La dermite estivale

par Équinessentiel dans Santé | 8 commentaires

Se gratter jusqu’au sang, se jeter à terre et s’arracher les crins contre le tronc d’un arbre, voilà à quoi se résume la vie d’un cheval atteint de dermite estivale pendant ce que nous appelons la « belle saison ». Bien triste et douloureuse existence qu’il convient de tout mettre en jeu pour soulager.

 

Comme toujours, le problème ne se situe pas là où il le semble. A savoir que la peau n’est pas en cause même si c’est elle qui démange le pauvre cheval à le rendre fou. La dermite désigne en effet une inflammation du derme, couche profonde de la peau. Mais ce qui est intéressant est de comprendre pourquoi le derme s’enflamme. Une fois encore, le problème est plus complexe qu’il ne le semble et en le comprenant bien on peut agir sur la cause au lieu de ne traiter que les symptômes.

 

En médecine vétérinaire, on s’accorde à dire que la dermite estivale récidivante équine est une réaction allergique à des piqûres de petits moucherons appelés cullicoïdes. Et il est vrai que pour beaucoup de chevaux les symptômes sont d’autant plus forts au printemps et à l’automne, lorsque ces insectes sont de sortie. Toutefois, ce n’est pas le cas de tous les chevaux qui se grattent dès le retour des beaux jours. Il y a donc d’autres facteurs en jeu et différents types de dermite. Pour simplifier les choses, je vais m’occuper uniquement de celles qui peuvent mériter le nom d’ « estivales » car elles se manifestent à cette période. Puisqu’il est très difficile de savoir si le cheval est réellement allergique aux cullicoïdes, aux piqûres d’autres types d’insectes ou si ses démangeaisons viennent de tout autre chose, il vaut toujours mieux prendre en compte toutes les hypothèses. D’autant que différents types de dermites s’expriment souvent en même temps.  

 

A force de se gratter, la peau se kératinise et s’épaissit.

 

La dermite estivale apparaît généralement dans les jeunes années du cheval, entre deux et quatre ans. Aucune étude ne s’y est jamais intéressée mais j’ai pu constater en parlant avec de nombreux propriétaires de chevaux atteints de dermite que celle-ci se déclare presque toujours (je dis presque parce que je ne peux prouver que ce soit toujours le cas) suite à une séparation traumatisante d’avec la famille ou les amis de pré du cheval touché. On n’insiste pas assez sur ce point mais les chevaux sont vraiment des animaux grégaires et sociaux qui peuvent nouer entre eux des liens très forts. Dès lors, les séparer des leurs provoque souvent de gros traumatismes qui laissent des traces. Je pense que c’est d’autant plus fort lorsqu’il s’agit du premier troupeau qu’ils ont formé après sevrage. Car à ce moment, ils se retrouvent privés de leur mère de façon rarement naturelle et leur désarroi les pousse à rechercher très activement l’amitié et la protection d’un autre cheval. Les liens qu’ils nouent à ce moment sont d’autant plus forts qu’ils sont en train de se construire et ont besoin des autres pour cela, exactement comme nous lorsque nous sommes ados et nous identifions à notre groupe d’amis. Si vous vous souvenez de vos amitiés d’adolescent(e), imaginez qu’on vous ait brusquement séparé(e) de vos ami(e)s du jour au lendemain, pour toujours et sans aucune possibilité de contact ni explication. Cela vous donnera surement une idée de ce que peut ressentir un jeune cheval séparé de son troupeau à cette période. L’événement étant brutal et incompréhensible, le cheval ne parvient pas à l’accepter et une réaction apparaît dans son corps. Ce peut être une dermite, une allergie aux acariens ou aux moisissures du foin ou même une maladie n’ayant rien d’une allergie. Le cas qui nous intéresse étant l’allergie, pourquoi prend-elle si souvent la forme d’une dermite? Parce que beaucoup d’entre nous travaillent leurs chevaux à la belle saison et les achètent donc à cette période. La chaleur et la présence des insectes, par exemple, s’inscrivent dans le cerveau en association avec la séparation brutale d’avec les amis et dès lors ces facteurs sont reconnus comme synonymes de danger et le corps s’en défend avec une force anormale. Le lien entre allergie et traumatisme étant bien connu en médecine humaine, je pense qu’il est temps de le reconnaître également en ce qui concerne les animaux. Parce que peu importe ce que vous mettrez en place, si rien n’est fait pour identifier et libérer la mémoire de souffrance à l’origine du déclenchement de l’allergie du cheval, elle continuera d’exister et de se manifester à chaque saison. Et il ne suffit pas d’identifier le traumatisme pour guérir votre cheval. Il faut que la mémoire soit acceptée dans tous les états de sa matière, et ceci ne peut se faire simplement en en parlant. Pour traiter ce type de problème, j’ai recours à l’étiothérapie. Une thérapie encore réservée aux humains et que j’ai adaptée aux animaux afin qu’ils puissent en profiter, car en travaillant sur les mémoires inconscientes inscrites dans leurs tissus, elle permet une libération profonde et durable de leurs souffrances et joue un rôle important dans la guérison de nombreux maux. Pour certains cas de dermite, une seule séance suffit à soulager le cheval. Dans de plus rares cas, la problématique est complexe et bien ancrée et plusieurs séances sont nécessaires pour remonter jusqu’aux sources du problème. Mais quoi qu’il en soit, c’est une étape que je vous conseille fortement de ne pas sauter si vous souhaitez soulager durablement votre cheval, qu’il soit allergique aux piqûres de cullicoïdes ou d’autres insectes tels que taons, mouches, tiques, etc.

