Sans friandises, comment motiver son cheval ?

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Sans friandise, comment motiver son cheval ?

Chaque fois que je parle de travailler avec un cheval sans utiliser de friandises, une même question finit par m’être posée : mais alors comment le motiver ? Parfois, on me dit même directement que sans la nourriture les chevaux n’ont aucun intérêt à échanger avec nous ! Pourtant, je travaille avec les chevaux depuis plus de 10 ans et je n’ai jamais utilisé de friandises pour en motiver un seul. Je vous explique comment c’est possible.

 

Motiver un cheval, qu’est-ce que ça signifie ?

Motiver un cheval à travailler avec nous, cela signifie simplement lui donner envie de le faire. Nous autres êtres humains avons indissociablement associé travail et pénibilité. De ce fait, nous partons du parti-pris qu’il en est de même pour le cheval. Puisque travailler lui est forcément pénible, il faut bien trouver une astuce, un truc pour lui donner envie de le faire. C’est tout simplement de l’anthropomorphisme.

En effet, le cheval ignore le concept même de travail. Il ne considère absolument pas ses interactions avec nous comme une activité qui doive être rétribuée. Cette idée n’a absolument aucun sens pour lui. Avez-vous déjà vu un cheval effectuer une tâche pour un autre et obtenir de la nourriture en récompense de son effort ? Cela ne fait absolument pas partie du répertoire comportemental des chevaux. N’ont-ils pas une chance inouïe ? Ils ignorent tout du travail et des obligations !! Pour votre cheval, une interaction avec vous est donc… simplement une interaction avec vous.

 

Alors pourquoi tant de gens utilisent-ils des friandises pour donner envie au cheval d’échanger avec eux ?

 

Ils le font car la nécessité de se nourrir et de consommer des aliments riches et nourrissants est profondément inscrite dans l’inconscient de tous les animaux – nous y compris. De ce fait, la grande majorité des animaux est prête à faire tout son possible pour obtenir un aliment gras et sucré. Ce qui facilite grandement l’obtention d’un résultat. Les chevaux n’échappent pas à la règle, et de la même façon qu’un enfant apprend très vite à appuyer comme il faut sur les boutons d’un distributeur de bonbons, un cheval apprend très vite quel geste il faut faire pour faire jaillir une friandise de la poche d’un être humain. L’analogie n’est-elle pas intéressante ?

 

Si c’est plus facile avec, pourquoi travailler avec un cheval sans friandises ?

Pour une question de qualité

Pour ma part, je n’ai jamais voulu qu’un cheval me confonde avec un distributeur de bonbons. D’abord, parce que cela met les chevaux dans un état de tension interne, ce qui est tout à fait néfaste pour eux, psychiquement comme physiquement.

Ensuite, parce qu’alors les interactions qu’ils ont avec nous sont à mon sens tout à fait inintéressantes car elles sont automatisées et ne s’inscrivent pas dans un véritable échange énergétique.

Enfin, parce qu’un cheval qui fait un geste pour obtenir une friandise le fait même s’il n’y prend pas de plaisir, et qu’il peut même faire ce geste malgré le fait qu’il lui soit douloureux ou inconfortable. Or, je considère que c’est l’exercice lui-même qui doit plaire au cheval, et non la récompense qu’il en obtient, et que l’exercice ne doit jamais lui nuire. Et c’est là un premier élément de réponse à la question posée dans le titre de cet article. Je privilégie la qualité à la quantité. 

 

Pour s’adapter au cheval plutôt que lui s’adapte au cavalier

Si un cheval n’est pas motivé par le travail que vous lui demandez, c’est qu’il n’y prend pas plaisir. Ce que vous lui proposez ne lui plait pas. Il vous faut comprendre pourquoi et déterminer ce que vous pouvez modifier pour que l’exercice lui apporte du plaisir.

Etant donné que le cheval ne comprend pas le concept du travail, vous devez vous-même voir les choses différemment. A vous de vous adapter à sa conception des choses. Vous allez donc non pas le travailler mais passer un moment avec lui et communiquer avec lui. Vous verrez que le simple fait de changer la façon dont vous considérez les choses induit aussitôt un changement subtil en vous ainsi qu’en votre cheval. Les moment que vous passez ensemble doivent vous faire penser à des moments entre amis.

