Coronavirus covid 19 et chevaux, des questions émergent

Avant / après une séance d'ostéopathie sur un cheval - Laure Souquet ostéopathe équine entre Montluçon, Thiers, Clermont Ferrand et Riom
L’ostéopathie, une solution à la dissymétrie du cheval
5 mars 2020
Les 4 accords toltèques appliqués à l'équitation, entre cavaliers et avec les chevaux - Laure Souquet Equinessentiel
Les 4 Accords Toltèques appliqués à l’équitation
3 avril 2020
Coronavirus covid 19 confinement et chevaux - Yin Yang Tao Chaos - Un nouveau monde du cheval

Le confinement imposé suite à l’épidémie du coronavirus COVID 19 pose de nombreuses questions au sujet des chevaux. Dans quelle mesure peut-on négliger leur santé et leurs besoins en faveur des nôtres ? Quels soins peut-on reporter ? Lesquels doit-on absolument dispenser ? Dans quelle mesure peut-on compter sur les gérants de pensions pour dispenser les soins aux chevaux que l’on ne peut plus venir voir ? Cette situation demande une remise en perspective des réalités du monde équestre et des priorités qui devraient être celles de tout cavalier.

 

Confinement dû au coronavirus COVID 19 : rappel sur la situation des chevaux

 

Les soins non urgents reportés : suivis vétérinaires, ostéopathie et autres thérapies alternatives

Suite à une décision de l’ordre des vétérinaires, tous les soins non urgents doivent être reportés. Ceci dans le but de limiter les risques de contamination pour le praticien et les personnes chez lesquelles il intervient. Les vétérinaires peuvent intervenir uniquement dans les cas considérés comme graves. Les maréchaux ferrants sont censés faire de même. Toutes les pratiques d’ostéopathie, physiothérapie et autres thérapies alternatives est purement et simplement interdit jusqu’à la levée du confinement. Les dentistes équins sont invités à remettre leurs tournées. Ces mesures sont imposées, et non laissées à la libre interprétation de chacun.

On pourrait tourner cela dans tous les sens et s’interroger des heures sur les détails éthiques liés à ces décisions. Tant pour les chevaux que pour les professionnels. Cela n’en changerait pas pour autant la conséquence : jusqu’à la fin du confinement, chacun doit se débrouiller seul pour les soins courants. Du moins s’il a ses chevaux chez lui. Sinon, il doit transférer sa responsabilité au gérant de la pension.

 

Les pensions équines fermées au public, incluant les propriétaires de chevaux

En effet, toujours pour limiter les risques de contamination par le coronavirus COVID 19, toutes les pensions équines sont fermées au publique. Ce qui signifie que si votre cheval est en pension quelque part, le gérant a l’obligation légale de vous interdire l’accès à la structure. Et vous avez l’obligation légale de le laisser gérer entièrement le quotidien de votre cheval. Ceci que votre cheval soit au pré ou en box, avec ou sans sortie incluse dans la pension. Qu’il soit en bonne ou en mauvaise santé. Que le gérant soit une personne sérieuse et partageant votre vision du bien-être d’un cheval ou non. C’est non négociable, tout simplement car ça lui est imposé.

 

Les visites au pré autorisées mais pas les sorties

Bien que certains gendarmes aient un peu de peine à l’accepter, il est bien évidemment autorisé de rendre visite à ses chevaux si on en a la charge au pré. Ceci pour les nourrir, les abreuver et leur apporter les soins de base. Par contre, il est interdit de les sortir. Ils doivent se contenter de leur pré et du mouvement qu’il leur permet d’avoir. C’est bien mieux qu’un cloisonnement au box, mais pour certains dont les parcs sont très petits c’est encore loin d’être suffisant.

