Communiquer et travailler avec un âne

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Communiquer, éduquer et travailler avec un âne.

Les ânes, bardots , mules et mulets sont des animaux extraordinaires. Il est passionnant de vivre et d’évoluer avec eux, pour peu qu’on se donne la peine de les écouter. Un âne étant très différent d’un cheval, si vous voulez l’éduquer, je vous propose de découvrir comment bien communiquer et travailler avec lui. Pour les bardots et les mulets, il faudra vous adapter à la partie qui domine chez eux !

 

Les ânes, subtiles mélanges de force et de douceur

Cela peut paraître paradoxal, mais un âne est à la fois plein de force et très doux. Fort et conscient de l’être, il ne se prive pas de le montrer si on tente de le forcer à faire quelque chose, sous prétexte de l’éduquer. Il peut alors se débattre avec une grande violence, ruer, mordre, taper, se mettre debout, tirer au renard… Tout est bon pour se débarrasser de l’humain importun. C’est pour cette raison qu’il est la bête noire de nombre de pareur ou maréchaux ! Et c’est aussi pour cette raison que beaucoup de gens prétendent que les ânes manquent d’intelligence. N’est-ce pas ce que l’on dit d’un animal lorsqu’on échoue à le soumettre ?

Malgré cette force qu’il sait déployer avec une grande efficacité, l’âne est pourtant un être capable d’une grande douceur. Souvent bien plus délicat qu’un cheval ou un poney, échanger avec lui massages, caresses et grattouilles est toujours un grand plaisir. Et rien n’est plus efficace pour devenir l’ami d’un âne que de caresser son front ou ses naseaux de velours en murmurant des histoires et des secrets au creux de ses longues et douces oreilles. Une fois qu’ils vous connaissent, la plupart d’entre eux adorent le contact. Ce sont alors de vrais pots de colle !

Un âne est donc un compagnon incroyable si on sait bien l’aborder. Il faut simplement tenir compte de ses différences avec les chevaux pour bien communiquer et travailler avec lui.

 

Des différences majeures entre ânes et chevaux

Ânes et chevaux sont cousins mais appartiennent à deux espèces dont les éthogrammes présentent des différences significatives. Si vous êtes habitué(e) à travailler avec un cheval, mieux vaut en prendre connaissance avant de commencer à communiquer avec un âne ou à tenter de l’éduquer. 

Tout d’abord, ânes et chevaux réagissent très différemment face au danger. Alors que les chevaux optent pour la fuite, les ânes se défendent. A la différence des chevaux, ils montent donc en agressivité plutôt qu’en stress. D’ailleurs, les ânes ont été utilisés dans plusieurs pays pour protéger les troupeaux de moutons ou de vaches contre les prédateurs. Car en cas d’attaque, ils font front et dépendent leur famille et leurs amis à coups de dents et de sabots. Attention donc aux chiens qu’ils ont tendance à charger. Et tenez toujours compte du fait que si vous vous comportez comme un prédateur, un âne se défendra contre vous.

Ensuite, sa nature combative fait de l’âne un compagnon moins prompt à accepter de se laisser guider que le cheval. Il a davantage confiance en lui et on le dit entêté car il se fiche bien de savoir où vous voulez aller. Si lui n’est pas d’accord, il vous l’exprime clairement. Guider un âne demande donc du doigté et de la patience car vous devez le convaincre.

Enfin, de part son peu d’intérêt pour ce que vous lui racontez, un âne apprend souvent plus lentement qu’un cheval. Par contre, ce qu’il apprend est acquis une fois pour toutes. Sa curiosité peut aussi être un grand atout car il s’intéresse vite aux nouvelles personnes et aux nouvelles choses et aime découvrir le monde. Il faut donc lui proposer des choses stimulantes !

 

Alors comment bien communiquer et travailler avec un âne ? 

Vous l’avez compris, un âne exige d’être traité avec respect politesse. D’ailleurs, il a bien raison ! Lorsque vous l’abordez, faites-le donc avec humilité et sympathie. Curieux et gentil, vous gagnerez facilement sa confiance et c’est alors son amitié pour vous qui l’incitera à vous suivre et à vous écouter. A condition de bien vous y prendre et de ne pas le brusquer.

Si vous utilisez des techniques dites « éthologiques » qui impliquent une montée en phase, oubliez de suite. Vous mettriez l’âne en colère. Abordez chaque demande avec beaucoup de calme et de douceur. Récompensez chacun de ses efforts par une longue pause et des encouragements prodigués d’une voix douce. Les caresses sont aussi une merveilleuse récompense pour lui. Et si l’âne monte en stress, dès qu’il cède faites une pause encore plus longue. Restez alors très calme, silencieux(/se), et attendez de voir que sa respiration s’apaise et que ses naseaux et ses lèvres de détendent avant de reprendre.

Travailler avec un âne est une expérience passionnante car très exigeante. C’est une merveilleuse façon d’apprendre la patience et la finesse. Vous devez lui donner envie de vous écouter, le convaincre que cela lui apporte quelque chose. Cela vous demande de vous montrer constant(e), sûr(e) de vous, facile à comprendre et clair(e) dans vos demandes. Tout un programme !

J’espère que cet article vous aura aidé(e) à mieux comprendre ces êtres extraordinaires et vous permettra de mieux communiquer et travailler avec eux. A venir, des conseils pour prendre bien soin de leur santé. 