C’est avec douceur et finesse que vous devez donner envie à votre ami cheval de vous suivre dans les activités que vous lui proposez. Prenez-le là où il est, psychologiquement, émotionnellement et physiquement, et amenez-le avec patience là où vous souhaitez aller. Que vous souhaitiez évoluer avec lui à pied ou sur son dos, et peu importe la discipline, il faut toujours procéder de la même façon.

 

1_ Devenez ami(e) avec votre cheval

Si vous souhaitez que votre cheval ait envie de faire des choses avec vous et pour vous, vous devez d’abord lui montrer que vous êtes une personne de confiance. Une personne fiable, constante, joyeuse, et attentive à lui. Pour cela, commencez par passer du temps avec lui afin de nouer une jolie relation. C’est vraiment un point clé.

Evidemment, cela ne signifie pas qu’il est impossible d’échanger avec un cheval sans avoir passé des heures avec lui à ne rien faire au préalable. Une relation forte peut naître dès les premiers instants que l’on passe avec un cheval, pour peu qu’on s’y prenne bien.

Toutefois, s’il s’agit de votre cheval ou d’un cheval dont vous vous occupez, vous ne perdrez jamais votre temps à prendre soin de lui. A condition bien entendu de lui offrir ce qu’il apprécie lui et non ce qui vous fait plaisir à vous. Par exemple, rester deux heures attaché pendant qu’on lui brosse les crins et qu’on lui fait de belles nattes n’est pas précisément agréable pour un cheval. Préférez le masser ou le gratter si et où il vous le demande. Chassez les insectes qui l’importunent en été, ou asseyez-vous simplement près de lui pour méditer ou lire.

Si votre cheval vous apprécie, il sera plus facilement enclin à accepter une interaction avec vous.

 

Ce premier point était l’objet de mon dernier article, que je vous invite à lire si vous l’avez manqué : 

Vous voulez devenir ami(e) avec votre cheval ? Lisez l'article !

 

2_ Mettez en place une communication claire avec votre cheval

La clarté de votre communication avec votre cheval est primordiale.

En effet, un cheval qui ne vous comprend pas ne vous considère pas comme un élément signifiant de son environnement. Il sera donc bien plus intéressé par les mouvements des autres chevaux et animaux, les bruits environnants, les véhicules, les odeurs, etc que par votre incompréhensible charabia. Hélas, à force d’utiliser mille façons de dire la même chose, de contredire leurs gestes par leur posture, de s’énerver soudainement pour une action qui a été tolérée des dizaines de fois et d’arrêter leur demande trop tôt ou trop tard, beaucoup de gens poussent leurs chevaux à ne plus leur prêter attention.

Apprenez à bien communiquer avec votre corps

Pour éviter cet écueil ou pour vous rattraper si votre cheval ne vous écoute déjà plus, vous devez absolument travailler votre perception de l’espace, votre conscience de votre corps et de ses mouvements, et vous tenir à une façon de communiquer qui soit rigoureusement constante. Au besoin, faites-vous aider par un professionnel qui vous aidera à poser des bases claires.

Posez de bonnes bases avant de chercher la difficulté

Avant de demander à un cheval des choses telles que trotter ou galoper en cercle autour de vous ou se déplacer latéralement, il doit déjà savoir : 

  • Marcher à votre épaule.
  • S’arrêter lorsque vous vous arrêtez.
  • Tourner avec vous dans les deux sens.
  • Changer de main.

Tout ceci au pas puis au trot. Alors seulement, quand vous avez les bases, vous pouvez aborder des exercices plus compliqués. Si vous brûlez les étapes, il y a fort à parier que votre cheval se trouvera en difficulté pour répondre à vos demandes qu’il ne comprendra pas ou qu’il n’aura pas appris à considérer comme importantes. Il perdra alors confiance et motivation.

Souvenez-vous, avec un cheval, on gagne du temps à prendre son temps !

 

3_Assurez-vous que votre cheval soit capable de répondre à votre demande

Si vous demandez trop, votre cheval perdra confiance

Si vous avez une bonne relation avec votre cheval, que vous savez communiquer clairement avec lui mais qu’il ne montre aucune motivation à répondre à vos propositions, c’est peut être que par le passé vous lui avez demandé des choses qui lui ont trop coûté et qu’il n’a plus confiance en lui ni en vous. Les chevaux étant généreux et généralement dociles, ils se plient malheureusement parfois de bonne grâce à des exercices qui leur font mal ou qui sont trop physiques pour eux.

