Aimer un cheval, qu’est-ce que ça veut dire ?

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Nous tous qui faisons partie du monde du cheval prétendons aimer les chevaux. Pourtant, chacun a sa propre définition du mot. Alors, aimer un cheval, qu’est-ce que ça signifie ? Pensez-vous aimer vraiment votre cheval ?

 

Aimer répond à un besoin égoïste

Dans notre société, on confond souvent amour et attachement. Pourtant ce sont deux choses bien différentes. En effet, l’amour est censé être inconditionnel, alors que l’attachement est lié à un besoin. Lorsqu’on dit « je t’aime » et qu’on sous-entend « je ne pourrais pas vivre sans toi », il s’agit d’attachement. C’est à dire que la présence de l’autre comble en soi un besoin. Besoin de se sentir en sécurité. De se sentir utile, de donner et de recevoir. Besoin d’échanger, de se sentir compris et complet. Envie de faire partie d’une famille ou d’un groupe. Bien souvent, c’est ce type d’attachement qui lie un être humain à un cheval. Cheval que l’homme considère d’ailleurs comme sien.

Ces besoins sont naturels et ils sont le fondement des comportements grégaires qui ont assuré la survie aussi bien de l’homme que du cheval. Cependant, il est important d’avoir conscience de leur existence, de les reconnaître en soi. Sinon, l’amour que l’on prétend ressentir ou donner  n’est qu’un mensonge, une illusion qui enferme l’autre dans des devoirs. Car celui dont on a besoin doit être là pour nous. Il doit répondre à nos attentes. Sans quoi une rancœur s’installe. Combien de fois n’ai-je pas entendu des discours du type  » voyez comme il se comporte après tout ce que j’ai fait pour lui » ! Dans ce cas, la situation est très injuste pour le cheval. Car la personne lui demande de répondre à un besoin qu’il n’est pas en mesure de comprendre. Cela ne fait pas partie de son mode de fonctionnement. Alors, ce qu’on appelle amour enferme et sépare au lieu de rassembler.

Est-ce cela, aimer un cheval ? Est-ce lui faire porter le poids de nos attentes et de nos besoins ? 

 

Aimer un cheval, c’est facile

Lorsque nous sommes injustes dans nos demandes ou nos attentes, bien souvent les êtres humains nous le font sentir. D’une façon ou d’une autre, ils nous déçoivent et nous expriment leur désaccord ou leur colère. Un cheval, lui, ne parle pas. C’est fort pratique car même s’il s’exprime de mille autres manières, rien n’est plus facile que de rester sourd(e) à son message. Libre à chacun d’interpréter à sa guise les comportements de son cheval. C’est la porte ouverte à l’anthropomorphisme, à tous les excès et à toutes les erreurs.

Par exemple, croyez-vous vraiment que le cheval qui se précipite vers vous pour fouiller vos poches vous aime ? Libre à vous de le croire mais je tends à penser qu’il apprécie les friandises qu’il sait y trouver. Cependant, il n’ouvrira pas la bouche pour exprimer par la parole son sentiment. Chacun(e) de nous peut donc penser ce qu’il lui est plus agréable ou facile de croire. Aimer un cheval, c’est donc facile. Bien plus facile que d’aimer un être humain.

Mais est-ce cela, aimer un cheval ? Est-ce lui prêter les sentiments et les pensées qui nous arrangent ? 

 

Aimer véritablement un cheval c’est l’accepter comme il est

L’antropomorphisme et l’infantilisation nous permettent de faire porter aux chevaux tous nos besoins nos remplis par nos semblables. Pourtant, considérer un cheval comme un bébé, c’est lui manquer de respect. C’est nier tout simplement l’existence de son esprit, de sa spiritualité. En faisant cela, on le place dans une position d’infériorité et on passe à côté de tout ce qu’il pourrait nous apporter. Et c’est exactement la même chose lorsqu’on lui prête des pouvoirs incroyables et des intentions entièrement centrées sur l’évolution de son humain. Un cheval n’est ni un bébé, ni un humain, ni un ange, ni un Dieu. C’est un être sensible et intelligent avec son propre chemin à suivre et sa propre évolution à mener.

L’aimer, à mon sens, c’est le reconnaître pour ce qu’il est et pour qui il est. Ce qu’il est, c’est un représentant de la race Cheval. Cela implique des besoins fondamentaux quant à sa façon de vivre, de s’alimenter ou de bouger. Et cela implique aussi une appréhension du monde conditionnée par des récepteurs sensitifs, des instincts et des facultés cognitives différentes des nôtres. Qui il est, c’est un individu unique avec sa propre essence, son propre vécu, ses propres capacités et sa propre personnalité. Aimer un cheval c’est tenir compte de ses besoins et de ses caractéristiques spécifiques et personnels. C’est lui proposer une existence qui soit en accord avec cela et qui lui permette d’exprimer sa vraie nature.

