loin de 10 ans…) mais effectivement, l’observation des chevaux vivant en troupeau m’a conforté dans l’idée qu’il faut beaucoup d’espace et beaucoup de main d’oeuvre ! Bon courage à ceux qui se lance, c’est tout de même une chouette idée si elle est menée à son terme !

    • Oui, ça reste une très belle aventure si on réunir les bonnes conditions pour la mener à son terme!

  11. Fanny J

    Bonjour, bien contente de découvrir votre avis également ! Loin de vouloir créer la polémique vous réfléchissez avec pragmatisme et finalement avec simplicité.
    En effet comme vous je n’ai ni le temps ni l’envie de de disposer des filets a foin toute une journée et de ramasser des crottins a n’en plus finir…
    De plus si l’on souhaite faire un PP en France la pression est devenue assez importante, car il faut répondre a tel ou tel critère pour être qualifié comme PP, même si ceux ci ne correspondent pas a nos chevaux ou nos terrains comme vous l’avait si bien souligné.

    J’ai comme vous choisis de faire un compromis car il y quand de très bonnes idées dans le PP. Ayant un pré tout en longueur et diffile à aménager j’ai choisi le système de piste pour distribuer mes différents paddocks, d’1/2 HEC chacun. Je les change de paddock toutes les semaines et comme ça je n’abîme pas mon pré et je n’ai pas a ramasser les crottins. Les couloirs sont tout le temps ouvert (donc un peu abîmé mais c’est le sacrifice pour la bonne cause) et les chevaux ont TT le temps accès a l’eau au foin et leur abri, tout ça se trouvant dans les couloirs. De ce fait ils ont aussi accès a de l’herbe contrairement a un PP classique.
    Ce n’est sûrement pas parfait mais ça me convient très bien, je n’y passe pas des heures, je n’aurais que quelques endroits a stabiliser pour leur confort et le principal, ils on l’air d’y être bien, ni trop gros ni trop limite et avec des bons pieds !
    En tout cas c’est important de voir que l’on puisse s’adapter a nos chevaux et a nos besoins sans rentrer dans une case en particulier.

    • Je suis bien d’accord, l’essentiel est que cela nous convienne, à nous comme à nos chevaux! On essaye, on voit ce que ça donne, on modifie… on s’adapte!

  12. Avec tous les articles systématiquement dithyrambique que l’on trouve sur le paddock paradise, ton retour d’expérience sincère et bien détaillé est vraiment précieux. Merci !

  13. anne-marie

    Certains arguments demandent a etre étayés! En début de pp sur 2ha, j’ai pour l’instant une piste d’environ 500m avec abri, point d’eau, foin au même endroit stabilisé depuis début janvier. Précédemment mes juments étaient sur environ 2ha de pré pendant 2 mois. J’ai constaté en arrivant a la maison la disparition de la gale de boue et les pieds qui ont racourci tout ça grace aux cailloux juste sur un petit espace. Je les vois régulièrement sur la piste a grignoter les repousses d’herbe et pour moi dans la journée (je parle pas de la nuit ou je dors, donc j’observe pas) elles font une petite dizaine de tous en journée… Donc si j’y vois beaucoup de mieux même si le principe du pp n’est pas respecté en intégralité chez moi. Je trouve par contre d’autres inconvénients non abordé ici, notamment les conséquences de la restriction alimentaire pour les chevaux sme, fourbus, obèses qui demandent un peu de connaissances et d’expérience pour le bien etre du cheval et parfois éviter les catastrophes…

    • Ce que vous me décrivez là n’a absolument rien à voir avec un Paddock Paradise : pas de piste formant un parcours sur toute la surface, pas de dispersion des points d’intérêt. Aussi, les améliorations que vous observez sont dues simplement à la présence d’une aire stabilisée et gravillonneuse sur laquelle les chevaux passent beaucoup de temps car abri, eau et nourriture y sont rassemblés.
      Pour ce qui est de la gestion des chevaux avec des problèmes métaboliques, ce n’est pas le débat dans cet article. Il faut arrêter de croire que le rationnement est une solution pour eux et commencer à se poser des questions beaucoup plus sérieuses sur le sujet pour agir sur les causes principales. Ce sera le sujet d’un tout prochain article!

  14. RAHIER Christophe

    Il y a beaucoup de vrai dans cet article, mais malheureusement comme pour tout, si on ne se donne pas tous les moyens pour réussir, le résultat est souvent mitigé! Le problème est qu’on appelle Paddock Paradise des aménagements qui n’en sont pas vraiment!

    C’est comme le propriétaire qui veut un cheval pied nu passe partout mais qui le laisse au box…

    • Comme vous dites, le problème ne vient pas du concept qui est très bon à la base, mais de la difficulté à le mette en œuvre correctement.

