Se faire respecter par son cheval

par Équinessentiel dans Chevaux, Éducation | 24 commentaires

Le respect est le maître mot de nombreuses méthodes dites « éthologiques ». Pensez-vous que votre cheval vous respecte? A quoi le voyez-vous? En quoi est-il important d’avoir son respect et comment l’obtenir?

 

Si vous voulez évoluer en sécurité avec un cheval, il est impératif qu’il vous respecte. Mais qu’est-ce qu’un cheval qui vous respecte? Et bien c’est un cheval qui ne vous bouscule pas, qui ne vous marche pas sur les pieds, qui ne vous tracte pas en longe pour aller brouter, qui vous évite lors d’éventuels mouvements de fuite, et qui ne vous mord ni ne vous tape, et qui vous écoute. En résumé, c’est un cheval qui prête attention à votre présence et à vos signaux, et qui ne vous met pas en danger.

 

Obtenir le respect du cheval devrait donc être la première chose à faire avant d’engager une relation avec lui, quelle que soit sa nature. N’oubliez pas que votre cheval fait environ 500kg et qu’étant un animal de fuite il a des réactions vives et parfois violentes en cas de stress. Tout contact avec un cheval est donc potentiellement dangereux! D’ailleurs, n’en avez-vous pas déjà fait l’expérience? Par exemple, on ne compte plus les orteils écrasés dans les écuries!

 

Nous sommes donc d’accord, être respecté(e) par votre cheval est une priorité pour votre sécurité. C’est d’ailleurs sûrement pour cette raison que tant de méthode de travail à pied mettent l’accent sur ce point. On vous parle souvent de « faire respecter votre espace » par votre cheval. Autrement dit, celui-ci doit se tenir à une distance respectueuse d’une bonne longueur de bras. Qu’en pensez-vous? Parvenez-vous facilement à lui faire respecter cette distance? N’êtes-vous pas souvent forcé(e) de le repousser car il cherche à se rapprocher davantage? Savez-vous pourquoi?

 

On vous aura sûrement dit que le problème est que vous ne montez pas suffisamment votre énergie. Vous n’êtes pas assez « impressionnant(e) » pour que votre cheval vous respecte. A vous alors de trouver des moyens pour faire monter cette énergie et la projeter avec davantage de force vers votre animal. Vaste programme… Imaginez une personne timide et effacée que vous devriez guider pour qu’elle prenne sa place dans sa famille, à son travail ou ailleurs. Elle devrait « monter son énergie ». Mais si vous le lui disiez ainsi, que risquerait-elle de faire? N’étant pas sure d’elle même, pour paraître plus impressionnante, elle risquerait d’utiliser la colère. Ou bien elle ferait semblant. Ni l’un ni l’autre ne fonctionne avec un cheval.

 

Personnellement, je ne suis pas d’accord avec ses deux concepts. Le respect de la bulle et la montée de l’énergie.

 

Commençons par la bulle. Avez-vous déjà observé des chevaux en troupeau? Comment se disent-ils bonjour? Respectent-ils eux même la bulle des autres? Se tiennent-ils à distance respectueuse les uns des autres jusqu’à ce que l’un fasse un signal autorisant l’autre à s’approcher? Si vous avez assisté à ce spectacle, vous ne deviez pas être très bien réveillé(e). Ce que j’observe chaque jour, c’est que lors d’une rencontre ou d’une retrouvaille, comme régulièrement dans toutes leurs interactions journalières, les chevaux viennent directement au contact l’un de l’autre jusqu’à se toucher les naseaux. Ils viennent se sentir, tout simplement. C’est ainsi qu’ils se disent bonjour. Et entre deux chevaux amis, il y a ensuite de nombreux autres contacts : un chanfrein frotté contre le corps de l’autre, voire même toute l’encolure, et des échanges de massages avec les lèvres et les dents. Les contacts entre eux sont nombreux et nécessaires. Aussi, si nous interdisons à un cheval de nous approcher, nous lui interdisons par la même occasion de nous sentir et d’échanger avec nous des marques d’affection. Imaginez-vous demandant à votre enfant de ne jamais s’approcher à moins d’un mètre de vous sans autorisation. Ou que votre compagne ou compagnon vous le demande. Comment vous sentiriez-vous? Je souhaite développer avec mes chevaux une relation forte, authentique et enrichissante pour eux comme pour moi. Et je suis convaincue que ce n’est pas possible en interdisant les contacts. Aussi, mes chevaux me respectent, et lorsque nous nous disons bonjour ils viennent me sentir les mains et le visage, voire même les vêtements, et dans nos contacts quotidiens ils sont autorisés à être aussi proches de moi qu’ils le veulent. Pour autant, je leur ai appris mes limites, car je n’ai pas la force ni la résistance d’un cheval! Ils savent qu’ils ne peuvent ni me mordre ni me taper et ne le font jamais. C’est à vous de décider du type de contact que vous souhaitez autoriser à votre cheval. Mais sachez que cela conditionnera aussi le genre de relation que vous aurez avec lui. Du moment que vous le faites en conscience, ce choix vous appartient.