 

En résumé : le confinement dû au coronavirus COVID 19 met en lumière la justesse des choix de chacun concernant le mode de vie qu’il offre à son cheval

Un mois de confinement, ou plus si cela se prolonge encore, cela signifie que chaque cheval doit vivre un mois dans son environnement quotidien, sans intervention extérieure. Que ce soit la vôtre s’il est en pension ou bien celle de praticiens de soins. Aussi est-ce l’occasion de vous demander si le choix que vous avez fait pour son mode de vie est pertinent. Ses besoins fondamentaux sont-ils respectés malgré ces conditions de confinement ? Les soins que vous lui offrez sont-ils suffisamment régulier pour que ce mois sans interventions ne l’affecte pas ? Savez-vous suffisamment bien veiller sur sa santé par vous-même ? Ou bien le gérant de la pension ou il vit ?

Bien sûr, il faut espérer qu’une telle crise ne se reproduise pas de sitôt. Mais personne n’est à l’abri d’une crise personnelle. Les intervenants qui gèrent la santé de votre cheval peuvent cesser leur activité. Et vous pouvez alors mettre longtemps à en retrouver qui vous conviennent. Vous pouvez connaître des difficultés financières qui limiteraient votre capacité à faire intervenir vétérinaire, pareur, ostéopathe équin ou dentiste. Vous pouvez tomber malade et ne plus pouvoir vous rendre à l’écurie. Ou votre voiture peut vous lâcher, ce qui vous empêcherait de vous y rendre. En bref, chacun de nous est susceptible de vivre de nouveau une situation de ce type avec son cheval. Le confinement imposé par le coronavuris COVID 19 est donc l’occasion de vous demander ce qui peut être amélioré dans votre gestion de votre cheval et de sa santé.

 

Rendez votre cheval aussi indépendant de vous que possible !

Ce que je vais vous dire est une évidence. Pourtant, peu de gens semblent le réaliser et appliquer aux chevaux les principes qui en découlent. Plus vous rendez un être dépendant de vous, plus vous devenez esclave de ses besoins. Du moins si vous voulez en prendre bien soin. Imaginez un cheval au box. Il dépend de vous pour tout : changer sa litière quotidiennement, le nourrir, l’abreuver, le sortir. Donc soit vous passez le voir une fois par jour en sachant que c’est encore insuffisant pour répondre à ses besoins – notamment sociaux. Soit vous le confiez à une autre personne. Dans le premier cas cela vous prend un temps fou. Dans un second cas cela vous coûte de l’argent.

A l’inverse, si vous mettez un cheval dans un grand pré, en troupeau, vous allégez énormément votre charge de travail. Le sortir n’est plus une nécessité. Il trouve sa nourriture dans son pré et lorsque ce n’est pas le cas vous pouvez lui en mettre suffisamment pour des jours. De même pour l’eau. Du moment que le pré est assez vaste vous n’avez à retirer les crottins que des zones de stationnement. Vous économisez du temps ou bien vous payez moins cher de pension.

En réfléchissant bien au mode de vie de votre cheval, vous pouvez gagner sur tous les plans. Non seulement au jour le jour, mais aussi sur le long terme. En effet, un mode de vie adapté à ses besoins lui permet de rester en bonne santé plus longtemps. Vous économisez donc aussi sur les frais vétérinaires et de soins en général. En plus, en sachant qu’il a tout ce qu’il lui faut, vous gagnez aussi en tranquillité d’esprit. Que vous ayez votre cheval chez vous ou qu’il soit en pension, gardez cela à l’esprit. Demandez-vous ce que vous pourriez faire pour améliorer l’indépendance de votre cheval par rapport à vous. Qu’il s’agisse de modifier son mode de vie ou de changer de pension.

 

Soyez aussi indépendant que possible dans les soins apportés à votre cheval !

Etre propriétaire d’un cheval, c’est en être responsable. Et entre autres de sa santé. C’est à vous qu’il revient de le maintenir en bonne santé. De veiller au bon état de ses pieds et de faire intervenir un dentiste chaque année. De le soigner s’il est malade. Or, pour cela, beaucoup de gens dépendent entièrement d’intervenants extérieurs. C’est un stress constant car chaque déménagement ou chaque cessation d’activité d’un intervenant demande une nouvelle recherche. Il faut chaque fois recréer un réseau, retrouver LA bonne personne pour prendre soin de son cheval. Et alors on est dépendant de son emploi du temps. C’est pourquoi il est important d’en savoir autant que possible sur les soins à apporter aux chevaux.

