Un cheval peut-il être méchant ou dominant avec vous ?

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Un cheval peut-il être malveillant ou tenter de prendre le dessus sur vous ? Laure Souquet Ostéopathe équine sur Montluçon Clermont Ferrand Thiers Riom Vichy Moulins

J’entends souvent des gens dire qu’un cheval se paie leur tête ou celle de son cavalier. Ou qu’il est méchant et cherche à leur nuire. Ou encore qu’il tente de les dominer et de prendre le dessus sur eux. Mais un cheval peut-il vraiment être méchant ou dominant avec vous ?

 

Un cheval vit dans le présent, donc il ne peut pas être méchant

Etre méchant avec quelqu’un, c’est avoir la volonté de lui nuire ou de le faire souffrir. Dire qu’un cheval est méchant, cela signifie qu’on pense que ce cheval échafaude des plans pour faire du mal à son cavalier. Qu’il le voit arriver en se disant : « Hum… que pourrais-je faire pour l’énerver aujourd’hui ? Ou pour lui faire mal ? » Une telle supposition relève tout simplement de l’anthropomorphisme ! C’est à dire que cela revient à prêter au cheval des pensées et un comportement humains. En effet, la malveillance est l’apanage de notre espèce. Les chevaux, eux, vivent dans le moment présent.

Cela signifie-t-il qu’ils n’ont pas de souvenirs ? Que leurs réactions ne peuvent être conditionnées par des expériences vécues ? Bien sûr que non ! Un cheval garde en mémoire tout ce qui l’a fait souffrir. C’est indispensable lorsqu’on est une proie, afin de ne pas refaire deux fois les mêmes erreurs. Cependant, leur conscience socio-sensuelle très développée leur permet aussi de s’adapter à chaque situation nouvelle et à chaque personne. Un cheval peut se souvenir qu’un humain l’a violenté un jour. Mais il se souvient aussi de l’état émotionnel dans lequel était cette personne. Si elle était en colère et que vous l’êtes, il fera le lien entre elle et vous. Il vous craindra donc. Et il anticipera le mal que vous pourrez lui faire. Cependant, si vous êtes calme et bienveillant, il le sentira aussi. 

Les chevaux ont donc des souvenirs et peuvent anticiper vos actions. Mais ils ne ressassent pas de rancœurs contre vous ni ne se projettent dans un avenir où ils vous joueraient des tours. Alors oui, ils peuvent parfois se montrer agressifs, ce qui est très différent. Mais ils ne peuvent en aucun cas être méchants !

 

Par contre, un cheval peut se montrer agressif pour se protéger

La grande différence entre ces deux termes réside dans l’intention qui se trouve derrière. Un cheval qui se montre agressif envers vous ne cherche pas à vous nuire. Il réagit par rapport à une problématique immédiate. Par exemple, un cheval qui couche les oreilles en arrière lorsque vous passez devant son box tente simplement de vous faire respecter la distance dont il a besoin pour se sentir bien avec votre présence. Sa réaction n’est pas dirigée contre vous spécifiquement. De la même façon, celui qui mord au sanglage ou qui lance une ruade au départ au galop exprime simplement une douleur. Ce sont des réactions de protection, et non des actes visant à vous faire mal. Plutôt que de vous en offusquer, cherchez à savoir ce qui se cache derrière.

Pensez bien qu’une réaction agressive peut aussi être le signe d’un mal être psycho-émotionnel. Un manque de confiance de lui peut rendre un cheval agressif. Ou bien son attitude peut être une réponse à la vôtre, notamment si vous êtes vous-même en colère ou stressé(e). Le cheval étant capable de reconnaître vos émotions, celles-ci peuvent le mettre mal à l’aise. Enfin, une attitude trop intrusive ou une volonté de le contraindre peuvent le forcer à vous agresser pour se défendre. Notez aussi qu’une forte accumulation de frustrations peut faire monter l’agressivité d’un cheval. Par exemple on peut le voir chez un entier privé de contact avec les siens ou excité par la présence de juments. Mais là encore ce n’est pas dirigé contre vous. C’est l’expression d’une détresse. 