Laure Souquet
Ostéopathe équine
equinessentiel(a)gmail.com


Photographe : Kevin Simonet
www.suismonobjectif.com

Ostéopathe chevaux chiens équin canin Montluçon Vichy Moulins Clermont Ferrand Thiers Volvic et Riom Pays de Gex Annemasse Douvaine

13 Comments

  1. Mam'Âne dit :

    Copier/Coller de vos mots : « Vous l’avez compris, un âne exige d’être traité avec respect politesse. D’ailleurs, il a bien raison ! Lorsque vous l’abordez, faites-le donc avec humilité et sympathie. Curieux et gentil, vous gagnerez facilement sa confiance et c’est alors son amitié pour vous qui l’incitera à vous suivre et à vous écouter. A condition de bien vous y prendre et de ne pas le brusquer. » Pour éviter bien des maux, il me semble, qu’il fallait commencer par dire/écrire cela ! Le début de votre texte ne donne pas vraiment envie d’aller à la rencontre de l’Âne, même si tout est vrai ! L’Âne fonctionne sur le mode du « S’il te plaît et du Merci », avec lui, c’est donnant/donnant ! Complicité et confiance sont assez faciles à partager avec notre ami l’Âne ! Il ne demande que de la compréhension, de la douceur, du « travail » et, des récompenses en caresses et gratouillis … quelques morceaux de carottes étant toujours bienvenus !!

    • Équinessentiel dit :

      Copier coller de mes mots :
      Il est passionnant de vivre et d’évoluer avec eux
      un âne est à la fois plein de force et très doux
      l’âne est pourtant un être capable d’une grande douceur. Souvent bien plus délicat qu’un cheval ou un poney, échanger avec lui massages, caresses et grattouilles est toujours un grand plaisir. Et rien n’est plus efficace pour devenir l’ami d’un âne que de caresser son front ou ses naseaux de velours en murmurant des histoires et des secrets au creux de ses longues et douces oreilles. Une fois qu’ils vous connaissent, la plupart d’entre eux adorent le contact. Ce sont alors de vrais pots de colle !
      Un âne est donc un compagnon incroyable si on sait bien l’aborder.
      Sa curiosité peut aussi être un grand atout car il s’intéresse vite aux nouvelles personnes et aux nouvelles choses et aime découvrir le monde.

      Tout ceci est présent depuis l’introduction. 😉 Du positif du début à la fin.

      Et si pour vous la force de caractère de l’âne que je décris par ailleurs est rebutante, c’est pour moi un grand atout qui le rend éminemment intéressant ! 🙂 Pour moi, tout ce que je cite dans cet article est positif car j’adore les ânes dans toutes leurs dimensions.

  2. van rechem collignon dit :

    merci pour cet article simple clair et précis. il m’a conforté dans ma manière de vivre avec mon âne. par contre j’ai appris que travailler de manière ethologique ne lui convenait pas ,, pourquoi ?

    • Équinessentiel dit :

      Je n’ai pas écrit qu’il était impossible de travailler avec un âne de manière « éthologique ». Je dis qu’il est déconseillé de monter en phase, c’est à dire de demander de plus en plus fort s’il ne réagit pas. Car si la majorité des chevaux finissent par fuir, un âne se braque facilement et peut vous répondre d’une manière qui ne vous plaira surement pas. Logiquement, une méthode dite « éthologique » n’est-elle pas censée être adaptée au comportement d’une espèce animale ? Et le cheval et l’âne ne sont-ils pas deux espèces différentes ? 😉 Vous pouvez vous inspirer de ces méthodes, en vous adaptant à l’animal qui se trouve à vos côtés, qu’il soit âne ou cheval.

      • Christian dit :

        Tout à fait d’accord avec Laure, les méthodes dites « éthologiques » doivent être pratiquées avec prudence. L’éthologie scientifique est quant-à elle beaucoup plus précise, en nous proposant de travailler en fonction de l’éthogramme spécifique de l’espèce concernée. On ne sait pas encore tout sur la psychologie du cheval, son mode de pensée et de ses moyens de communication. En ce qui concerne les ânes et les mules, les connaissances restent encore plus aléatoires… Vous pouvez vous inspirer des principes d’apprentissage des chevaux, en oubliant le « renforcement négatif » et les « punitions » qui, à mon avis, ne sont pas vraiment adaptés aux ânes !

  3. van rechem chantal dit :

    merci pour cet éclaircissement ,,, c’est en fait ce que je fais ,,, je suis donc sur la bonne voie

  4. van recheñ dit :

    Pour Christian ,,, j’adhère complètement et je vous dirais même par expérience que cela ne fonctionne pas sur certains poneys pas que sur les ânes… j’ai arrêté avec le renforcement négatif dans les exercices qui provoquaient l effet inverse. J’en viens ‘a une collaboration dans le respect mutuel et cela fonctionne. la voix les calins et la patience sont les meilleurs éducateurs

    • Équinessentiel dit :

      Poneys, ânes ou mêle certains chevaux réagissent très fort lorsqu’on les brusque. Dans l’idéal, tout animal devrait être abordé avec la même finesse que l’on attend de lui.

  5. Moulinette Korin dit :

    Merci pour cet article ….. je mettrais toutefois un bémol à propos de l’apprentissage….. l’ane (et surtout ses hybrides) apprend beaucoup plus vite qu’un cheval…en général une séance suffit si nous avons été clairs dans nos demandes. Ce qui prendra du temps par contre c’est de lui faire admettre l’utilité (pour lui) de nos exercices ! C’est là que la notion de plaisir doit intervenir absolument.

    • Équinessentiel dit :

      C’est ce que je voulais dire en parlant du temps d’apprentissage. 😉 En fait c’est surtout l’humain qui met parfois plus de temps à lui apprendre car il doit trouver comment lui en donner envie !

  6. Procu dit :

    Tu dois passer par la douceur et les récompenses il me semble

    • Équinessentiel dit :

      La douceur c’est une évidence, peu importe avec quelle espèce animale on travaille. 😉 Pour ma part, je n’utilise jamais de friandises. Les pauses dans le calme et les caresses et massages sont de bien meilleures récompenses.

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