Si on les aime, doit-on monter les chevaux ?

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Aujourd’hui, de plus en plus de gens sont sensibles au bien être animal. Cela se remarque par exemple à la montée du véganisme. D’ailleurs, de plus en plus de vegan considèrent l’équitation comme une forme d’esclavagisme. Ont-ils tort ou raison ? Faut-il monter les chevaux ? Ou leur fait-on du tort en leur demandant de nous porter ?

 

Les chevaux ne sont pas faits pour être montés

C’est une évidence, les chevaux n’ont pas été créés pour être montés. Sinon, ils naîtraient avec un emplacement tout spécialement fait pour accueillir des fesses humaines sur leur dos. Or, ce n’est pas le cas. Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est essentiel de bien les préparer à porter le poids d’un cavalier. Puisque j’ai déjà largement développé ce point dans un précédent article sur le dos du cheval, je vous invite à vous y reporter pour plus de détails. En résumé, de nombreux chevaux souffrent de maux de dos et même si l’équitation n’en est pas seule responsable, elle y contribue souvent. De plus, les bouches des chevaux n’ont pas été conçues pour accepter des mors, ni leurs têtes des filets ou brides, même avec ennasures. Beaucoup de harnachements sont mal adaptés et mal utilisés.  

Heureusement, les cavaliers sont de plus en plus nombreux à s’en préoccuper et à faire de leur mieux pour respecter le dos, la bouche et la tête de leur cheval. Toutefois, trop d’entre eux montent encore sans se poser de questions. Et les professionnels sont aussi concernés que les amateurs. Cela n’aide pas le monde du cheval à convaincre les profanes du bien fondé de l’équitation.

 

Pratiquer l’équitation, c’est dire aux chevaux où ils doivent aller et comment

Soyons honnête, même si nous travaillons dans le plus grand respect des chevaux, leur apprendre à nous porter en toute sécurité nous oblige à leur imposer nos choix. Au moins dans certaines situations, et notamment lorsqu’il s’agit de sécurité. Par exemple, le cheval doit pouvoir s’arrêter lorsqu’on le lui demande, même s’il préférerait galoper à toute allure. D’un autre côté, ne vaut-il pas mieux qu’il sache s’arrêter sur demande plutôt qu’il embarque son cavalier et que tous deux passent sous un camion ? A mon sens, imposer au cheval de nous écouter un minimum est une simple question de responsabilité. Les chevaux vivent dans un monde d’humains, et c’est à nous de garantir leur sécurité en contrôlant leurs mouvements lorsqu’ils pourraient se mettre en danger. Tout comme une mère impose le calme à ses enfants avant de traverser une route.

Pour le reste, tout est question de personne. Clairement, certains cavaliers empêchent toute expression de la volonté du cheval et le soumettent à leurs exigences. Ils serrent les muserolles, portent de durs éperons, enrênent les chevaux, se montrent brutaux. Mais il est tout à fait possible de proposer les choses au cheval avec douceur, même depuis son dos où il peut nous être tout à fait disposé à nous accueillir. L’équitation peut être un moment de plaisir partagé où chacun est libre de s’exprimer dans la joie et le partage. A chacun de choisir sa voie !

 

Travailler et monter les chevaux, ça peut être bénéfique pour eux

Il est clair que l’humain vient d’abord au cheval pour son propre plaisir. Comme il veut vivre en couple ou avoir des enfants ou des amis pour son propre plaisir. Cependant, il en est ainsi dans toutes les communautés animales, dont nous faisons partie. Chaque individu est programmé pour rechercher son propre confort et sa propre sécurité. Pourtant, lorsqu’ils ont atteint ces objectifs, certains d’entre nous parviennent à les dépasser. Ils se mettent alors au service des autres. Et cela peut se faire aussi avec le cheval.

Lorsqu’un cavalier a bien avancé sur son chemin personnel, il peut aider les chevaux à en faire autant. Un travail bien mené, basé sur une relation de respect et de confiance mutuels, peut être bénéfique au cheval. L’humain peut lui permettre de dépasser ses craintes en s’appuyant sur son amitié. Il peut aussi l’aider à gagner en force, en souplesse, en précision dans ses mouvements. Notamment lorsque le cheval a subi un accident ou lorsque son début de vie a été tumultueux. Tout cela peut amener un cheval à prendre ou reprendre confiance en lui-même. Alors, cela se ressent même au sein de son troupeau, dans son monde de chevaux. Dans ce cas, travailler et monter un cheval devient un moyen de l’aider, et non plus de s’aider juste soi-même. Ainsi l’humain peut-il sublimer l’équitation. 

 

Monter les chevaux, c’est aussi leur offrir davantage d’accès au mouvement

De nos jours, au moins en France et pays limitrophes, les chevaux vivent tous en captivité. Et fort malheureusement, cela signifie qu’ils bougent bien trop peu. Or, comme je vous l’ai expliqué dans un précédent article, le mouvement est essentiel à la santé des chevaux. La Nature les a programmés pour marcher 30km par jour. De ce fait, elle a optimisé leurs mouvements locomoteurs en les utilisant pour soutenir des fonctions telles que la digestion et la circulation. Moins un cheval bouge, plus sa santé périclite. De plus, bouger fait partie de ses besoins psycho-émotionnels. C’est ainsi qu’il évacue ses émotions négatives et retrouve sa joie. Par le mouvement.

Malgré cela, en prenant leur liberté aux chevaux, nous les avons privé du mouvement dont ils ont tant besoin. Et aujourd’hui il est irresponsable d’imaginer les relâcher tous dans la nature. Le monde que nous avons construit ne leur laisse plus de place. Alors que faire ? Les tuer tous ? Cela vous semble-t-il une solution plus humaine ? Plus respectueuse de leur vie ?

Pour ma part, je regrette profondément que les chevaux ne puissent plus vivre libres dans nos pays « civilisés ». Et je fais de mon mieux pour offrir aux chevaux dont j’ai la responsabilité le plus d’espace et de liberté possible. Cependant, pour qu’ils bougent suffisamment, je trouve important de les monter. Bien sûr, je sors beaucoup à pied avec eux. Mais à pied je n’ai pas la capacité physique de leur offrir de longues périodes de trot ou de galop. Ce n’est que sur leur dos que je peux leur proposer cela. Par conséquent, je fais encore le choix de monter mes chevaux. Et pour éviter qu’ils en souffrent d’une quelconque façon, je pratique une équitation aussi respectueuse possible. De leur dos et de leur corps, mais aussi de leur personnalité et de leurs envies. C’est là ma voie du milieu. 

 

Laure Souquet
0033 (0)6 19 12 02 37
equinessentiel(a)gmail.com


Cavalier : Kevin Simonet
Photographe : Vincent Spinard

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5 Comments

  1. Nadine Pagliani-Albert dit :

    Chacun de vos articles est une pépite d’or. Celui-ci ne déroge pas à la règle. Quel discernement ! Merci, pour nous qui vous lisons et pour eux, les chevaux !
    Nadine

  2. Louesse Étienne dit :

    Pas d’hypocrisie. Les seules races d’animaux ( de grande taille) qui subsistent et ont quelques chances de subsister quelques temps encore sont ceux qui ont su se montrer « intéressants » aux yeux de la race dominante:…les hommes. Les associations fonctionnent beaucoup mieux quand chacun y trouve son « avantage »!

  3. Sophie TROLEZ dit :

    Bel article, merci

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