Donc lorsqu’un cheval se montre agressif, prenez le temps de vous remettre en questions. Cherchez ce qui peut le déranger, et n’hésitez pas à demander conseil à un professionnel bienveillant.

 

Il peut aussi remettre en questions votre légitimité à vouloir le guider

Un cheval est parfois dit méchant, malveillant ou encore dominateur lorsqu’il désobéit à son cavalier. Mais le cheval qui refuse de vous suivre ou de vous obéir est exprime simplement un désaccord avec vous. Dans un troupeau, on suit celui qui est sûr de lui et qui a démontré sa compétence dans un domaine donné. Donc si vous manquez de confiance en vous, si vous êtes hésitant(e) dans vos demandes, ou au contraire brusque, votre cheval estimera que vous n’êtes pas un bon guide. Il trouvera alors plus sécurisant pour lui de suivre sa propre volonté plutôt que de céder à la vôtre.

Guider un cheval, cela se mérite. Ce sont de grands animaux, 500 kilos d’émotivité et de crainte. Si la personne en face manque de sérénité, si elle s’énerve, si elle leur fait peur ou si elle leur semble faible, la plupart d’entre eux refusent de la suivre. Alors si un cheval vous tracte vers son pré ou s’il est incontrôlable monté, il n’exprime pas une volonté de vous dominer. Il fait simplement ce qui lui semble le mieux pour lui. Il ne tente pas de prendre le dessus sur vous. Cette interprétation est encore de l’anthropomorphisme. Il n’est juste pas convaincu par votre demande. C’est donc à vous de vous demander pourquoi et de modifier votre façon d’être et de demander.

 

Un cheval n’exprime un comportement de dominance qu’autour de ressources limitées

Dans la nature, les chevaux trouvent leur nourriture largement éparpillée au sol ou dans les buissons et les arbres. Ils n’ont donc pas de raison de respecter une hiérarchie pyramidale comme on en trouve chez les carnivores. La dominance ne fait donc pas partie de leur nature. Ils n’expriment de tels comportements qu’autour de ressources limitées. En l’occurrence, c’est surtout le cas des entiers se battant pour des juments.

Les chevaux domestiques, eux, peuvent se montrer dominants et agressifs lorsqu’on leur donne du foin ou des compléments qu’ils n’ont pas à volonté ou que plusieurs chevaux doivent se partager. C’est donc uniquement lors de telles distributions qu’un cheval peut vous considérer comme un(e) rival pour l’accès à une ressource et donc tenter de vous intimider. Aussi, si vous avez peur, évitez de distribuer des friandises au milieu d’un groupe de chevaux. Et si vous devez les nourrir et que vous vous sentez en insécurité, faites-vous aider pour apprendre à bien gérer ce moment.

A part ce cas très spécial de la nourriture, puisqu’un cheval n’est jamais en concurrence avec vous, il n’a aucune raison de chercher à prendre le dessus sur vous. Souvenez-vous en la prochaine fois que vous serez confronté(e) à une situation qui vous met mal à l’aise. Un cheval ne peut être ni méchant, ni malveillant, et il ne cherche pas à vous dominer. Ses comportements sont toujours des réactions à quelque chose qui lui fait mal, qui lui fait peur ou qu’il perçoit comme injuste sur l’instant. N’y cherchez pas autre chose. Posez-vous les bonnes questions, et vous trouverez comment apaiser votre relation avec lui. Lui prêter de mauvaises intentions ou un mauvais caractère, c’est se chercher des excuses. 

 

 

Laure Souquet
0033 (0)6 19 12 02 37
equinessentiel(a)gmail.com


Photographe : Kevin Simonet
www.suismonobjectif.com

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7 Comments

  1. PAGLIANI Nadine dit :

    !!! Merci

  2. Monique MONDAMERT dit :

    Merci beaucoup pour tous ses articles qui sont très intéressants et que je lis toujours avec beaucoup de plaisir.
    J’imprime ceux qui me parlent le plus et que je veux pouvoir relire quand j’en ai envie ou besoin.
    Pourquoi n’en feriez vous pas un livre ?

  3. […] ce qu’elle écrit très bien dans cette publication, et que je vous encourage à lire (ici), je voudrais juste attirer votre attention sur un danger qui guette notre relation avec les […]

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