Notamment, ils peuvent subir une balade intense alors qu’ils n’y sont pas préparés et n’ont pas l’endurance pour. Ou bien accepter de tourner sur des cercles serrés alors qu’ils n’ont pas encore un équilibre ou une souplesse suffisants. Ou encore faire une révérence qui leur fait mal au dos et tire sur leurs fléchisseurs. Si tel a été le cas pour votre cheval, que ce soit avec vous ou avec une autre personne, il vous faut regagner sa confiance.

 

Demandez peu, récompensez beaucoup

Pour garder ou retrouver la confiance d’un cheval, contentez-vous de très peu, peu importe ce que vous demandez. A pied comme en selle, une séance peut vite fatiguer un cheval. Au début, s’il n’a pas ou plus l’habitude de faire de l’exercice, s’il est jeune ou qu’il se remet d’une blessure ou d’une maladie, 10 minutes peuvent déjà être épuisantes pour lui. Soyez à son écoute et arrêtez-vous avant qu’il soit essoufflé ou qu’il transpire. Sinon, si vous le poussez trop loin, il appréhendera la séance suivante. L’endurance et la force musculaire se travaillent, elles augmentent avec le temps et l’entraînement.

Imaginez l’état dans lequel vous vous trouveriez si vous ne couriez jamais et qu’on vienne vous forcer à faire un jogging d’une heure en terrain varié ! Le corps de votre cheval fonctionne  comme le vôtre, gardez-le à l’esprit ! Avec un cheval qui n’a vraiment aucun attrait pour le mouvement, vous pouvez même vous contenter d’un tour de trot ou d’un seul exercice lors des premières séances. Ainsi, il ne se sentira pas brusqué, et il vous donnera un peu plus à chaque séance. Si vous êtes en écurie, on se moquera surement de vous, mais qu’importe le regard des gens si cela vous permet de retrouver la confiance de votre cheval ?

 

Le cheval vous envoie des signaux bien avant d’avoir atteint sa limite

Soyez toujours très attentif(/ve) aux signaux très discrets que vous envoie votre cheval lorsque vous lui demandez quelque chose de trop difficile ou de douloureux. S’il en arrive à plaquer les oreilles en arrière ou pire encore à vous menacer ou à se défendre contre votre demande, c’est que vous êtes allé(e) beaucoup trop loin ! Ce qu’il vous faut capter, c’est un regard inquiet, une augmentation de sa tension musculaire, une hésitation avant de répondre. Ces signaux étant subtils, il est facile de passer à côté.

Aussi, pour éviter de pousser votre cheval à dépasser ses limites, je vous conseille de toujours lui laisser la plus grande liberté possible pour répondre à votre demande. Travail en liberté, longe très longue et jamais tendue, équitation douce et paisible qui lui laisse le temps et la place dont il a besoin pour exécuter un mouvement. La moindre erreur peut vous coûter la confiance et la motivation de votre cheval.

 

4_ Rendez vos séances intéressantes et agréables pour motiver votre cheval

Il se peut q’un cheval ne soit pas motivé à tourner en rond dans une carrière ou un manège. Qu’il rechigne à partir seul en balade ou à se prêter à des exercices de cirque. C’est peut-être simplement que ce qui lui est proposé ou la manière dont ça lui est proposé ne sont pas adaptés à sa personnalité. Plutôt que de recourir à des friandises pour le motiver, mieux vaut vous poser deux minutes et réfléchir à une autre façon de faire.

Avant de commencer à entraîner un cheval, quel qu’en soit l’objectif, il est nécessaire de prendre le temps d’analyser sa personnalité. En effet, un même entrainement ou un même échange ne seront pas vécus de la même façon par deux chevaux différents. Cela peut paraître une évidence mais ce fait est très rarement pris en compte par les cavaliers. Pourtant, il y a beaucoup à gagner à s’adresser aux chevaux en fonction de leur personnalité et à leur proposer les choses d’une façon qui leur corresponde. Et notamment leur motivation !