 

Aimer un cheval, c’est un véritable voyage sur le chemin de sa propre évolution

Cela signifie-t-il que pour aimer un cheval il faille être une personne extraordinaire ? Une personne détachée de son égo, libérée de l’envie et du besoin, accomplie dans sa vie et dans son évolution ? Non, je ne pense pas – et cela me rassure pour moi-même car j’ai encore un long chemin à parcourir. Simplement, il faut être honnête avec soi-même, lucide sur qui on est et sur ses motivations et besoins. Avoir conscience de ce que l’on attend et de ce que l’on projette, cela permet de libérer l’autre et de reconnaître sa propre responsabilité dans ses ressentis et ses émotions.

Pour aimer un cheval, je pense qu’il faut avoir l’humilité d’accepter qui on est. Et l’envie réelle de le reconnaître pour qui il est vraiment. Pour ma part, je trouve cela passionnant. Chaque jour auprès de mes chevaux ou de ceux que je soigne, chaque interaction avec l’un d’entre eux sont des occasions pour moi d’apprendre à mieux me connaître.

Pourquoi ai-je envie d’aller vers ce cheval ? Pourquoi voudrais-je qu’il me suive ? Quelle émotion ou quel sentiment son comportement fait-il naître en moi ? Suis-je assez détachée pour voir son intérêt au-delà de mon envie ?  Suis-je capable d’entendre l’intégralité de ce qu’il exprime ? Que pourrais-je faire pour qu’il se sente mieux ? Comment pourrais-je l’aider à surpasser ses craintes ? Suis-je dans mon droit en voulant le guider ?

Pour moi, aimer un cheval impose une remise en questions continuelle. De la personne que je suis, de mes valeurs, de mes croyances, de mes choix. Chaque cheval que je croise, et en particulier chacun de mes chevaux, me pousse à aller toujours plus loin. Pour mériter son amitié. Et pour l’aimer toujours mieux, toujours plus pour lui et moins pour moi.

 

Nota Bene :

Libre à vous, bien sûr, de penser autrement. Ceci n’est autre que l’expression d’une vision des choses et d’une recherche toutes personnelles.

 

 

Laure Souquet
Ostéopathe équine
0033 6 19 12 02 37
equinessentiel(a)gmail.com


Photographe : Kevin Simonet
www.suismonobjectif.com

Ostéopathe chevaux chiens équin canin Montluçon Vichy Moulins Clermont Ferrand Thiers Volvic et Riom Pays de Gex Annemasse Douvaine

8 Comments

  1. Michèle Lambour dit :

    Merci pour cet article auquel j’adhère totalement.
    Nous devons prendre conscience que les chevaux ont été façonnés pour nous servir d’esclaves, au moins devons-nous tenter de les affranchir.
    En pratique, on peut commencer par ne jamais les attacher à un point fixe car cette situation est terriblement anxiogène pour eux.
    Une éducation un peu longue à établir au début mais passionnante au quotidien. Les intervenants (Véto, ostéo, maréchal) s’y sont habitués.
    Et puis, des petits riens pour signifier mon respect au cheval : je dis « s’il te plait » quand je lui demande par exemple son pied pour le curer et « merci » lorsqu’il le donne.
    Est-il sensible à la politesse ? Je n’en sais rien, mais moi, je me sens alors à ma place.

  2. paul dit :

    moi aussi c est comme cela que je les comprend bravo tres bien dit merci pour eux

    • Équinessentiel dit :

      Je vous retourne le remerciement, pour eux. 🙂

      • Julie Behe dit :

        En effet c’est un travail a faire sur soi même dans n’importe quelle situation, que soit entre humains ou entre nous et l’animal quel qu’il soit
        Sinon rien a voir avec la choucroute mis en sortant d’une séance d’ostheopathie fort me, j’ai pensé à mon poney emphysèmateux . Est-ce que l’ostheopathie peut aider le manque de souffle? Je suis à Juvigne 53 si vous avez des collègues efficaces. Merci d’avance

  3. Julie Behe dit :

    En effet c’est un travail a faire sur soi même dans n’importe quelle situation, que soit entre humains ou entre nous et l’animal quel qu’il soit
    Sinon rien a voir avec la choucroute mis en sortant d’une séance d’ostheopathie fort me, j’ai pensé à mon poney emphysèmateux . Est-ce que l’ostheopathie peut aider le manque de souffle? Je suis à Juvigne 53 si vous avez des collègues efficaces. Merci d’avance

    • Équinessentiel dit :

      Oui, l’ostéopathie peut bien aider les asthmatiques. Malheureusement je ne connais personne à vous conseiller par là bas. Si plusieurs personnes étaient intéressées, je pourrais faire un détour en Janvier en montant en Bretagne.

  4. Je n’aurais pas aussi joliment dit les choses. Je me retrouve totalement dans ce texte, si vrai et puissant auprès de nos amis équidés. Merci pour ces compagnons à sabots.

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