 

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A présent, la montée de l’énergie. Pour faire respecter votre bulle au cheval, on vous demande de monter votre énergie et de l’envoyer vers lui pour le repousser. Avez-vous déjà ressenti cela vous même? Avez-vous déjà été au contact d’une personne dont la seule présence vous impose le respect, vous donne l’envie de vous tenir à l’écart et de vous faire discret, dont la seule présence vous intimide? Qu’avez-vous ressenti à ce moment? Ce respect n’était-il pas plutôt une crainte respectueuse? Et avez-vous déjà rencontré une personne si bien dans sa peau, si rayonnante, que vous vous sentiez bien en sa présence? Que vous aviez de suite envie de lui faire confiance parce qu’elle vous rassurait? Alors vous, quelle personne voudriez-vous être? Que voudriez-vous que votre cheval ressente en votre présence?

 

Je n’utilise pas ce concept de « montée de l’énergie ». Quand on monte son énergie, on devient bruyant pour le cheval. Ce n’est pas nécessaire. D’ailleurs, montez votre énergie et il montera la sienne. Dans un esprit de fuite ou bien de combat. L’un comme l’autre seront dangereux pour vous et de mauvaise augure pour votre relation. Pour vous affirmer, la meilleure solution est de bien connaître les codes que vous utilisez avec votre cheval, de développer votre capacité à agir au bon moment et au bon rythme, et de toujours savoir exactement ce que vous voulez obtenir avant de le demander. Plus la communication avec votre cheval deviendra naturelle pour vous et plus vous gagnerez en confiance en vous. Ce qui compte avant tout, c’est la justesse de votre comportement, la qualité de votre état intérieur, votre présence à vous même et à ce qui vous entoure, et la constance de vos règles de vie et de votre communication avec le cheval. 

 

Voilà comment obtenir le respect et la confiance de votre cheval. Car l’un ne va pas sans l’autre. Et bien entendu les deux doivent être réciproques. C’est la base de toute relation.

 

Laure Souquet
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<laure.souquet(a)wanadoo.fr

 

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  1. Shara

    J’y ai effectivement trouvé une réponse ! Merci beaucoup !
    Cet article me conforte dans des notions que j’ai abordé hier à peine en m’initiant auprès d’une nouvelle personne.
    J’aime voir que l’amitié est plus importante que ce que j’appelle un « respect mal placé ».
    Encore merci !

    • De rien! Je suis heureuse que cet article vous ait apporté une réponse et que vous ayez trouvé quelqu’un qui vous convienne pour vous guider! 🙂

  2. VINCENT Yvonne

    Très bel article sur ce sujet effectivement difficile. trouver la bonne attitude sans être en opposition avec soi même ou avec le cheval : voilà qui va aider probablement de nombreuses personnes qui sont un peu perdues avec principes annoncés dans les méthodes éthologiques. Merci beaucoup !

  3. Audrey

    Merci pour cet article, dont le point de vue est très intéressant.

    Pour ma part, j’estime faire respecter ma « bulle de sécurité », qui fait que ma jument ne me bouscule jamais, ne se colle pas contre moi, ne me tracte pas, et mes orteils sont en bon état 🙂 En revanche, elle a (toujours eu!) le droit, et ne s’en prive pas, d’approcher sa tête et surtout ses naseaux, et fait des inspections en règle des poches, des reniflages, des bisous. Bref, pour moi, bulle ne veut pas interdiction totale d’approcher : c’est respect de la sécurité avec papouilles autorisées. Elle est collante, certes, mais jamais « percutante ».
    Et je vois clairement la différence avec une autre jument de son pré, qui n’a pas intégré le respect des distances et bouscule fréquemment.