Laisser son cheval pieds nus et apprendre à le parer, c’est être bien moins dépendant d’un pareur. Et ne plus jamais craindre un fer perdu ou un morceau de corne cassé. Vous pouvez gérer le quotidien et les petites urgences vous-même. Avoir des connaissances de base sur les maladies principales des chevaux ainsi que les gestes en cas d’urgence vous met à l’abri de la panique. Cela vous rend capable d’aborder avec calme chaque problème et de déterminer sereinement si une intervention vétérinaire est nécessaire. Connaitre des moyens simples et sûrs de soigner les blessures et les petits maux vous évite de faire appel à un professionnel tous les 4 matins. Savoir masser et étirer votre cheval vous permet d’espacer les séances d’ostéopathie. Et si vous ne voulez pas vous charger de tout cela vous-même, pourquoi ne pas chercher une pension qui le propose ? 

 

L’émergence d’un nouveau modèle pour le monde du cheval ?

Si on y réfléchit, le mode de fonctionnement actuel du monde du cheval manque de logique. On rassemble des chevaux dans des endroits où personne n’est compétent pour les soigner. De ce fait, des tas de professionnels sillonnent chaque jour les routes de France pour parer des chevaux, adapter leurs rations ou libérer leurs blocages et douleurs. Ce mode de fonctionnement n’est ni écologique ni économique. Que ce soit en argent ou en temps. Il existe une solution toute simple pour y remédier. Elle consiste à organiser le monde du cheval autour de deux axes.

 

Des propriétaires éclairés

D’une part, les cavaliers hébergeant leurs chevaux chez eux ou dans des prés en location pourraient se former. Apprendre à entretenir les pieds de leurs chevaux, au moins entre deux passages d’un professionnel. A les masser et les étirer après le travail. Acquérir des connaissances de base en phytothérapie, aromathérapie ou autre. Suivre des stages pour être en mesure de gérer leurs espaces de façon durable. Nul besoin de suivre des formations complètes. Simplement d’apprendre quelques petites choses pour gérer seul le quotidien. D’ailleurs, des ententes pourraient se créer entre plusieurs personnes géographiquement proches qui rassembleraient leurs chevaux, leurs prés et leurs connaissances. Cela formerait des groupes de passionnés aussi autonomes que possible. De ce fait, l’entretien de leurs chevaux leur reviendrait moins cher et leur prendrait moins de temps, puisque tout serait mutualisé. Un fonctionnement de ce type, s’il se généralisait, serait un vrai plus pour les chevaux comme pour les cavaliers. 

 

Des écuries centres de compétences

D’autre part, il continuerait bien entendu d’y avoir des écuries prenant des chevaux en pension. Mais les propriétaires pourraient se tourner vers des pensions proposant de véritables prestations de soins. Soit des lieux que géreraient des personnes ayant une formation complète incluant parage, ostéopathie et naturopathie. Soit des lieux qui emploieraient des personnes formées à ces disciplines. Ainsi, les chevaux seraient hébergés dans des structures capables de répondre à tous leurs besoin de façon cohérente, écologique et économique.

Bien sûr, les pensions de ce type sont encore trop peu courantes. Mais elles existent ! Je propose moi-même chez moi quelques place de pension au pré à l’année, incluant parage, ostéopathie, vermifuges naturels et cures de probiotiques. Pour mes pensionnaires, aucun stress dû au confinement !

Plus les cavaliers seront nombreux à s’intéresser à ce type de solutions et plus les écuries seront nombreuses à s’inspirer de ce modèle. Si on y réfléchit, il y a des tas d’ostéopathes, masseurs, physiothérapeutes et autres qui sortent d’écoles chaque année et ne travailleront jamais auprès des chevaux. Pourquoi ne pas offrir à ces personnes la possibilité de prendre en charge des cavaleries plutôt que de gâcher leurs formations ? Et pourquoi ne pas inciter les groom, palefreniers ou autres employés d’écuries à se former à ces pratiques ? Des solutions existent, des personnes compétentes et motivées aussi. Et comme toujours, plutôt que de vouloir que les autres, les grands, les gouvernements, changent, soyons le changement que nous voudrions voir dans le monde. A notre échelle. Avec nos moyens. Un désert n’est-il pas composé d’une infinité de grains de sable ? 

