Équilibre et légèreté en équitation, avec ou sans mors

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Équilibre et légèreté sont deux ingrédients majeurs d’une belle équitation. Avec ou sans mors, voici comment progresser jusqu’à l’équilibre avec votre cheval, en toute légèreté.

 

Équilibre et légèreté, quelle définition en équitation ?

L’équilibre et la légèreté sont deux choses bien distinctes. Pour les comprendre, il convient de définir leur sens avec précision.

 

Équilibre

L’équilibre désigne la capacité d’un cheval à se porter et à porter son cavalier avec une totale maîtrise de chacun de ses gestes. C’est à dire sans tomber sur une épaule ni sur une autre. Un cheval en équilibre peut effectuer avec aisance n’importe quelle transition. Dans une allure, entre deux allures ou entre deux exercices. Il peut par exemple passer de l’épaule en dedans à une main au céder, à l’appuyer ou encore à l’épaule en dedans à l’autre main. Ses tracés sont précis car jamais il ne tombe à l’intérieur ni à l’extérieur d’une courbe.

 

Légèreté

La légèreté, quant à elle, désigne la capacité d’un cheval à répondre à la plus subtile demande du cavalier. Un cheval léger peut être guidé sans force aucune. Il modifie son équilibre au toucher le plus doux de la jambe, à la plus fine modification de position du cavalier, au plus léger mouvement de son épaule. Il ne faut pas la confondre avec l’impression de légèreté que donne un cheval en équilibre lorsqu’il se déplace ! Ni avec la façon dont un cheval qui craint les aides les fuit dans un état de stress important. La légèreté découle de l’écoute du cheval heureux de coopérer avec un cavalier doux et attentif qui ne lui demande rien qu’il ne puisse donner. 

Un cavalier guidant un cheval léger en équilibre donne l’impression de danser avec lui sans que les indications qu’il donne ne se voient. C’est un spectacle rare et magnifique !

 

En équitation, équilibre et légèreté ne vont pas l’un sans l’autre

Imaginez un cheval qui porterait son cavalier en parfait équilibre. Si le cavalier lui donnait une indication et qu’il n’y répondait pas, ce dernier mettrait davantage de force dans sa demande. Le cheval irait alors contre la jambe ou la main. Ce faisant, il perdrait immanquablement son équilibre.

A présent, imaginez un cheval très léger aux aides, qui répondrait à la plus fine indication du cavalier. Ce cheval serait sur un cercle à main droite, tombant complètement sur son épaule intérieure. Lorsque le cavalier lui demanderait de partir en épaule en dedans, il lui serait impossible de répondre correctement. Alors, il perdrait sa légèreté, bourrant contre la jambe, comme on dit. De ce fait, un cheval doit être léger pour se mouvoir en équilibre, et il doit se mouvoir en équilibre pour pouvoir être léger.

Équilibre et légèreté sont donc indissociables en équitation. Ils doivent représenter une quête conjointe !

 

Par où commencer cette recherche d’équilibre et de légèreté en équitation ?

 

Apprenez à votre cheval à répondre à vos aides avec légèreté

Si votre cheval ne répond pas à vos aides avec légèreté, vous ne pourrez jamais le guider vers l’équilibre. Vous devez donc commencer par là. C’est très simple ! Et cela vaut que vous travailliez avec ou sans mors. 

Pour que votre cheval réponde à des aides légères, il faut… que vos aides le soient réellement. Je sais que cela parait évident mais, croyez-moi, ça ne l’est pas tant que ça. Par exemple, souvenez-vous de la dernière fois où vous avez voulu pousser un cheval pour qu’il éloigne de vous ses épaules ou ses hanches, en n’ayant aucun outil dans les mains. Vous souvenez-vous comment il a résisté à votre demande ? Et bien si vous aviez simplement effleuré son flanc du bout de vos doigts, je vous assure qu’il se serait décalé. En effet, en répondant à votre poussée par une poussée opposée, il n’a fait qu’exprimer un réflexe d’opposition tout naturel. Donc si vous voulez un cheval léger, soyez-le vous-même.

Touchez-le à peine, demandez-lui poliment de répondre à votre demande. Et s’il ne le fait pas, appuyez votre demande avec un stick. D’abord le stick fouette l’air. Puis il tapote gentiment le cheval, tout doucement mais de façon répétée et rapide. Comme c’est énervant, le cheval se décale. Tout s’arrête. Vous faites une pause. Il comprend que c’est la réponse que vous attendiez. A pied ou à cheval, il n’y a rien de plus compliqué que cela. Une ou deux répétitions et le cheval répond à votre doigt ou à votre jambe qui l’effleure. Ou à votre épaule qui lui demande de remonter la sienne.