  15. Bonjour,
    j’aime beaucoup votre analyse;
    C’est vrai, comme le dit déjà Nan, faut faire comme… mais tous les éléments ne sont pas pris en compte. L’illusion de faire des grandes choses !

    • C’est vrai, il vaut mieux choisir un projet adapté à nos moyens et bien le réaliser plutôt que d’avoir de grandes ambitions et ne pas les concrétiser comme il faut.

  16. Maud

    Bonjour,
    Comme toujours, article au sujet très intéressant, très bien argumenté sans prendre partie.
    Je suis tout à fait d’accord avec vous et sur la quasi totalité des articles que j’ai pu lire. Vous avez un regard sur les chevaux qui se rapproche du mien. Nous cherchons le bien être de nos équidés en se documentant beaucoup, en les observant encore davantage et en ayant son propre libre arbitre (chercher à comprendre avant de reproduire ce que tout le monde fait).
    Merci donc pour cette vision de la vie.
    A bientôt
    Maud

  17. ekone

    C’est à la mode et comme toute mode, elle vise avant tout plus les hommes que les chevaux…

  18. Merci ! C’est exactement ce que je pense
    À titre de comparaison, le Boeing et le cesna sont des avions. Sauf que le Boeing bah on le pause pas sur une piste Ulm

  19. Carol-Ann

    J’habite au Québec, là il est peut faire jusqu’à -20° l’hiver et où il tombe plus d’un mètre de neige… J’ai longtemps pensé au concept du Paddock Paradise pour ma future écurie. Au début, ça me semblait tellement parfait ! Mais quand est venu le temps de faire des plans concrets, de prendre en considération les difficultés météorologiques, force est de constater que comme vous, je n’y voyais que des désavantages… Aussi, il ne faut pas oublier qu’avec des surfaces aussi grandes, il est plus difficile de garder un oeil sur les chevaux et donc de s’assurer que tout se passe bien, qu’aucun n’est blessé ni malade. C’est pas mal le principal avantage du box par rapport au pré pour les chevaux : la surveillance plus facile (mais pas suffisant à mon sens pour envisager une pension majoritairement intérieure). Bref, comme vous, j’en suis venu à la même conclusion : une rotation entre 2-3 parcs et l’aménagement de plusieurs « zones » dans un même espace. L’idée de l’écurie active me tente aussi, mais là encore, les coûts sont considérables.

    • Et oui, ça semble une solution plus simple et beaucoup moins coûteuse que le paddock paradise ou l’écurie active!

      • L’idée reçue que l’écurie active est nécessairement une solution onéreuse me chiffonne. Comme je m’occupe de son développement en France, je tenais à clarifier l’idée qui est derrière.
        Notre volonté est d’abord que les chevaux vivent dans des conditions qui leur correspondent : En groupe, libres de leurs mouvement et avec une alimentation saine basée sur le fourrage (herbe ou foin). En respectant quelques principes comme la séparation des points d’intérêt dans l’agencement, on observe que la qualité de vie des chevaux s’améliore. Une écurie active commence donc avec 2 chevaux, un râtelier avec filet petites mailles si besoin, un abri et un abreuvoirs séparés les uns des autres.
        En augmentant le nombre de chevaux, la réalité concrète s’impose et l’écurie active n’est que la somme des solutions techniques que nous apportons pour répondre à ces problématiques. A chacun d’aménager en fonction de son projet et de ses moyens. L’aménagement dans l’idée de l’écurie active peut tout à fait se faire avec des coût raisonnés et de façon progressive.

        • Carol-Ann

          Alors, j’ai mal compris le principe ma foi. Je pensais que l’écurie active reposait forcément sur des machines et des systèmes automatisés. En quoi la description que vous faite est donc différente de ce dont parle Equinessentiel dans son article ? À savoir un grand enclos avec plusieurs zones d’intérêt ?

          • Les automates interpellent parce qu’on n’en a pas l’habitude et ont tendance à attirer beaucoup l’attention. Ils ne sont pour autant que des outils au service du bien être des chevaux et de la simplification du travail. La base de l’écurie active reste l’hébergement en groupe et la séparation des points d’intérêt. Au début du concept, les chevaux étaient d’ailleurs alimentés dans des systèmes de stalles. Les automates ne sont arrivés que dans un second temps pour permettre le fractionnement des rations sur la journée.
            pour des petits effectifs et des chevaux nourris sans concentrés, l’agencement proposé dans l’article correspond exactement à ce que nous essayons de promouvoir.

        • C’est donc que mes lecteurs et moi avons des écuries actives depuis des années, construites en suivant notre intuition! Nous n’avons juste pas pensé à en déposer le concept 😉

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