 

Les contraintes et le stress que nous vivons en ce moment, que déciderons-nous d’en faire ? 

Je pense sincèrement que la meilleure façon de réagir aux moments difficiles est de tenter d’en sortir quelque chose de positif. Alors si nous profitions tous de ce confinement qui nous est imposé pour réfléchir à un nouveau monde du cheval ? Si nous nous posions les bonnes questions ? Et tentions d’appliquer les principes de la permaculture à notre gestion des chevaux ? Si c’était là une façon de faire ressortir quelque chose de positif de cette épreuve qu’est l’épidémie du coronavirus ? Pour que du chaos surgisse un monde éthique et cohérent ? C’est le rêve que je fais. Et je vous invite à lui donner vie avec moi. 

 

Laure Souquet
Ostéopathe équine
equinessentiel(a)gmail.com


Photographe : Kevin Simonet
www.suismonobjectif.com

Ostéopathe chevaux chiens équin canin Montluçon Vichy Moulins Clermont Ferrand Thiers Volvic et Riom Pays de Gex Annemasse Douvaine

10 Comments

  1. Nadine Pagliani dit :

    BRAVO !

  2. Christian dit :

    « … L’occasion de vous demander si le choix que vous avez fait pour son mode de vie est pertinent ». Tout à fait d »accord avec ce questionnement essentiel. J’ai récemment été tenté par l’achat d’un cheval, mais à défaut d’avoir trouvé LA pension , LA bonne personne en qui je puisse avoir confiance pour prendre soin de lui, ou LE lieu d’hébergement adapté à proximité de chez moi, j’ai préféré m’abstenir en considérant que son bien-être devait être prioritaire sur mon propre plaisir. Aujourd’hui, avec le confinement, je regrette encore moins ce choix!

    • Équinessentiel dit :

      Ce choix vous honore ! 🙂 Moi-même, j’ai attendu de longues années d’avoir acquis suffisamment de connaissances ainsi qu’une situation financière suffisamment stable avant d’accueillir mon premier cheval. Comme l’a si justement dit Antoine de Saint Exupéry, nous sommes responsable de celui que nous apprivoisons. Acquérir un cheval, cela revient à en accepter la responsabilité. Et la vie et le bonheur d’un être vivant ne sont pas des choses à prendre à la légère !Un jour, vous saurez que les conditions idéales sont réunies. Et alors vous vivrez une merveilleuse aventure.

  3. GERARD dit :

    Bonjour LAURE

    Super , c’ est très bien , c’est une plaidoirie très idéaliste avec laquelle on ne peut qu’être en accord.
    Mais irréaliste dans la pratique. On passe au début du texte par le catastrophisme en passant par sa pub et le reste par l’angélisme
    dans les cas de figure décrit , je m’explique:
    Pour le temps gagné: ok
    Mais pour les économies faut pas rêver.
    Question: Quel est votre prix de pension pour toutes les prestations annoncées ?
    Les stages de formation sont très chers et souvent longs, et regrouper toutes les compétences sur une écurie me parait irréalisable .
    Avec en plus des parcs de grandes surfaces et une structure adaptée au nombre de chevaux logés .

    Pour ma part, j’ai effectué : 3 stages en éthologie avec la SENS sur 3 ans. ( Je pratique en liberté et monte sans mors, sans fer et à cru )
    2 stages de podologie équine pour parer mes chevaux sur 2 ans.
    Pour un coût global environ de 1000€ et du temps.

    Je ne pratique que sur mes 2 chevaux. J’ai bien proposé mes services sans grand résultat, normal non ! et de plus je ne veux pas engager ma responsabilité et avoir l’assurance du proprio sur le dos pour cause de dommages éventuels.
    Pas de soucis : pleins d’amis – des soucis plu d’amis : c’est la guerre ( expériences vécues )
    D’autre part, pensez-vous qu’il est possible de confier, sans stress son cheval à un non professionnel, suite à 2 ou trois stages non diplômants et sans expérience ?
    Questions : Qui prend la RESPONSABILITE en cas de blessures ou d’erreurs de manipulations faites par un non professionnel ou le copain de
    l ‘écurie ?
    Qui prend alors en charge les soins vétérinaires issus des erreurs possibles commises par des amateurs ?