    Je dirais que la mise en place de ces limites est facilitée si on peut l’apprendre aux chevaux dès le plus jeune âge. En revanche, quand on achète un cheval à 4, 8 ou 11 ans, on ne sait pas trop comment il a été éduqué, et peut-être que la mise en place de limites strictes, pour ensuite les assouplir lorsqu’elles sont intégrées, peut être nécessaire. Qu’en pensez-vous?

    • Je pense que n’importe quel cheval peut apprendre à nous respecter à n’importe quel âge. Quelles que soient les limites, il sait parfaitement les comprendre. Et il fait très bien la différence entre les gens.

      Nous n’avons jamais eu de chevaux de moins de 4 ans. Et pourtant nos règles ont toujours été très vite apprises par chacun d’entre eux! Les tous jeunes avec lesquels j’ai travaillé, au contraire, sont plus souvent tentés de vérifier si les règles ont changé.

      Au contraire, je considère qu’une règle ne doit pas changer une fois qu’elle est fixée. Ainsi les choses sont toujours claires. La constance, toujours! 😉

  4. julie

    très bonne analyse
    après l’exemple du pied écrasé j’ai encore testé recemment! pour moi c’est que le poney que j’ai à la maison ne sait pas marcher… il fait des « ronds » avec ses anterieurs ou alors il cherche mes pieds!

  5. kitequit

    Je remarque très régulièrement, lorsque les cavaliers me dise « mon cheval ne me respecte pas » je leur demande… et vous le respectez vous? Un manque de respect d’un cheval est souvent du a l’humain qui ne l’a pas respecter au préalable en agissant souvent trop vite, trop fort, sans rythmes et sans graduations.
    Je demande a mes chevaux de garder leurs distances lorsque nous travaillons mais ils ont le droit de me toucher en dehors de ces moments là.
    Ce n’est pas une montée en énergie qui repoussera le cheval mais bien une présence dense et consistante qui le tiendra à l’écart en douceur.

  6. Patrice

    Bonjour, tout d’abord merci d’avoir écrit sur ce sujet bien compliqué. Mon commentaire n’engage que moi mais même si je trouve des points intéressants je ne vous rejoints pas sur « l’approche » humaine que vous mettez en avant à plusieurs reprises …Pour ma part nous sommes déjà 2 espèces différentes et a ce titre il est difficile pour un « gorille » d’être le « leader » d’un « tigre » a mon avis ? Par contre je pense que le developpement de notre cerveau nous apporte la possibilité d’analyser différemment certaines situations, ce qui nous amène effectivement à prendre en compte toutes vos descriptions « liées aux attitudes en troupeau » qui sont très juste d’ailleurs nous « devrions » les reproduire au mieux mais je ne me vois pas frotter mon crâne contre celui du cheval ou certains autres rites encore plus dangereux, pourquoi ? Je suis un bipède et pas un quadrupède de 500 kg…a part mettre de l’energie pour lui faire bouger ses pieds (qui pour moi est la force du dominant en troupeau) c’est pour cela que la « bulle » pour moi est essentielle jusqu’au moment où elle va se conjuguer à celle du cheval quand nous sommes en selle et la si nous n’avons pas construit une relation basée sur du conditionnement appliqué au sol par des aides fixes ainsi que la voix la situation peut devenir très vite compliquée. En conclusion pour ma part LE RESPECT il n’y en a pas ce sont des situations déjà vécues par le cheval et la réponse ou l’attitude que nous aurons eu à ce moment précis sera « codifiée » car il a une excellente mémoire, ça c’est sûr. Vous l’aurez compris je pense que pour ma part on communique avec notre cheval (et pas que…) avec les conditionnements Pavloviens et Skinneriens, donc renforcements positif et negatif et du conditionnement opérant. Encore une fois c’est mon point de vu et bravo pour votre article. Respectueusement Patrice Association LE RANCH

    • Bonjour,

      Je ne fais pas de rapprochement humain-cheval. Si je prends des comparaisons humaines, c’est simplement pour mieux imager ce que je veux dire. Sauriez-vous vous mettre dans la peau d’un cheval et ressentir ce qu’il ressent? Je trouve cela un peu compliqué alors je fais appel à des sensations que nous connaissons tous. Mais il est clair qu’ils sont très différents de nous et qu’ils en ont bien conscience.