Si vous ne parvenez pas à motiver votre cheval, c’est que vous n’avez pas encore compris qui il est. Il est donc temps de vous atteler à le découvrir. Tout ce que vous pourrez remarquer pourra vous être utile. Voici quelques exemples.

 

Votre cheval apprécie-t-il le contact avec l’humain ou a-t-il besoin d’espace ?

S’il aime être collé à vous, il est clair qu’il aura peu d’attrait pour un travail en longe qui lui demande de se tenir à 10 mètres de vous. Optez plutôt pour du travail à l’épaule. Marchez avec lui ! Cela vous demandera bien plus d’effort pour travailler les allures, mais il y prendra bien plus de plaisir et apprendra à s’éloigner progressivement de vous, tant que vous lui permettrez de fréquentes pauses à vos côtés. Au contraire, s’il préfère se tenir loin de vous, ne tentez pas de le forcer à travailler tout près de vous. Laissez-le trouver sa place, elle évoluera avec le temps.

 

Votre cheval est-il d’une nature placide ou plutôt énergique ?

S’il est de nature placide, commencez toujours vos séances dans le plus grand calme. Acceptez qu’il se déplace lentement, laissez-lui du temps pour se mettre en route. vous pourrez augmenter le rythme tout doucement, au cours de la séance et au fil des séances suivantes. Il est peut-être lent aujourd’hui, mais il vous surprendra un jour, et en attendant il peut apprécier des exercices qui demandent de décomposer lentement les gestes pour bien les apprendre, tels que les déplacements latéraux par exemple. Il se peut qu’il mette un an à galoper sur le cercle avec entrain mais qu’il maîtrise les appuyers au pas en quelques semaines !

A l’inverse, si votre cheval est énergique, ne cherchez pas à le retenir. Laissez-le exprimer sa joie de vivre et s’amuser. Tant qu’il est calme, acceptez ses allures vives. Il sera bien temps de lui demander de ralentir lorsqu’il saura tenir son dos. Sinon, vous risquez de tomber dans le piège de la sous-impulsion et du dos creux.

 

Votre cheval est-il plutôt aventureux ou manque-t-il de confiance en lui ?

S’il est aventureux, faites-le vivre des aventures ! Emmenez-le en extérieur, et variez au maximum le travail, afin qu’il ne s’ennuie jamais. Mais s’il est timide et peu confiant en ses capacités, ne le mettez pas à l’épreuve inutilement. Commencez toujours vos séances par un exercice qu’il maîtrise parfaitement, et n’amenez qu’une nouveauté à la fois.

 

En résumé, laissez-vous guider par votre cheval

N’essayez pas de coller à un programme pré-établi, adaptez-vous toujours à votre cheval. A sa personnalité, mais aussi à son humeur du moment. Faites de courtes séances calmes lorsqu’il est fatigué ou endormi, et suivez le rythme lorsqu’il a envie de mouvement. Improvisez chaque jour !

Et Finissez toujours sur une note très positive. Si la séance a été peu satisfaisante, avant d’y mettre fin demandez au cheval quelque chose qu’il sait et qu’il aime faire, aussi bête que l’exercice puisse vous paraître. Dès qu’il s’est exécuté, dites lui combien vous êtes fier(/ère) de lui, combien il est beau et intelligent, et offrez-lui un beau moment de détente à vos côtés. Faites de même s’il réussi merveilleusement bien exercice, ou s’il vous propose quelque chose de top. Arrêtez de suite la séance, même si elle n’a duré que quelques minutes. L’endurance, vous la travaillerez une autre fois. Ce qui compte, c’est que votre cheval ait envie de faire aussi bien la prochaine fois !

 

Monté comme à pied, le cheval doit prendre du plaisir à ce que vous lui proposez !

 

5_ Acceptez et encouragez tout ce que votre cheval propose

Une interaction est forcément réciproque !