    Il ne suffit pas d’ inciter les personnels à se former, c ‘est aussi du temps, de l’argent et parfois un investissement en matériel qui en retour facturerons légitiment leurs savoir faire.
    Il est déjà difficile de trouver des professionnels compétant et de confiance à proximité .

    Je vous remercie vivement LAURE pour votre article qui, croyez- moi me fait rêver, mais il faut garder raison et rester bien encré sur terre en restant le plus possible éthique mais surtout cohérent.
    Même en ce rapprochant au plus prés de concept on en sera toujours bien loin et l’essentiel c’est d’y croire
    MAIS ATTENTION

    Bien cordialement Gerard

    • Dany Desjardin dit :

      Super article et tellement vrai bravo !

    • Équinessentiel dit :

      Bonjour,
      D’ordinaire, je ne prends pas le temps de répondre à ce type de commentaire car je sais trop bien que les gens expriment ainsi des peurs et des colères qui leur sont propres et auxquelles ils ne sont absolument pas prêts à renoncer. Cependant, je vais prendre le temps de vous répondre point par point car je ne ressens pas d’agressivité dans vos propos. J’entends simplement votre propre désillusion, car vous avez dû faire un jour ce type de rêve et échouer à lui donner vie.
      Voici donc ma réponse.

      « Super , c’ est très bien , c’est une plaidoirie très idéaliste avec laquelle on ne peut qu’être en accord.
      Mais irréaliste dans la pratique. On passe au début du texte par le catastrophisme en passant par sa pub et le reste par l’angélisme »
      D’abord, permettez-moi de préciser qu’il ne s’agit pas d’une plaidoirie car je ne réponds à aucune accusation et ne tiens pas mon lectorat pour un tribunal. Il s’agit du simple constat de ce qui me semble personnellement être un problème suivi d’une proposition de solution vers laquelle il serait intéressant de tendre.
      C’est idéaliste, je vous l’accorde. Je suis fondamentalement idéaliste, et je pense sincèrement que la force de nos idéaux est ce qui nous permet d’avancer envers et contre tout dans une attitude juste et positive. Visez la Lune, et au pire vous atteindrez les étoiles !
      Le début du texte n’est en rien du catastrophisme. Je vous assure que je suis aussi douée pour imaginer le pire que pour imaginer le meilleur, et que fort heureusement pour vous tous je ne m’y laisse pas aller ! Le début de cet article est un simple constat sur la situation actuelle. Il est vrai que les interventions des soignants du monde du cheval sont très limitées le temps du confinement, et il est vrai que les pensions sont fermées aux propriétaires de chevaux. Je ne dis rien de plus. Si vous voulez voir du catastrophisme, je vous invite à faire un tour sur les réseaux sociaux.
      Quant à faire ma propre pub, d’une part ne serait-ce pas légitime puisque ce site est mon moyen d’expression professionnel ? D’autre part, ce n’était honnêtement pas l’objet car en ce moment je ne souhaite pas augmenter mon nombre de pensionnaires. D’ailleurs vous verrez que la page Pension n’est plus apparente sur le site. Or, si je l’avais voulu, j’aurais adroitement inséré une idyllique description de mon écurie, avec force photos plus belles les unes que les autres ou même vidéos sur lesquelles les chevaux dormiraient au soleil, joueraient avec joie, se feraient parer ou masser en liberté, etc etc… Mais non, je précise simplement que je propose une prestation correspondant à ce dont je rêve de voir se généraliser car si je ne mettais pas moi-même mes idéaux en pratique, quelle légitimité aurais-je donc à les partager ?
      Finissons par l’angélisme. Ayant moi-même dû suivre un long parcours onéreux et coûteux en temps, en efforts et en énergie pour me rapprocher de cet idéal que je mets en avant ici, j’ai une très bonne idée des réalités du terrain. J’ai travaillé 70h par semaine depuis dix ans, dans des écuries de sport et de commerce, dans des élevages, pour de riches particuliers et pour développer ma propre clientèle, prendre soin de mes propres chevaux et monter ma propre écurie. J’ai sué sang et eau, fait face à l’égo surdimensionné de nombre de formateurs, moniteurs et cavaliers, à la difficulté immense de trouver des parcelles dans une région surpeuplée qu’était la Haute Savoie à la frontière Suisse, puis à celle de tout quitter pour construire un lieu qui soit en accord avec mes aspirations. Je n’avais pas de riches parents derrière moi pour faire tout ça. Je ne suis simplement pas partie en vacances, je n’ai pas pris de repos, je n’ai pas acheté tout ce qui fait le bonheur d’une société de consommation. J’ai commencé à travailler dans des écuries à 19 ans, j’ai ouvert mon entreprise à 22 ans. J’étais une très jeune femme dans un monde masculin et dur. Alors les réalités du monde du cheval, je vous prie de croire que je les connais bien mieux que je ne le raconterai jamais.