      Travaillant beaucoup avec des entiers, je ne peux que vous rejoindre concernant les rites dangereux des chevaux! Je ne conseille surtout pas de tout leur laisser faire, nous ne resterions pas longtemps indemnes! Justement, la mise en place de règles de sécurité dans les rapports humain cheval sera le sujet de mon prochain article.

      Je comprends votre remarque sur le respect et les formes d’apprentissage. Pour ma part, je pense que nous pouvons appliquer exactement les mêmes principes aux échanges entre humains. Mais je trouve cela trop réducteur. Je suis peut être trop romantique, mais je préfère penser que ni nous ni les animaux ne sommes réduits à de simples réflexes d’apprentissage! 😉

      En tous les cas, il est très agréable d’avoir un échange si cordial malgré quelques points de désaccord! 🙂

      Tout aussi respectueusement,

      Laure Souquet

  7. Cécile Guyot

    Merci pour cet excellent article. Les questions posées me semblent d’une grande justesse, ainsi que les réponses que vous leur apportez. J’ai fait les mêmes observations que vous sur les chevaux en liberté et essayé de tester ces concepts de bulle et de montée d’énergie, sans résultat probant. Ma fréquentation quotidienne des chevaux me montre que des principes « plaqués », ne correspondant pas à notre état intérieur, ne fonctionnent pas : les chevaux sont suffisamment doués pour la communication pour comprendre nos intentions et déceler nos contradictions ! La présence et la sincérité sont des clés, et ce n’est pas toujours facile pour nous, les humains !

    • C’est certain! Et paradoxalement c’est souvent ce que nous allons chercher chez les chevaux!

  8. Jean

    Bonjour.
    Lorsqu’il arrive qu’un cheval nous marche sur le pied ce n’est pas ipso facto parce qu’il ne nous respecte pas. 500 kilos, quatre membres et parfois le fait d’évoluer à deux dans l’espace clos d’un box, ne garanti pas la sécurité de nos pieds. Ce n’est pas pour autant que l’ cheval le fait exprès ni qu’il nous manque de considération et de respect…souvent trop de raccourcis en voulant tout expliquer par le biais du comportementalisme. Cela arrive, c’est tout!

    • Bonjour,

      Et dans la rue ou le métro, marchez-vous souvent sur les pieds des gens, « sans faire attention »? 😉

      Étant ostéopathe équine et soignant des chevaux au pré ou au box tous les jours depuis des années, sans compter mes années d’expérience en tant que groom puis en tant que propriétaire de plusieurs chevaux, je peux vous assurer que je sais faire la différence entre un cheval attentif à moi et un cheval qui ne me calcule pas. Croyez-vous vraiment qu’un animal dont la survie dépend en grande partie de la précision de l’endroit où il pose ses pieds puisse avoir une si mauvaise appréhension de son propre corps?
      Si votre cheval vous marche sur les pieds à cause de la petitesse de son box, alors ne croyez-vous pas qu’il vaudrait mieux l’en sortir? Et même s’il ne le fait « pas exprès », ce qui est certain, s’il le fait c’est qu’il ne s’est pas posé la question d’où étaient vos propres pieds parce que cela ne l’intéresse pas. Personnellement, je n’ai jamais vu un cheval marcher sur le pied d’un autre cheval. Et vous?

      Ceci dit, nous ne sommes pas forcés d’être du même avis!