 

Guidez-le vers l’équilibre

Une fois que votre cheval répond à vos aides avec une délicieuse légèreté, il vous reste à le guider vers l’équilibre. Pour cela, bien sûr, il faut que vous le sentiez, cet équilibre. Vous devez apprendre à sentir quand votre cheval tombe sur une épaule ou sur une autre. Et à réagir dans la seconde en modifiant votre position si elle est en cause et en utilisant la jambe intérieure ou la rêne extérieure pour rectifier le mouvement du cheval. Comme il est léger à vos demandes, vous pouvez lui demander de se tenir un pas après l’autre si nécessaire. Vous le guidez alors avec légèreté entre jambe et main – épaule plus précisément.

Commencez à vous entraîner au pas, sur un cercle. Si votre cheval est bien équilibré sur son cercle, vous l’amènerez tout naturellement à l’épaule en avant puis en dedans. De là, il vous suffira de freiner un peu le mouvement en avant et de reculer très légèrement la jambe pour partir en céder. Puis, vous pourrez rattraper le geste pour revenir à l’épaule en dedans. Lorsque vous aurez cela au pas, en effleurant à peine votre cheval et en jouant simplement sur votre position, avec moins de 3 grammes dans vos rênes, vous aurez déjà plus que la grande majorité des cavaliers.

 

Pour cela, cessez de tenir votre cheval !

Un cheval en équilibre tient debout tout seul. Si vous voulez que votre cheval se déplace un jour en équilibre, lâchez-le ! Laissez sa tête tranquille. S’il met 50kg dans vos rênes, lâchez tout. Il ne tombera pas, il se tiendra. Je vous assure qu’il est capable de porter sa tête sans votre aide. Alors souvenez-vous du passage sur la légèreté. Jamais vous ne devez avoir mal aux épaules ni au bras en descendant de cheval. Sinon, cela signifie que lui a très mal à la bouche ou au chanfrein.

Donc dès que votre cheval s’appuie sur votre rêne ou que vous vous rendez compte que vous tirez dessus, réagissez. S’il s’appuie sur la rêne intérieure, faites-la vibrer. S’il s’appuie sur la rêne extérieure, remontez son épaule avec une légère stimulation du stick. Si c’est vous qui tirez, détendez-vous et reprenez un contact léger. S’il va trop vite et tombe en avant, ne tirez pas sur les rênes pour l’arrêter ou le ralentir. Tirer sur les rênes pour arrêter un cheval, avec ou sans mors, c’est totalement contraire à l’équilibre. Pensez-bien que si vous tirez sur votre cheval, vous le déséquilibrez. Apprenez-lui l’arrêt en jambes, ou au souffle, ou les deux, et utilisez ces signaux pour gérer la vitesse. Je devine que vous serez intéressé(e) à ce que cela soit le sujet d’un prochain article ? Voici une vidéo pour vous donner envie d’en savoir plus : 

 

Une recherche limitée au dressage ? 

La recherche de l’équilibre et de la légèreté en équitation devrait en fait animer tout cavalier. Quelle que soit la discipline pratiquée, c’est ce qui garantit que le cheval travaille dans le bon sens. Car il ne peut être léger et adapter sans cesse son équilibre à vos demandes sans tenir son dos. Or, c’est en tenant son dos qu’il peut vous porter sans dommages.

Bien sûr, le cavalier de randonnée ou de loisir demandera moins de précision à son cheval. Et le cavalier d’obstacle se satisfera souvent d’un cheval qui sait s’équilibrer dans les courbes et à la réception. Mais dans tous les cas, plus votre cheval sera fort, souple, léger à vos aides et capable de varier son équilibre et plus vous serez performants dans votre discipline. Tous les grands cavaliers le savent. C’est là tout l’intérêt du dressage. Car c’est cette discipline qui renforce le cheval et lui permet d’apprendre à se tenir avec un cavalier sur le dos.

 

J’espère que cet article a pu vous éclairer s’il vous a plu, pensez à vous abonner au blog, tout en bas dans le pied de page ! 😉 Car de nombreux autres sont à venir. 

 

 

Laure Souquet
Ostéopathe équine
equinessentiel(a)gmail.com


Photographe : Kevin Simonet
www.suismonobjectif.com

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