 

Des piqûres de guêpes, par exemple, peuvent aussi déclencher des réactions allergiques et des démangeaisons.

 

Comme les choses ne sont jamais aussi simple, l’allergie n’est pas en réalité la seule explication aux démangeaisons estivales des chevaux, et plusieurs facteurs se croisent régulièrement. On peut en effet remarquer que ce sont souvent les mêmes types d’équidés qui sont atteint de dermite estivale : poneys, arabes, ibériques, Mérens et autres chevaux de ce type, ânes ou mulets. L’hypothèse d’une prédisposition génétique est probable, mais on peut aussi simplement remarquer que ces races ont toutes pour point commun d’être rustiques et de se contenter de très peu pour vivre. Or, dans nos pays l’herbe est trop riche pour elles. On en revient au même point que dans bien des problèmes de santé : le surpoids. La grande majorité des animaux souffrants de dermite estivale sont trop gros. En quoi cela peut-il bien jouer sur la déclaration d’un problème de peau? C’est très simple. Une alimentation trop riche surcharge l’organisme en toxines qu’il peine à évacuer par les émonctoires principaux que sont les intestins par exemple. Ce sont alors les autres qui interviennent, comme les poumons et la peau. On le voit nous mêmes quand on fait des excès de chocolat et de pâte à tartiner : notre peau devient grasse et des boutons y apparaissent facilement à cause de cet excès de sébum. Chez le cheval, c’est le même principe. Plus son alimentation est riche et plus sa peau est grasse et attire les insectes. Sans compter qu’un animal gros gère moins bien la chaleur et transpire davantage. Lorsque la transpiration sèche, la peau démange et les insectes sont attirés par l’odeur plus forte du cheval. Une raison de plus de faire maigrir votre cheval s’il est en surpoids! Le surpoids n’étant pas la seule cause de surcharge de l’organisme, toutes les causes d’intoxication doivent être passées en revues, notamment si plusieurs chevaux d’un groupe commencent à se gratter. Par exemple, pensez à la qualité de l’eau. Celle-ci est d’autant plus importante que des chevaux manquant d’eau ou qui en boivent peu parce qu’elle ne leur convient pas auront davantage de difficultés à nettoyer leur organisme. De plus, la déshydratation assèche la peau et peut provoquer chez les cheval des réactions assimilables à un eczéma chez l’humain. Les conditions de vie de votre cheval sont donc déterminantes dans la gestion d’une dermite et leur amélioration contribue grandement à en diminuer les symptômes.

 

Même s’il ne dispose pas d’arbres auxquels se gratter, le cheval peut se blesser à force de se rouler avec insistance.

 

Bien sûr, cela ne doit pas vous empêcher de chercher à limiter la quantité d’insectes et leur capacité de nuire à votre cheval en éliminant les crottins du pré, en choisissant une parcelle éloignée de points d’eau riches en taons et moustiques et pourvue d’un abri naturel ou artificiel, en couvrant votre cheval d’une couverture moustiquaire ou en lui appliquant des insectifuges ou insecticides naturels. Il vaut également mieux veiller à ce qu’il n’ait pas la possibilité de se gratter à des murs ou des troncs d’arbres qui le blesseront. Et il vous sera reconnaissant d’apaiser sa peau grâce à des lotions limitant les démangeaisons et l’inflammation et permettant la cicatrisation des plaies et leur désinfection. Mais ça ne reste qu’un ensemble de solutions extérieures et superficielles qui ne débarrasseront jamais votre cheval de sa dermite. La seule véritable solution consiste à travailler sur la cause pyscho émotionnelle de cette affection tout en adaptant mieux la vie du cheval à ses besoins. Un cheval bien dans sa tête, mince, vivant dans un pré à l’herbe peu riche avec une eau et des compléments en oligo-éléments et minéraux de qualité, au milieu d’un troupeau actif et équilibré au sein duquel il a sa place, n’a aucune raison de continuer à souffrir d’une dermite. J’en ai d’ailleurs eu la preuve en voyant une jument que je connais bien cesser de se gratter suite à un changement de lieu de vie et de troupeau, et recommencer à le faire à son retour chez elle dans son ancien troupeau. Ou en soulageant une ponette bien atteinte qui ne s’est plus jamais grattée grâce à une séance de libération émotionnelle  associée à un traitement par des élixirs prolongeant les effets de la séance et qui lui ont été donnés pendant un mois.

