Le début d’une relation

par Équinessentiel dans Phoebus, Relation | Pas de commentaire

Voilà un peu plus d’une semaine que le beau Phoebus a rejoint mon troupeau. Il est temps de vous raconter le tout début de notre relation. 

 

Dès le premier jour, j’ai pu constater que Phoebus est timide avec l’humain. Il vient volontiers voir ce qui se passe mais n’a guère l’envie de se laisser approcher et surtout toucher. C’est son droit, et je le respecte. Moi non plus je ne me laisse pas toucher par des inconnus. Souvenez-vous de l’article sur les chevaux et les câlins. Le contact physique est réservé aux intimes et certains chevaux n’en sont vraiment pas friands. Il est timide, et c’est bien ainsi. Par contre, il se laisse mettre le licol sans problème et dès qu’il l’a, c’est comme s’il nous disait : « vas y, fais ce que tu veux ». Il devient sage comme une image. Bien trop sage. Je pense qu’il n’a pas appris à échanger avec l’humain mais bien à lui obéir. Ce n’est pas ce que je cherche. J’ai donc décidé de lui laisser tout le temps de découvrir un autre rapport. 

 

Comme chaque fois, pour moi cela se déroule tout d’abord en liberté, dans le troupeau. Pas question de le forcer à quoi que ce soit. Je veux que son désir de partager du temps avec moi soi sincère, je veux gagner sa confiance et qu’il sache qu’il aura toujours le droit de s’exprimer, et donc aussi de ne pas être d’accord ou désireux de me suivre. Au milieu de ses trois nouveaux amis, je ne me facilite pas la tâche! Qu’importe, l’essentiel à mes yeux est son bien être. 

 

Dans un premier temps, mon objectif est qu’il apprenne que je veux simplement obtenir son attention. Pour cela, je me dirige vers lui et chaque fois qu’il me regarde, je relâche la pression en m’éloignant puis simplement en m’arrêtant et en baissant les yeux. Il comprend de suite. Alors petit à petit j’en demande un peu plus et le voilà qui se tourne vers moi chaque fois que je m’approche de lui. C’est gagné, j’ai son attention. Cette étape a été très rapide. 

 

Ensuite, j’ai commencé à lui apprendre à se laisser guider par moi. Je lui demande de marcher, et de s’arrêter dès que je m’arrête. Au départ, je joue un jeu de mimétisme : c’est moi qui m’arrête en même temps que lui. Il comprend ainsi qu’il peut communiquer avec moi. Puis, c’est moi qui demande l’arrêt, simplement en prenant un pas d’avance sur lui et en m’arrêtant moi même. Il est si sensible qu’il s’arrête de suite, mais un peu en stress. Alors j’ai changé de tactique : je m’arrête simplement, sans avoir fait un pas vers son épaule. Puisqu’il a appris à me donner son attention où que je sois, dès le premier essai il s’arrête lui aussi mais en faisant demi tour pour me faire face. Ce n’est pas tout à fait ça, mais on rectifiera quand il sera plus serein. Du coup, j’ai la mise en avant et l’arrêt à l’épaule en liberté. A l’épaule oui mais à la distance qu’il a choisie lui, c’est à dire hors de portée de bras. Encore une fois, c’est sans importance. Dans ces premiers échanges, tout ce qui importe est que nous mettions en place un mode de communication. Qu’il comprenne qu’il est possible de se faire comprendre de moi et de me comprendre. Il est à peine là depuis 10 jours, j’ai été là moins de la moitié de ces jours et je compte bien l’accompagner une bonne trentaine d’années, alors nous avons tout notre temps!

 

Dimanche, j’ai obtenu ses premiers pas en aspiration vers moi, toujours en liberté. Une grande victoire pour nous deux!

 

Je vous rappelle que je travaille comme à mon habitude sans nourriture. Sa seule récompense est une pause à mes côtés, dans le plus grand calme intérieur. De la même façon que je l’ai fait pour Zéphyr, je lui apprends à ressentir avant tout mon intention. La légèreté d’une communication se travaille dès le début. Cela demande une grande présence à soi, mais c’est de toute façon un préalable à tout échange avec un cheval, à mon sens. 

 

Comme vous pouvez vous en rendre compte, construire une relation avec un cheval est pour moi un objectif en soi. Et rien ne peut me décider à griller des étapes, à contraindre le cheval, à manquer de respect à sa sensibilité ou à le brusquer. Quand il me fera confiance, se sentira serein en ma présence et libre de s’exprimer, alors nous pourrons commencer à « travailler ». D’ici là, je profite de chaque petit moment pour lui rendre visite, et il me faut aussi partager ce temps avec les trois autres. C’est l’occasion pour lui pour de les voir évoluer avec moi et de comprendre qu’ils le font avec plaisir. Une façon de lui donner un avant gout de la relation que nous pouvons construire!

 

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Cette semaine, je n’aurai vraiment de temps pour mes chevaux que jeudi et samedi. Je vous retrouve donc en début de semaine prochaine pour vous raconter nos progrès. 

 

Laure Souquet
laure.souquet@wanadoo.fr
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