Un autre point très important pour que votre cheval soit et reste motivé à interagir avec vous réside dans la définition même d’une interaction. Elle suppose des actions et une communication réciproques entre deux individus. Trop souvent, l’échange ne fonctionne que dans un seul sens : l’humain propose – ou impose – et le cheval dispose – ou obéit. Alors, aucune liberté n’étant laissée au cheval, celui-ci subit davantage l’échange qu’il n’y prend plaisir et finit par s’éteindre. Il perd sa fraîcheur mais aussi sa motivation. Selon sa personnalité, il peut cesser de réagir aux demandes qu’il faut faire de plus en plus fermement. Ou il peut s’anesthésier et se contente d’effectuer ses taches à la manière d’un robot. C’est d’une tristesse infinie !

 

Alors n’exigez pas seulement que le cheval vous écoute, écoutez-le vous aussi

Lorsque votre cheval propose quelque chose, acceptez de l’écouter et encouragez-le. Il vous fait une jambette que vous n’avez pas demandée ? Super, demandez-lui en une avec l’autre jambe et vous commencerez à travailler le pas espagnol ! Il part soudain au trot ? Parfait, entretenez l’action et demandez-lui un bon allongement. Ce sera ensuite l’occasion de tester l’arrêt depuis le trot. Rien de ce qu’il propose n’est mauvais, tout peut être intégré dans le travail. S’il sait qu’il peut participer, qu’il peut proposer des choses lui aussi et être écouté et félicité, votre cheval aura bien plus envie d’échanger avec vous !

 

6_ Soyez toujours juste avec votre cheval

L’erreur du cheval peut venir de vous

Quand un cheval propose quelque chose, ce n’est pas toujours spontané. Il peut aussi simplement répondre à une demande d’une façon différente de celle que vous attendiez. Dans ce cas, ne le réprimandez pas. D’abord, parce que l’échange avec vous doit rester un plaisir. Or, si vous vous énervez ou si vous vous mettez en colère, ce sera très inconfortable pour lui. Ensuite, parce qu’il y a de fortes chances que vous vous soyez mal exprimé(e).

 

Une réponse trop forte n’est pas une mauvaise réponse !

De même, s’il répond trop fort à une demande, faites comme si c’était ce que vous attendiez. C’est juste qu’il est plus fin que vous ne le pensiez. Il vous suffira d’affiner vos propres signaux pour qu’il réagisse moins fort la prochaine fois. Par exemple, vous demandez une transition du trot au pas et le cheval s’arrête. Ne le poussez surtout pas à repartir au pas ! C’est génial, il a très bien réagi ! Félicitez-le, et accordez-lui une pause avant de repartir. La prochaine fois, vous ferez une demande plus discrète pour qu’il se contente de ralentir.

 

Restez calme !

Si vous vous montrez injuste avec un cheval, il n’aura aucune envie de revivre une séance avec vous. Certains chevaux pardonnent facilement, mais d’autres peuvent se braquer très fort ou se démotiver complètement face à des situations injustes. Alors quand votre cheval répond d’une façon inattendue à l’une de vos demandes, demandez-vous pourquoi. Restez calme et souriant(e), et redemandez en ajustant vos indications. Dès qu’il répond comme vous le vouliez, faites une longue pause pour qu’il ait le temps de bien assimiler ce qui vient de se passer. Vous verrez que cette façon de fonctionner est toujours constructive.

 

7_ Visez le bon objectif avec votre cheval

Un objectif vous pousse, mais ça peut être dans la mauvaise direction

Si vous lisez cet article, c’est que vous avez un objectif quelconque avec un cheval. Qu’il s’agisse du vôtre ou bien d’un cheval avec lequel vous entraînez. Faire de l’equifeel, le monter en dressage, sauter des obstacles, randonner avec lui… Peut-être participer à des compétitions ou même vous produire en spectacle.

Quel que soit votre objectif, il est à la fois votre moteur et la raison qui vous poussera à commettre le plus d’erreurs. Car c’est quand on vise un objectif précis qu’on travaille le plus mais aussi qu’on est le plus tenté d’aller vite et de demander beaucoup. Au risque de griller des étapes et de manquer de respect à son cheval. Peu importe votre but, il doit en fait toujours être secondaire. Votre objectif premier doit être d’aider votre cheval à développer son plein potentiel

 

Ne mettez pas le cheval au service d’un objectif mais l’objectif au service du cheval