 

Voici comme je prends en charge un cheval atteint de dermite.

 

Tout d’abord, je rencontre l’animal afin de me rendre compte de son état général et d’en apprendre davantage sur ses conditions de vie et son alimentation. Cela me permet déjà d’identifier avec le propriétaire ce qui pose problème et peut être amélioré. Souvent, cela consiste à mettre en place des solutions pour faire perdre du poids au cheval et l’aider à se sentir mieux dans corps. Par exemple, gérer la pâture différemment, lui mettre un panier Greeguard, cesser de le complémenter en grains ou de lui distribuer des seaux de friandises,  lui faire faire davantage d’exercice, etc. Suivant ce que j’observe, je peux aussi conseiller des produits tels qu’un drainant, un amincissant, un produit limitant les réactions allergiques ou améliorant la santé de la peau.

 

Ensuite, je propose une séance d’étiothérapie, ou un suivi si cela s’avère nécessaire. Ce qui permet de libérer en profondeur les mémoires inscrites dans les cellules du cheval et qui s’expriment par un déséquilibre biologique. C’est aussi un bon moyen de mettre en évidence des problématiques ou situations actuelles qui réactivent ces mémoires comme des problèmes relationnels au sein du troupeau, un récent changement d’écurie ou de pré ou toute autre situation déstabilisante pour le cheval.

 

Enfin, une séance d’ostéopathie libère le corps du cheval des blocages et tensions qui le gênent et peuvent faire suite à ses contorsions pour se gratter. Cela relance également ses capacités à évacuer les déchets relâchés lors de la libération des tensions émotionnelles et physiques et lui redonne la possibilité et les ressources nécessaires pour retrouver sa santé et son équilibre.

 

La gestion d’une dermite soit donc s’envisager sous un angle très large, prenant en compte tous les aspects de la vie du cheval. Ce peut être un long chemin, mais sa guérison le vaut bien!

 

Laure Souquet
0033 6 19 12 02 37
equinessentiel(a)gmail.com

 

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  1. flouirac nicole

    Bonjour,
    Votre sujet sur les dermites estivale est très intéressant et vous remercie pour votre partage.

    Cordialement Nicole

  2. paty lesalle

    J’ai une question un peu idiote… Est ce que les elixirs que vous proposez pour les chevaux peuvent ils être utilisés par les humains…
    (Je pense au « drainant » et « pour l’immunité ».
    Si oui, quelles posologies proposez vous ?

    Super article concernant la dermite, c’est une approche peu connue des propriétaires (et de la médecine allopathique…) qui mérite d’être  » méditée »… on a encore beaucoup de chemin à faire pour faire comprendre aux gens que le psychique animal n’est pas si loin du notre… merci

    • La question n’est pas du tout idiote! Justement, ils sont au départ destinés aux humains, ce qui est un gage de qualité, et j’ai eu autant de bons résultats en les utilisant sur des patients humains qu’animaux. Vous pouvez donc les utiliser pour vous, en gardant la même posologie.

      J’espère que le travail sur les traumatismes émotionnels deviendra bientôt une évidence pour tous ceux qui soignent les animaux!

  3. Agnes.Lecuire

    Bonjour. Quelle est la différence entre la kynesio et l etiotherapie ?

    • Bonjour,

      La kinésiologie s’appuie sur des tests musculaires qui donnent une réponse binaire (oui/non) alors que l’étiothérapie fait appel à l’analyse du pouls de Nogier, dont les réponses sont beaucoup plus variées et subtiles.
      Et ces deux approches diffèrent par la philosophie et la vision de la vie et de l’être qui les sous tendent. L’étiothérapie, notamment, repose sur la notion de ternarité tant dans les outils qu’elle utilise que dans l’interprétation des réponses qu’ils donnent.

  4. Polart Timoune

    Un super article, merci beaucoup

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