      Passons à la suite :
      « dans les cas de figure décrit , je m’explique:
      Pour le temps gagné: ok
      Mais pour les économies faut pas rêver.
      Question: Quel est votre prix de pension pour toutes les prestations annoncées ? »
      Puisque nous y sommes, voici ma petite pub :
      En résumé, la pension pré Equinessentiel comprend :
      • L’hébergement de votre cheval en petit groupe stable dans des prés gérés durablement ;
      • Lorsque nécessaire, le foin à volonté dans des filets à foin à petites mailles et une complémentation en orge germé ou autre complément ;
      • Deux vermifuges naturels par an suivis de cures de probiotiques ;
      • Deux soins par jour si nécessaire : administration de compléments, application de produits de soin (des pieds, de la peau, des tendons ou articulations, selon les besoins de votre cheval) ;
      • La gestion de couvertures anti-dermite, bonnets anti-mouches ou paniers Greenguard selon besoins ;
      • La mise à disposition ou l’administration quotidienne de sel et cmv ;
      • Un parage mensuel ;
      • Un suivi trimestriel en ostéopathie.
      Tous les produits donnés ou appliqués aux chevaux sont naturels et non traités ou bio. Notre commune est sans pesticides, ce qui nous évite une contamination des pâtures par d’éventuels voisins agriculteurs. De plus, les clôtures sont toutes composées de rubans électriques, aucun barbelé n’étant toléré chez nous.
      Seuls les produits de soins et les interventions du dentiste ou des vétérinaires ne sont pas compris dans le tarif.
      Tarif de la pension chevaux Equinessentiel : 320€ par mois.
      Faites le compte de chaque prestation prise séparément et dites-moi ce que vous en pensez.
      « Les stages de formation sont très chers et souvent longs, et regrouper toutes les compétences sur une écurie me parait irréalisable . »
      Toutes ces compétences sont regroupées dans mon écurie, ce qui est la preuve par l’exemple que c’est réalisable. Il y a bien des personnes qui suivent ces formations. Et combien d’entre elles peinent-elles à en vivre en tant qu’indépendant ? Combien d’entre elles finiront-elles par ne plus du tout utiliser leurs compétences ? Pourquoi toutes ces personnes ne pourraient-elle pas gérer des écuries ou y travailler ? Regrouper ces compétences dans une écurie est tout à fait réalisable. Sauf si on décide que non et qu’on n’essaie pas !
      « Avec en plus des parcs de grandes surfaces et une structure adaptée au nombre de chevaux logés. »
      Si les écuries acceptent trop de chevaux par rapport à leurs capacités d’accueil, n’est-ce pas parce que leur fonctionnement n’est pas rentable ? En proposant des prestations de meilleure qualité et donc un peu plus chères, les écuries augmenteraient leurs bénéfices. Les clients, quant à eux, paieraient toujours moins cher qu’en multipliant les intervenants et les frais de déplacement. Il serait alors possible de limiter le nombre de chevaux accueillis.
      « Pour ma part, j’ai effectué : 3 stages en éthologie avec la SENS sur 3 ans. ( Je pratique en liberté et monte sans mors, sans fer et à cru )
      2 stages de podologie équine pour parer mes chevaux sur 2 ans.
      Pour un coût global environ de 1000€ et du temps.
      Je ne pratique que sur mes 2 chevaux. J’ai bien proposé mes services sans grand résultat, normal non ! et de plus je ne veux pas engager ma responsabilité et avoir l’assurance du proprio sur le dos pour cause de dommages éventuels.
      Pas de soucis : pleins d’amis – des soucis plu d’amis : c’est la guerre ( expériences vécues ) »
      On atteint le vif du sujet ! 😉
      Dans quel but avez-vous suivi ces stages ?