      • Jean

        Bonjour.
        Eleveur de chevaux depuis plus de 20 ans, cavalier(depuis 45 ans) et meneur ATE, j’attelle professionnellement avec des chevaux de trait depuis maintenant 14 ans,la taille d’un box est chez moi de 4×4 mais les animaux sont le plus clair de l’année au pré avec des abris dédiés. Etant né, ayant vécu et travaillé en région parisienne, donc ayant utilisé les transport en commun, il m’est effectivement arrivé de me faire marcher sur les pieds et ne m’affranchirais pas d’en avoir écrasé malencontreusement quelques uns, sans pour autant accuser mes coreligionnaires d’irrespect!
        Mon propos n’était pas de remettre en doute vos compétences professionnelles ni votre approche et votre ressenti en matière d’équidés. Mon commentaire se voulait simple et logique, mais il me semble que l’anthropomorphisme est très légèrement présent dans votre manière de penser le cheval et que cela complique grandement et amplifie par trop la façon de vivre les petits incidents qui parfois surviennent et cela malgré nos chers animaux et nous même. Deux cerveaux dans la relation homme/femme et le cheval et parfois ce n’est pas toujours le nôtre et sa façon de fonctionner qui dans l’instant T génère la situation. Ce n’est pas non plus toujours celui du cheval. Mes « gros » ne me marche que très très rarement sur les pieds, les selles non plus, mais cela arrive et fort de ce constat je n’accuse pas mon cheval de me manquer de respect, loin s’en faut, pourtant la douleur générée par un « écrasement » d’orteils pourrait m’amener à des pensées et des actes d’irrespect, mais non, je me remets en cause sans trop me prendre la tête et me dit que lui comme moi n’étions pas au bon endroit, en ce qui concerne la concentration ni au bon moment…cela arrive parfois ! Mes chevaux sont soignés en dehors du box, à l’attache ou en liberté, je ne leur impose pas l’immobilité mais ils la gardent. Chez moi et dans notre relation, pas de raison qu’un animal ait un instinct de survie exacerbé lorsque je le soigne, si cela arrive chez d’autres c’est qu’ils n’ont pas instaurés une totale relation de confiance avec leur animal ou que leur approche manque d’assurance puisqu’ils dégagent et génèrent sans le vouloir ni le savoir, un stress chez l’animal. Souvent aussi, le passé d’un cheval nous échappe complètement et l’humain peut avoir causé des dégâts difficiles à rattraper sans des connaissance en matière de « psychologie équine »
        Beaucoup trop de personnes possèdent un cheval sans avoir le minimum de connaissances requis à leur éducation et leurs besoins alimentaires et sanitaires. Un examen validant les dites compétences devrait être obligatoire pour ceux désirant acquérir et chérir un cheval.
        Il a aussi cette déviance propre à l’humain, qui veut tout contrôler et attend de son compagnon équin qu’il soit aux ordres, ne bronche pas, n’éprouve pas d’agacement pour x raisons, ne pense pas ou alors quand il le fait, devrait utiliser sont cortex à maxima afin de prouver qu’il est dans le total respect de celui qui le soumet.
        Je ne partage pas toutes les idées que vous développez mais elles m’intéressent grandement et parfois m’interpellent, alors je me permets humblement de proposer un avis somme toute plutôt emprunt de modestie et surtout plein d’égard et d’affection concernant mes compagnons et partenaires de tous les jours.

        • Quand je parle de se faire marcher sur les pieds, c’est un exemple qui illustre le comportement de nombreux chevaux que je suis amenée à soigner et qui ne tiennent aucun compte de la présence de leur propriétaire. L’incident en lui même n’est pas signifiant, c’est sa répétition et son accumulation avec des bousculades, coups de tête, morsures etc qui devient signifiant. A chacun de se reconnaître ou non dans cette description. Votre travail quotidien avec eux vous amène à plus ou moins vivre avec vos chevaux, et donc à développer des relations harmonieuses avec eux. Mais la plupart des gens vont voir leurs chevaux quelques fois par semaine, le temps d’une séance de travail. Et le temps passé à pied avec leur chevaux est très réduit. Aussi, ce genre d’incident devient vite pour leurs chevaux une façon normale de se comporter.
          Pour ma part, je me sens totalement en sécurité avec mes propres chevaux, même au milieu de mes 4 étalons, parce que je sais qu’ils font attention à l’endroit où je me trouve et que je ne prendrai pas de coups destinés à un autre, par exemple. De la même façon qu’entre eux ils ne se tapent pas « sans faire exprès » ni sans mesurer la force qu’ils mettent dans leur coup.

          Vous parlez d’anthropomorphisme parce que je donne des exemples qu’un humain puisse comprendre. Là encore ce sont des illustrations. Mais si vous lisez bien, je ne parle jamais de jalousie, de chevaux qui veulent vous embêter, ni de tous ces amalgames avec des comportements humains. Simplement, si je ne prends que le point de vue du cheval sans comparer à une situation à laquelle un humain puisse s’identifier, je pense qu’il serait encore plus difficile de me faire comprendre. Après, j’ai peut être tord à ce sujet.