Oubliez l’idée de lui demander au cheval de fournir un travail. Mettez-vous au service de son développement et de son épanouissement. Prenez plaisir à le voir prendre confiance en lui, se muscler, s’ouvrir et s’exprimer un peu plus chaque jour. De cette façon, si vous cherchez à chaque instant à ce qu’il se sente bien et beau, vous saurez toujours vous arrêter à temps. Vous demanderez juste ce qu’il peut donner et trouverez la meilleure façon de lui proposer les choses. Vous verrez qu’alors votre voyage avec lui deviendra sublime. Et alors ce qui était votre objectif principal ne vous intéressera peut-être même plus tant que cela. Tout au plus vous aidera-t-il à guider le cheval. A ce moment, vous oublierez vous être jamais demandé comment motiver votre cheval sans friandises… 

 

Laure Souquet
Ostéopathe équine et étiothérapeute
equinessentiel(a)gmail.com


Photographe : Kevin Simonet
www.suismonobjectif.com

Ostéopathe chevaux chiens équin canin Montluçon Vichy Moulins Clermont Ferrand Thiers Volvic et Riom Pays de Gex Annemasse Douvaine

8 Comments

  1. Nadine Pagliani-Albert dit :

    « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément »
    Nicolas Boileau

    Plaisir double à vous lire :
    Ce que vous écrivez est toujours passionnant,
    et si bien écrit !
    Un beau livre en perspective…
    Bravo et merci

    • Merci, ces mots me touchent beaucoup ! 🙂
      Et il y a en effet un tel projet en préparation… 😉

      • nicole mathieu dit :

        les friandises pour moi ont leur place
        utiles au debut pour un cheval avec blessures anciennes et gourmand
        car aident à developper une confiance et une decontraction
        elles seront abandonnees progressivement
        tout est dans la mesure et utilisé au cas par cas
        j aime votre approche et partage votre avis pour tout le reste
        merci beaucoup

    • jeanne gerondeau dit :

      Bonjour,
      Quel plaisir de vous lire. Comme c’est réconfortant. Depuis quelques mois, on me confie un cheval réticent, passif, par conséquent dangereux à « retravailler ». Il a été débourré de façon expéditive par des professionnels de la monte western, et développe une défense à tout ce qu’on lui demande. Je ne suis pas professionnelle. je le fais pour apprendre et pour rendre service. Ce cheval me donne l’impression d’être complètement « autiste » tellement il est réfractaire et éteint. J’ai fait venir une éthologue qui me demande de ne plus avoir d’objectifs, mais juste être avec lui. J’ai essayé. Et je dois dire quelque fois ce que je fais là. Est ce qu’il a besoin qu’on le « retravaille » ? La réponse est sans appel. J’ai d’abord demandé aux propriétaires de le mettre avec mes juments car il était séparé de son troupeau depuis un certain temps (3 mois). mais devant leur hésitation, j’ai laissé tomber. Depuis un mois, son troupeau est nouveau avec lui pour 2 mois environ. A partir de l’hiver jusqu’à l’été prochain, il va être seul à nouveau. Je l’accompagne comme je peux. Il fait certainement des progrès avec moi. Mais je n’aurai pas de temps d’aller très loin avec lui. Je fais uniquement des ballades en main et lui apprendre à marcher en longe. Il n’aime pas être longé. Car ne veut pas s’éloigner de moi. mais à côté, il me bouscule et essaye de me taper quand je lui demande d’avancer avec moi à l’épaule. ça va mieux depuis deux séances. Si j’arrête maintenant de m’occuper de lui, pensez-vous qu’il perdra ? merci

      • Équinessentiel dit :

        Bonjour,

        Au début d’une rééducation, la relation de confiance qu’on noue avec le cheval est d’une grande importance. Ce n’est qu’une fois qu’il a appris à faire confiance à un premier être humain qui lui a patiemment montré qu’il pouvait se reposer sur lui et que les choses pouvaient bien se passer que cet humain peut aider le cheval à transférer sa confiance à de nouvelles personnes. Il est donc important que cette première personne aille au bout de sa démarche. Toutefois, un cheval ayant des réactions telles que vous les décrivez peut vous mettre en danger et devrait être pris en charge par un professionnel compétent. Je vous conseille de penser à votre sécurité et de chercher une personne qui pourra l’aider et aller au bout du processus de rééducation.

  2. CECILE BORGHINI dit :

    excellents conseils et point de vue
    bravo
    merci

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