      Si c’était pour répondre à votre passion, cet argent a été investi dans un but de loisir. Vous auriez pu le passer en voyage, par exemple, mais vous avez fait un choix différent. Et au lieu d’en garder quelques photos d’un bord de plage, vous en avez gardé des connaissances utiles dans votre quotidien auprès des chevaux. Grâce à cela, vous économisez en interventions d’un pareur ou d’un moniteur d’équitation dite « éthologique ».
      Si vous avez suivi ces stages dans le but d’en faire vos métiers et de gagner de l’argent, ces quelques jours de formation ne vous ont clairement pas permis d’acquérir les connaissances ni encore moins l’expérience nécessaire pour devenir professionnel. Vous avez donc fait une erreur de jugement en supposant que ce serait suffisant. Quant à intervenir auprès des chevaux de vos amis après quelques jours de stage, tout dépend comment vous avez fait les choses. Prenons le parage. Après deux weekends de stage, vous auriez eu les compétences pour rencontrer la personne en charge des pieds de leurs chevaux et lui demander de vous expliquer comment vous occuper des pieds entre deux de ses passages. Alors, vous auriez pu gagner en expérience sous le contrôle d’un professionnel. Avez-vous procédé ainsi ? Ou bien peut être avez-vous pris trop de risques sans être encadré ? Parfois, l’échec provient d’un manque de justesse dans la mise en œuvre d’un projet ou d’une action. Réajustez votre attitude et votre façon d’aborder la chose et vous obtiendrez un résultat différent.
      Ce qui répond à votre remarque suivante :
      « D’autre part, pensez-vous qu’il est possible de confier, sans stress son cheval à un non professionnel, suite à 2 ou trois stages non diplômants et sans expérience ?
      Questions : Qui prend la RESPONSABILITE en cas de blessures ou d’erreurs de manipulations faites par un non professionnel ou le copain de l ‘écurie ?
      Qui prend alors en charge les soins vétérinaires issus des erreurs possibles commises par des amateurs ? »
      Il ne s’agit pas de confier son cheval à un non professionnel. Il s’agit de partager des connaissances sur des soins de base, et non sur des actes vétérinaires, et ce toujours avec le contrôle bienveillant d’un formateur ou d’un professionnel. Chacun reste à sa place, sans présumer de ses compétences, et tout se déroule bien. C’est ce qui se fait déjà dans de nombreuses écuries et entre de nombreux amis. Il faut simplement donner un cadre cohérent à ce que l’on fait. Et agir toujours avec la plus grande humilité.
      « Il ne suffit pas d’ inciter les personnels à se former, c ‘est aussi du temps, de l’argent et parfois un investissement en matériel qui en retour facturerons légitiment leurs savoir faire.
      Il est déjà difficile de trouver des professionnels compétant et de confiance à proximité . »
      Je vous assure que j’ai une petite idée du coût d’une formation professionnelle, en temps comme en argent ! Allez faire un tour sur ma présentation pour compter combien j’en ai suivi. 😉 Comme toujours, chacun décide de ce qu’il veut faire de son temps et de son argent. Vacances, voitures, écrans plats, iphones coûteux ou formations professionnelles qui permettent de s’épanouir dans un métier-passion et de mieux gagner sa vie ? C’est une question de choix. Quant à facturer son savoir-faire, on le fait qu’on travaille sur place dans une écurie ou qu’on se déplace de l’une à l’autre. Simplement, dans un cas tous les clients sont au même endroit et dans un autre on doit prendre en compte dans les tarifs le temps passé en voiture à ne rien faire, le coût de l’entretien de ladite voiture et du carburant qu’elle consomme, ainsi que de son assurance. Dans quel cas pensez-vous qu’on puisse facturer ses prestations le moins cher ? Et si les professionnels compétents se regroupaient pour gérer des structures cohérentes, n’aurait-on pas moins de mal à les trouver ?
