La selle idéale pour votre cheval, avec ou sans arçon ?

Les chevaux ont-ils une charge mentale ? - Laure Souquet - Ostéopathe et cavalière - Equinessentiel
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Voici une question que l’on me pose de façon récurrente : Que pensez-vous d’une selle sans arçon ? A mon sens, pour répondre à cette question il convient de s’intéresser aux deux. C’est à dire aux selles avec arçon et aux selles sans arçon. Je vous livre dans cet article mon avis d’ostéopathe et de cavalière sur la question.

 

Une selle adaptée, condition sine qua non pour que le cheval apprécie d’être monté

La selle fait le lien entre vous et le cheval. Elle est dite adaptée si elle répartit votre poids de façon uniforme sur son dos. Si elle lui permet de se mouvoir librement et sans douleur lorsqu’il est monté. Et enfin si elle vous permet de vous tenir en équilibre sur son dos. Cela paraît peu de choses, et pourtant très peu de selles sont adaptées au couple cavalier-cheval. La recherche de la selle idéale est parfois même un vrai cauchemar ! Pourtant, si la selle convient mal à votre cheval, il souffre mille maux lorsque vous le montez. Il est donc impératif de trouver la meilleure solution possible pour préserver son dos et son plaisir.

Dans cette quête, de nombreuses questions se posent. Et notamment celle de l’arçon ! Selle avec ou sans arçon, quelle est la meilleure option ?

 

L’intérêt d’une selle avec arçon : la répartition du poids

Si tant de selles sont construites avec un arçon, c’est que celui-ci présente un intérêt. En effet, l’arçon est une structure rigide qui donne une forme à la selle. Mais surtout qui répartit votre poids sur la plus grande surface possible du dos du cheval. C’est là son argument majeur. La répartition du poids. Là où un matériau souple plie et s’affaisse sous votre poids lorsque vous vous y asseyez, un matériau suffisamment rigide conserve sa forme et c’est toute sa surface qui vous porte. C’est la différence entre un banc et le coussin d’un canapé.

Vous l’aurez compris, le comportement d’une selle sans arçon se rapproche de celui d’un coussin. C’est à dire que quel qu’il soit le matériau qui la compose tend à s’écraser sous votre poids. Donc c’est presque comme si vous montiez à cru, le confort en plus. Et en général plus le temps passe plus la selle se fait à votre forme, comme un matelas. C’est un vrai problème si vous êtes au-dessus des 10% du poids du cheval qui garantit qu’il puisse vous porter sans souffrir. Et si vous restez en selle de longues heures durant

 

L’inconvénient de l’arçon : c’est un matériau rigide sur un corps vivant et mobile

Si l’arçon marque des points pour la répartition du poids du cavalier, il présente aussi des inconvénients. Notamment du fait de sa plus ou moins grande rigidité. D’une part, si sa forme et celle de son arcade ne suivent pas exactement le dos du cheval, des points de pression apparaissent. Points de pression qui peuvent créer de fortes douleurs au cheval. Et même endommager sa peau, ses muscles, et son système ostéo-articulaire. C’est la raison pour laquelle il est si difficile de trouver une selle adaptée au dos du cheval. Et adaptable à ses changements de morphologie constants. Sans compter que la majorité des marques de selles ne proposent rien pour les chevaux ronds au garrot peu marqué !

De plus, si vous observez le dos d’un cheval en mouvement, vous le verrez s’animer de mouvements complexes dans les trois dimensions. Pour assurer le confort du cheval, il faudrait donc que l’arçon soit suffisamment souple pour suivre ces mouvements. Or, c’est rarement le cas.

A mon sens, c’est là que réside l’intérêt de la selle sans arçon. Dans son absence de rigidité qui lui permet de mieux s’adapter à tous les dos et de mieux suivre leurs mouvements. A condition bien sûr que la selle n’ait pas d’arcade métallique. Et qu’elle dégage bien la colonne vertébrale du cheval, de façon à ce que le poids du cavalier n’y repose pas. Alors, on sent bien les mouvements du dos. Cependant, on est moins stable qu’avec un arçon et on fait plus facilement des erreurs d’assiette. 

 

En résumé, quand choisir une selle sans arçon pour son cheval ?

Pour ma part, je ne suis pas très adepte des selles sans arçons. Ceci car je trouve que la nécessité d’éloigner le cavalier de la colonne du cheval oblige à construire des selles très épaisses. Le cavalier est donc loin du cheval de façon générale. Cependant, je vois tant de problèmes avec les selles munies d’un arçon que je pense qu’une selle sans arçon peut trouver sa place dans certaines situations.  

Notamment, ce peut être une solution intéressante si on monte un cheval très rond, pour lequel on peine à trouver une selle adaptée. Sans arcade, il sera plus facile de l’équiper. De même, la selle sans arçon peut être une option en attendant de trouver la meilleure solution avec arçon pour le cheval. Ou lorsqu’on ne peut s’offrir une selle avec un arçon flexible que l’on puisse adapter au cheval de façon régulière. Elle peut aussi être suffisante si on monte à cheval uniquement sur de courtes durées. Pour de petites séances ou de courtes balades.