          Et pour ce qui est du contrôle et de ce qui suit, là encore, c’est bien loin de ce que je pense et fais avec mes chevaux. La seule chose dont il est question ici c’est que le cheval tienne compte de la présence de l’humain. JAMAIS je ne parle de l’empêcher de s’exprimer, bien au contraire, et encore moins de le soumettre. Je travaille mes chevaux le plus souvent en liberté au milieu des autres, je les encourage à proposer des choses, je les aime et je les respecte profondément et je vous avoue que j’ai un peu de mal à me voir mettre dans le même panier que ces « dresseurs », moniteurs ou autres professionnels qui m’ont parlé de « mater » les chevaux depuis que je suis enfant et que je n’ai jamais voulu écouter.

          Quand je vous parle de survie, je ne dis pas qu’il soit en situation de stress avec vous, je dis simplement que dans la nature le cheval se sort de situations dangereuses en fuyant. Par conséquent, s’il ne sait pas où il met ses pieds et qu’il se blesse, il risque fort de ne pas faire long feu. Aussi, la nature l’a doté de suffisamment de capteurs proprioceptifs pour qu’il ait parfaitement conscience de ce qu’il fait de ses pieds, en tous les cas tant qu’ils sont nus. Cela me fait d’ailleurs penser que je n’ai pas précisé ce dernier point!

          Je vous parle moi aussi modestement de mon expérience personnelle, avec mes propres mots, et quand je parle d’un cheval qui vous respecte je parle d’une cheval qui fait attention à vous, rien de plus.

          Je suis tout à fait d’accord avec vous concernant le manque de connaissances sur le cheval, et c’est bien pour cela que j’écris ces articles. Dans un esprit de partage, et sans aucune intention de juger les autres ni d’imposer à quiconque ma vision des choses!

  9. Lilium

    Je trouve vraiment déplorable, même si je sais que ce n’est que de l’ignorance, qu’on parle de « respect », de concept « bulle » et de « leadership ». Concevoir qu’un cheval puisse manquer de respect revient pratiquement à dire qu’il lui arrive faire exprès de nous bousculer, exprès de se gratter sur nous, exprès de nous dépasser en longe, et j’en passe. Penser qu’il faut être le leader de notre cheval revient à s’imaginer qu’il faut prendre le pouvoir, qu’il faut être autoritaire, et cette attitude risque tôt ou tard d’engager le conflit. Ça peut vite devenir malsain comme relation humain/équin. Et quel fardeau pour un simple cheval, qui au fond, ne sait rien ! Il ne sait pas qu’il n’a pas le droit, il ne sait pas que c’est « malpoli ». Il est simplement comme un jeune enfant qu’il faut éduquer. Il faut lui apprendre ce qu’on considère d’acceptable, et ce qu’on ne tolère pas. Le « respect », la « bulle », le « leadership »… Ce n’est au fond rien d’autre que des apprentissages.

    Je suis d’accord avec le fond de l’article, soit, mais je pense qu’il faudrait commencer à faire attention aux termes employés qui peuvent être lourds de sous-entendus. Si certains voit le respect comme une métaphore ou une vulgarisation, plusieurs peuvent y comprendre rapidement autre chose et sauter à des conclusions anthropomorphiques.

    • Je ne sais pas où vous avez lu dans cet article le mot « leadership », et je pense que vous l’avez lu un peu vite et sans le comprendre. D’ailleurs nulle part dans ce site vous ne lirez les mots « prendre le pouvoir », « soumettre », « contrôler » etc. Je vous invite donc à relire cet article dans un esprit de bienveillance et sans y chercher des choses qui n’y sont pas.

      Le respect est un concept, et en plus très basique. Par conséquent on ne peut pas le « vulgariser » ni en faire une « métaphore ». Dans le larousse on le définit comme tel : « sentiment de considération envers quelqu’un et qui porte à le traiter avec des égards particuliers ». Appliqué au cheval et sans faire d’antropomorphisme, c’est tout simplement ce que j’explique : que le cheval prenne en compte votre présence et donc ne vous traite pas comme si vous n’étiez pas là. Nulle notion de pouvoir ni autre. Si vous le comprenez autrement, c’est dommage, mais ne faites pas de votre cas particulier une généralité! 😉

      Vous dites que votre cheval ne fait pas exprès de se gratter sur vous ni de vous dépasser. Dans ce cas c’est qu’il n’a aucune conscience de ce qu’il fait et je trouve « déplorable » comme vous dites, de le considérer aussi stupide! Qu’il ne le fasse pas dans le but de vous manquer de respect c’est certain, mais qu’il ne le fasse pas exprès, c’est autre chose. Là aussi, je vous retourne votre commentaire : faites attention aux termes que vous employez et à leur signification!