      « Je vous remercie vivement LAURE pour votre article qui, croyez- moi me fait rêver, mais il faut garder raison et rester bien encré sur terre en restant le plus possible éthique mais surtout cohérent.
      Même en ce rapprochant au plus prés de concept on en sera toujours bien loin et l’essentiel c’est d’y croire
      MAIS ATTENTION »
      Je suis au moins heureuse de vous faire rêver !
      Pour ma part, cette vision des choses semble cohérente puisque je lui ai moi-même donné vie et puisque je rencontre chaque jour des propriétaires heureux de s’être formés et de continuer à le faire pour le bonheur de leurs chevaux. La cohérence, voyez-vous, est pour moi une recherche quotidienne dans chacune de mes actions et dans chacun de mes choix. Est-il plus cohérent de regarder un système dysfonctionner, ou de chercher des solutions pour l’améliorer ? Est-il plus cohérent d’acquérir un cheval en s’en remettant aveuglément aux autres pour le soigner, ou de chercher à en savoir le plus possible sur ses besoins pour le soigner soi-même au mieux ? Est-il plus cohérent de se laisser guider par ses peurs, ou de se laisser inspirer par ses idéaux ?
      Est-il plus dangereux de se rapprocher d’un idéal, ou bien de ne même pas essayer ? Que craint-on à rêver ? Des désillusions ? Mais si elles surviennent, est-ce parce qu’on a rêvé trop grand, ou est-ce parce qu’on a manqué de réalisme pour mettre ce rêve en pratique ? Si j’ai fait ce rêve et que je l’ai réalisé, est-ce parce que je suis meilleure que les autres ? Plus douée ? Plus intelligente ? Plus chanceuse ? Non, surement pas. C’est simplement parce que je construis mes rêves avec pragmatisme. Un pas après l’autre. En réfléchissant avec soin à ce à quoi je vais consacrer mon temps et mon argent. Et en suivant mon intuition tout en m’efforçant de garder toujours les pieds sur terre. En étant réaliste sur moi-même et mes capacités autant que sur le monde et son fonctionnement. Cela, tout le monde peut le faire. Et si vous manquez de méthode pour donner vie à votre rêve, je serais ravie de vous aider à réfléchir à un plan d’action réaliste et cohérent. Mais ne pensez pas que parce que vous n’avez pas réussi le projet est impossible. Essayez plutôt d’une autre façon. Choisissez d’être un homme qui trouve des solutions plutôt que des problèmes ! Vous ne pouvez peut-être pas changer le monde. Mais vous pouvez changer votre point de vue sur lui et être vous-même le changement que vous voulez y voir. La seule chose qui vous en empêche aujourd’hui, ce sont vos croyances limitantes.

      J’espère que vous sentirez dans ma réponse toute la bienveillance que j’y ai mise et que cela vous aura au moins donné l’envie de croire un petit peu plus.

  4. Ce mode d’hébergement proche de l’idéal ressemble pour beaucoup à l’écurie-active !
    le changement commence par se poser des questions ,après , il faut être capable d’accepter les réponses qui dérangent , puis faire un premier pas dans une autre direction .
    ( l’année dernière en Allemagne il c’est créé plus d’écuries -active que traditionnelles il aura fallu 20ans Merci à Thorsten Hinrichs le créateur de ce concept d’hébergement pour chevaux )

    • Équinessentiel dit :

      Ce monde d’hébergement s’en rapproche en effet. Comme on peut y trouver des similitudes avec le concept du PP. Comme vous le dites très justement, chacun doit accepter les réponses même lorsqu’elles remettent des choses en question. Et commencer par un premier pas. C’est souvent le plus difficile, et puis les choses se mettent en place petit à petit.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *