Ma façon de parer

par Équinessentiel dans Non classé, Parage | 6 commentaires

Des méthodes de parage, il en existe des tas, et elles ont un certain nombre de différences. Je ne l’ai pas encore fait, alors il est temps que je vous explique quelle est ma façon de parer.

 

Très rapidement lorsque j’ai commencé à travailler en ostéopathie, j’ai réalisé que l’équilibre des pieds était inséparable de celui de l’équilibre général du cheval. Simplement parce que l’état et la forme des pieds influencent grandement la posture comme la locomotion du cheval. Aussi, une formation en parage m’apparaissait comme une évidence, pour disposer d’une vision plus globale de l’équilibre du cheval et pour aider mieux encore les chevaux que je soignais, en rééquilibrant leurs pieds également.

 

A cette époque, j’ai rencontré Claudine Hertzog, de sos sabots. Elle s’était montrée efficace à soulager la boiterie d’un cheval que je connaissais bien, alors j’ai accepté son invitation à me former chez elle. J’ai donc suivi sa formation professionnelle et l’ai remplacée un bon moment suite à une blessure, ce qui a été l’occasion pour moi de parer avec elle de nombreux chevaux. Cette formation a été ma première approche du parage. Elle m’a permis d’apprendre à observer un pied et à manier les outils. Mais j’avais un problème : je n’avais pas de repère clair pour déterminer la hauteur des talons, et je ne les baissais jamais autant que la méthode l’aurait demandé. De plus, nombre de chevaux parés par sos sabots ont les pieds très sensibles, et je m’en suis vite aperçue. Pour moi, un cheval qui ne peut pas sortir de son box après un parage, c’était et c’est toujours inacceptable. Très vite, j’ai compris que le gros problème de cette méthode réside dans le fait qu’elle est basée sur un postulat avec lequel je ne suis d’accord. En effet, elle considère que la paroi est porteuse. Et du coup, creuser dans la sole et tailler dans les fourchettes ne pose pas de problème. Or, personnellement, je pense que sole et fourchettes sont porteuses et que la paroi a surtout un rôle de protection. C’est ce que je vous explique dans mon article sur le rôle des pieds. Partant de là, il est évident que je ne pouvais plus suivre cette méthode. La discussion étant impossible avec ma formatrice, j’ai dû chercher ailleurs. Heureusement, à la fin de ma formation, j’ai découvert grâce à une amie la méthode de Pete Ramey. Après avoir été maréchal pendant des années et avoir poussé au maximum sa maîtrise de la forge pour aider au mieux les chevaux qui lui étaient confiés, il s’est rendu compte qu’il avait beau préparer pour eux les fers les plus sophistiqués, certains continuaient de souffrir. Alors il a décidé d’abandonner les fers pour parer et laisser les chevaux pieds nus. Il ne fait plus que ça aujourd’hui car en les laissant pieds nus il arrive à tous les soulager. J’ai dévoré un premier de ses livres puis tous ses supports de formation et cela m’a donné la liberté de parer différemment, en laissant tranquilles soles et fourchettes pour qu’elles se développent au maximum. C’est donc de lui, finalement, que je m’inspire le plus dans mon travail, et je collectionne ses média! Même si je continue d’apprendre tout ce que je peux et à m’intéresser à toutes les méthodes, car je pense qu’il y a du bon dans chacune. C’est la raison pour laquelle j’échange autant que possible avec d’autres professionnels.

 

Alors, concrètement, quelle est ma façon de parer? Et bien pour faire simple, je mets la paroi au niveau de la sole, je travaille les barres, je réduits les évasements et à part dans de rares cas, par exemple en cas de pourritures importantes, je ne touche ni la sole ni la fourchette. Je cherche à aider le cheval à développer de belles fourchettes, des soles épaisses et de bonne qualité, des lignes blanches fines et saines et une paroi souple qui pousse bien droite depuis la couronne et qui ne porte pas. Je prends en compte la sensibilité de chaque cheval, le terrain sur lequel il se déplace, la discipline qu’il pratique, son état de santé, et ce que me dit son ou sa propriétaire à chaque nouveau rendez-vous. Bien évidemment, étant également ostéopathe, ma vision des pieds des chevaux va au-delà du simple fait de les parer. Je prête attention à leur état, reflet de l’état interne du cheval. A la façon dont le cheval me les donne, qui me renseigne sur ses tensions potentielles. A la façon dont il les use et donc à sa posture et à sa locomotion, car un soin peut s’avérer utile pour les améliorer. A la façon dont il pose chacun d’eux, car cela me renseigne sur des douleurs éventuelles. Et en fonction de ce que j’observe, je peux proposer une séance d’ostéopathie ou conseiller des soins à donner en interne ou à prodiguer en externe. Parallèlement, j’accompagne le ou la propriétaire pour lui permettre d’aider au mieux son cheval à vivre sa transition ou simplement à renforcer progressivement les pieds de son cheval. Car au-delà du parage et de l’alimentation, l’exercice et la stimulation des sabots sur des terrains divers sont des paramètres qu’il faut savoir bien gérer et qu’il ne faut pas négliger si l’on veut bien vivre avec son cheval pieds nus.  Mon objectif : que le cheval développe des pieds forts dans lesquels il soit le plus à son aise possible. Et pour cela, il faut impérativement avoir une vision globale du cheval! Comme vous pouvez le voir sur les photos, cela passe aussi par l’utilisation d’une position basse, adaptée à la morphologie du cheval, à sa taille, et à ses douleurs ou raideurs potentielles. 

 

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C’est pourquoi je ne peux ni ne veux en aucun cas être considérée comme une « orthopédiste » et je ne revendique surtout pas l’appartenance à cette méthode « sos sabots » à laquelle je n’adhère pas. Je pare à ma façon, en fonction de ce que le cheval m’indique. Je remets chaque jour mon travail en questions parce que c’est ainsi qu’on progresse, et je ne me rattache pas à une méthode particulière. Je prends le cheval là où il en est, avec de beaux pieds ou avec des sabots parfois très dégradés, et je fais le maximum pour l’aider à développer à son rythme des aplombs optimaux, des sabots aussi sains et confortables que possible, sans jamais le faire souffrir, parce que la vie c’est le mouvement et qu’un cheval est fait pour se déplacer autant que possible. Avec tous les chevaux, j’ai des résultats rapides et je constate de belles évolutions tant dans l’état de leurs pieds que dans leur locomotion, leur musculature et même leur humeur. C’est donc que je suis sur un bon chemin!  

 

Laure Souquet
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equinessentiel(a)gmail.com

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  1. cécile borghini

    super article , j’adhère complètement merci

  2. sarah

    Bonjour pour un cheval panard lorsqu’on redresse l’aplomb le boulet n’est plus dans l’alignement mais le sabot est mieux orienté. Selon vous que faut il privilégier

    • Bonjour,

      Selon moi, il y a deux choses à différentier lorsqu’on observe un cheval panard (ou avec n’importe quel problème d’aplomb). D’abord, l’axe du membre. Il convient de noter d’où part le problème. Par exemple, de l’épaule, du carpe, du boulet? La déviation proprement articulaire ne sera pas corrigée, à moins bien entendu qu’elle ne soit pas congénitale mais engendrée par un problème ostéopathique. De deux, on observe le déséquilibre du sabot. Chez un cheval panard, on aura un appui plus important en interne, et un levier parfois énorme en externe. C’est ce déséquilibre là que le parage doit corriger et c’est là sa limite. Le pied doit être rééquilibré comme n’importe quel autre pied, sans tenter de redresser quoi que ce soit de force. Sinon, on imposerait aux appareils ostéo articulaires du cheval des contraintes anormales. Ce qui serait dangereux. Le rôle du parage n’est pas de « redresser » les aplombs du cheval, mais de lui permettre de développer les sabots les mieux adaptés à sa morphologie, afin qu’il se déplace toujours aisément et sans douleur.

      Je détailler cela dans un article.

  3. VOSS Gerard

    Bonjour LAURE
    Bel article sur le parage qu’il ne faut absolument pas réaliser soi-même sans un MINIMUM de formation, de connaissances anatomiques, de fonctionnement du pied et la locomotion dynamique
    Je partage complétement votre approche et les bases de travail sur le pied . Il faut fuir comme la peste toutes méthodes qui considèrent que la paroi est porteuse, qu’il est nécessaire de sculpter la sole pour lui donner la concavité qu’elle doit avoir naturellement, être compacte épaisse. Cette fourchette que tous les MF taillent sans merci pour être belle sans respecter sa fonction .
    Je vous invite à consulter le blog de « podologie équine libre » de Guillaume PARISOT, peut-être le connaissez vous déjà,ce blog est une mine d’informations bien documentées sur des bases sérieuses vérifiées et qui se vérifient dans la pratique par les résultats obtenus .
    Des stages sont également proposés sur 2 niveaux avec la collaboration d’une ostéopathe N2
    Je n’ai aucun intérêt particulier à promouvoir ce blog et les stages de Guillaume, mon seul soucis est que les chevaux soient enfin bien dans leurs sabots et que nous soyons le plus possible à les voir profiter de toutes leurs capacités physiques et mentales, nous leurs devons ça et bien plus encore.

    Merci à vous car vous en faites partie.

    Gérard

    • Bonjour,

      Je connais bien ce blog, comme la plupart des gens qui s’intéressent au pied nu 😉

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