Les évasements

par Équinessentiel dans Parage | 5 commentaires

Les évasements sont une des choses les plus faciles à remarquer sur un pied. Votre cheval en présente-t-il? Savez-vous à quoi ils sont dus et ce qu’ils impliquent? Quelques éléments de réponse ci-dessous!

 

Vous pouvez facilement identifier un évasement en observant la façon dont pousse la paroi. Si elle est bien rectiligne depuis le haut jusqu’en bas du pied, tout va bien. Par contre, si après le premier centimètre de pousse la paroi change de direction pour partir davantage vers l’extérieur, vous êtes face à un évasement. Cela se produit lorsque la paroi pousse trop. Pourquoi? Lorsque le cheval met du poids sur son pied, sa paroi pousse droit. Là où il n’en met pas, la paroi, qui n’est plus soumise à une contrainte suffisante, tend à s’horizontaliser. C’est à dire qu’elle s’évase vers l’extérieur. Aussi, si le pied de votre cheval présente un évasement en interne par exemple, alors que la partie externe de la paroi est droite, vous pouvez en déduire qu’il porte du poids sur la partie externe de son pied seulement. Dans ce cas, plus son pied pousse et plus l’évasement grandit. Et plus l’évasement grandit plus le pied tourne vers l’intérieur. Son pied est donc cagneux. 

 

En quoi un évasement est-il dérangeant? D’abord, parce qu’il est douloureux. En effet, l’évasement de la paroi lors de sa pousse excessive crée une pression au niveau de la couronne ainsi qu’un étirement douloureux des lamelles qui rattachent la paroi à l’os du pied. Essayez de tirer votre ongle vers le haut, vous le constaterez facilement! Ensuite, un évasement apparaît dans une zone où la paroi ne porte pas de poids, donc il met en évidence un défaut d’aplomb. Et qui dit défaut d’aplomb dit utilisation et usure anormales des articulations, donc risques d’apparition de tendinites et/ou d’arthrose prématurée. Par exemple, si l’évasement concerne la pince ou bien l’ensemble du pied, alors le cheval est forcé de reporter son poids sur ses talons, qui s’écrasent et deviennent fuyants. Ses tendons fléchisseurs sont alors soumis à de fortes contraintes, ce qui peut être la cause de l’apparition d’un syndrome podotrochléaire, mal appelé « maladie naviculaire ». 

 

Il faut donc agir! Et rapidement car ce problème s’auto-entretient. Tout simplement parce que plus la paroi pousse plus l’évasement s’aggrave, plus la douleur augmente et donc moins le cheval peut mettre de poids au niveau de l’évasement. Alors ne laissez pas traîner un pied qui s’évase.

 

Heureusement, un bon parage peut soulager rapidement votre cheval. Comment? D’abord, il convient de couper l’excédent de corne, en positionnant la pince horizontalement, au niveau de la sole. Ainsi, on supprime la pression sur la paroi! Puis, les évasements sont réduits grâce à un travail de pariétale externe, à la râpe, afin que la paroi nouvellement créée ne suive pas cette tendance à s’horizontaliser.

 

Voilà un petit exemple du rendu après premier parage sur un pied très évasé :

 

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Bien évidemment, le résultat obtenu là n’est qu’extérieur, et les structures internes n’ont pas été modifiées d’un coup de baguette magique. Mais les tensions douloureuses ont été éliminées et le cheval peut de nouveau utiliser son pied de façon la plus équilibrée possible. C’est là le plus important. De ce fait, le sabot peut continuer de pousser sans être entraîné dans ses déséquilibres, et profiter d’une répartition du poids homogène sur toute sa surface pour développer des structures internes harmonieuses et saines. Intérieurement, lorsqu’un sabot est déformé, il faut compter en terme d’années pour qu’il retrouve une parfaite santé. En attendant, on peut l’y aider par un parage régulier et adapté. 

 

Laure Souquet
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laure.souquet(a)wanadoo.fr

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  1. Paty LESALLE

    Très intéressant et instructif. J’ai un anglo dans ce cas de figure, sans que jamais un maréchal n’ait pare de cette façon.. La prochaine fois, je sera plus exigente… Merci infiniment.
    (Je lis tous vos articles, tous très pertinents…j’attends le prochain avec impatience)

  2. Voss Gerard

    Sur le pied d’un cheval la paroi n’est pas porteuse. C’est la sole periphérique ou sole primaire qui doit etre porteuse
    Si la paroi touche le sol et s’use sur un sol dur et abrasif la paroi ne s’évase pas, par contre, lorsque la paroi n’a pas la possibilité
    de s’usée, elle depasse alors le plan de sole donc supporte le poids sans en avoir la capacité mécanique de plus si le cheval est en milleu humide, la corne se ramollie s’évase et se fend créant des seimes.
    Pour éviter les évasements il suffit de couper la paroi au niveau de la sole et de plus réaliser un chanfreinà 45 degrés sur tout le tour du sabot et réduire l’evasement par un limage sur la partie dorsale de la paroi
    Le parage doit intervenir dès que la parois dépasse de plus de 3 mm du plan de sole
    Si les ongles de la main sont très longs, ils se mettent e crochetsvre le paume.,mis si les doigts étaient en appui constant surle bout l’ ongle s’évaserait également.
    Il faut admettre que la paroi n’ est que l’ongle du cheval et elle n’ est que pou protéger le pieb des chocs comme le fait notre ongle sur nos doigts et non pour porter du poids
    Etes vous en accord avec cette théorie?

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