Néanmoins, il est impératif qu’elle soit destinée à un cavalier léger et gainé, qui se tient bien à cheval. Et dans la majorité des cas elle doit être sans étriers et le cavalier doit monter assis. En effet, si la dernière née de Barefoot montre une bonne répartition de pression au trot enlevé, je doute fort que les versions les moins chères offrent les mêmes garanties. 

 

Quid du tapis de monte à cru ? 

Dans la veine de la selle sans arçon, on trouve aussi le tapis de monte à cru. C’est la version la plus basique de la selle sans arçon. Un simple tapis rembourré muni d’une sangle et, en général, d’une poignée à l’avant. Le problème majeur de ce genre de tapis est qu’il ne libère pas la colonne vertébrale du cheval. Aussi, si vous vous y asseyez comme sur une selle, vous faites porter votre poids aux vertèbres du cheval. Ce qu’il faut absolument éviter ! Un tel tapis doit donc être utilisé avec les mêmes restrictions qu’une selle sans arçon. Mais en plus, le cavalier doit porter son poids avec ses adducteurs, de façon à s’élever légèrement au-dessus de la colonne vertébrale du cheval. Cela demande de l’entraînement et de l’endurance ! A réserver aux cavaliers motivés et sportifs, donc. 

 

Dans tous les cas, le choix de la selle est extrêmement important quand on sait son impact sur la santé du cheval. Que vous vouliez monter avec ou sans arçon, n’hésitez donc pas à vous faire conseiller par un professionnel. Car c’est du dos de votre cheval dont il est question ! Mieux vous en prendrez soin et plus longtemps il pourra vous porter. 

 

J’espère que cet article vous aura aidé(e) à y voir plus clair sur la question de la selle avec ou sans arçon. Et s’il vous a plu, pensez à vous abonner au blog, tout en bas dans le pied de page ! 😉 

 

Laure Souquet
Ostéopathe équine
equinessentiel(a)gmail.com


Photographe : Kevin Simonet
www.suismonobjectif.com

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3 Comments

  1. LEGARE dit :

    bonjour ,
    Je suis Cavalier randonneur , 60 ans , sportif ++ , je passe les galops depuis quelques années  » classique  » , 6 actuellement . Je viens de découvrir la monte a cru complète : quel bonheur d’être Centaure ! , galops , saut de 50 / 60 cm , …
    ma question : vous dites  » attention de la pas porter sur les vertèbres .. » : ? mais une bonne assiette en légère rétroversion fait que l’on touche à peine des dernières cervicales avec le périné !! ; vous dites  » monter avec les adducteurs …  » : une bonne assiette interdit de serrer les genoux , basique , et les adducteurs sont juste posés !! : l’assiette est seulement faite de la pose du triangle et du périnée , le triangle d’or !! ;
    ceci non pas pour être désagréable et pédant , mais pour vous signifier que monter  » bien  » à cru ne fait pas de mal au cheval !!
    bien a vous
    Claude

    • Équinessentiel dit :

      Bonjour,

      En réalité vous n’êtes pas assis sur les premières dorsales du cheval qui se trouvent en avant du garrot, mais au niveau de T12 T13. Ceci étant dit, toucher « à peine » les apophyses épineuses d’un cheval avec son pubis (le périnée est un muscle) et franchement ses muscles paravertébraux avec ses ischions lorsqu’on pèse disons 60kg (et nombre de cavaliers sont plus lourds), c’est déjà imposer une très grosses pression à des os qui ne sont pas protégés par des muscles, ainsi qu’au ligament supra-épineux qui les relie et à la peau très innervé qui protège le tout, et à des muscles dont on connait l’importance dans la locomotion du cheval. C’est pour cette raison que les selles ont été inventées et que les selliers prennent grand soin de proposer de larges gouttières qui dégagent cette colonne sensible et la soulagent du poids du cavalier. C’est aussi la raison pour laquelle on ne peut s’asseoir sur le dos nu d’un cheval comme on le fait sur le siège d’une selle. Pour ma part, mon postérieur étant peu rembourré, on sent très bien mes ischions lorsque je m’assoie et je préfère en éviter le contact direct aux dos de mes chevaux. De même, étant une femme mon pubis est orienté plus en avant et vers le bas que celui d’un homme et il m’est plus difficile, comme à toutes les femmes, d’éviter ce point de contact sur la colonne du cheval dans la juste position du cavalier de dressage. Je crains déjà d’imposer un inconfort à mes chevaux alors que je pèse moins de 50kg… De votre côté, vos ischions sont plus serrés que ceux des femmes et risquent davantage de déranger la colonne du cheval au moindre mouvement latéral de vos fesses sur son dos. Cela reste mon point de vue de cavalière et d’ostéopathe équine qui préfère prévenir que guérir, et chacun est libre de ne pas y accorder de crédit. Après tout, peut-être suis-je trop désireuse de préserver les chevaux avant le plaisir des cavaliers, ou trop consciente des dégâts que peuvent créer des pratiques inadaptées, ainsi que du peu de cavaliers capables de ressentir réellement leur assiette et l’impact de leur corps sur le dos du cheval ?

  2. LEGARE dit :

    oups .. garrot : premières dorsales ..

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