  10. BRUNCLAIRE Elia

    Bonjour,
    Je me tourne vers vous car mon cheval agé de 17 ans manque de respect à qui que se soit quand on le sort du pré pour soit le longer et le rentrer au box. Le problème et que lorsque je veux le sortir du pré j’ai juste le temps de lui mettre le licol et là il tourne la tête et part au galop, et je n’arrive plus a l’approcher. Quand j’arrive soit moi ou la pensionnaire à le sortir du pré pour le box il nous prend la main et part au galop dans les écuries pour rejoindre les copains. depuis je ne peux plus le monter car rester loin des autres chevaux qu’il partage au pré cela devient impossible. Que faire dans un cas pareil ? car la propriétaire de la pension me demande d’agir rapidement autrement je devrais enlever le cheval de la pension. Merci de votre aide.
    Elia

    • Bonjour,

      La situation que vous me décrivez est effectivement grave car elle vous met en danger, vous, votre cheval et les autres personnes qui sont amenées à s’en occuper.

      Votre cheval semble ne trouver aucun réconfort ni aucune sécurité auprès de l’humain, ce qui l’amène à rechercher la présence d’autres chevaux pour se rassurer. La première chose que je peux vous conseiller est donc de passer du temps avec lui sans rien lui demander, à prendre simplement soin de lui, à partager des moments agréables, sans sortir du pré, afin que votre présence lui devienne habituelle et sympathique. Vous devez nouer une relation avec lui. Ensuite, il vous faut devenir importante pour lui, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Pour cela, je vous encourage vivement à vous faire aider par une personne compétente car vous n’avez plus droit à l’erreur. Il s’agit d’apprendre à votre cheval à vous prêter attention, à vous faire confiance, et à trouver calme et cadre auprès de vous. L’objectif du travail est que vous puissiez, dans un premier temps au pré puis en dehors, approcher votre cheval et l’appeler vers vous, lui demander de marcher à vos côtés, de s’arrêter lorsque vous vous arrêtez, et de vous suivre où que vous l’emmeniez. Ce travail vous apprend à lui prêter une réelle attention, à devenir responsable de lui et à lui expliquer sa place. En vous montrant douce mais ferme et en lui donnant un cadre, vous lui prouvez qu’il peut se reposer sur vous et vous faire confiance pour le guider. Vous commencez à utiliser un langage corporel et énergétique qu’il comprend, donc il commence à vous écouter. Vous devenez alors signifiante, et il vous transfert la confiance qu’il a en ses congénères. Alors seulement, vous pouvez le sortir en sécurité en toutes circonstances. Ce problème peut être réglé définitivement en une seule séance, à condition que vous soyez guidée.
      Où habitez-vous, votre cheval et vous?

  11. mathieu

    comment faire avec une ponette agée de 10mois pour lui apprendre à marcher en longe.
    ce que je dois pas faire ?
    merci bien cordialement Marie

    • Oh cela est un sujet un peu vaste pour y répondre dans un commentaire! Il faudrait consacrer à cette question tout un article!

  12. Margot

    Article très intéressant. J’ai souvent entendu parler de cette bulle, et je n’ai jamais vraiment réussi à le mettre en pratique, car ça ne me convenait pas vraiment. Du coup j’avais peur de faire faux, d’être « trop proche ». Ayant une jeune jument, et voulant lui apprendre le respect dès le départ, ça me trottait un peu dans la tête… Mais malgré que l’on soit proches (elle se met volontiers près de moi, aime me sentir, chercher des calins etc…), jamais elle ne m’a bousculée, ou marché sur les pieds, ni mordu. Si elle devait avoir un geste déplacé je réagis, et cela suffit. J’estime donc que le respect et la distance sont deux choses différentes, et votre article me rassure sur ma manière de faire…

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