Établir de bonnes bases

par Équinessentiel dans Phoebus | Pas de commentaire

A l’arrivée d’un nouveau cheval, il ne suffit pas d’apprendre à se connaître. Il faut aussi lui présenter les habitudes de vie avec les humains qui seront les siennes. C’est important car les chevaux sont rassurés par la routine. Les gestes quotidiens participent donc aussi à leur équilibre.

 

Cette semaine a été riche en événements pour Phoebus. Il a découvert un certain nombre de choses qui font mon quotidien avec mes chevaux. Et notamment les soins.

 

Comme je le fais régulièrement pour les 3 autres, il a découvert la cure d’EM. La première fois, je lui ai passé le licol pour lui présenter la seringue. Tout doucement, je l’ai approchée du coin de sa bouche, glissée entre ses lèvres bien au fond et j’ai fait couler le liquide petit à petit. Il n’a pas eu peur et dès le lendemain, il a fait comme les autres : en liberté! Quand j’arrive avec ma bouteille, ils se mettent tous autour de moi et chacun est servi à son tour. J’ai intérêt à ne pas lâcher la bouteille, sinon l’un d’eux essaie toujours de se servir tout seul et ça ne se termine pas très bien pour la bouteille… Phoebus prend donc très bien la seringue tout seul, par contre il faut faire attention car il essaie de la voler et m’en a déjà cassé deux!

 

Puis, il a eu son deuxième parage avec nous. Le premier avait été fait à son écurie, avant son arrivée. Avant cela, il avait été paré une fois puis ferré. Cette fois, c’était au parc comme tout le monde. Il a bien observé le parage que Kevin a fait à Valo, puis, après Zéphyr,  je me suis occupée de lui. Je n’attache jamais mes chevaux à un support fixe, et d’ailleurs je les attache très très rarement. J’estime qu’avec un animal qui a tant besoin de pouvoir fuir en cas de danger, c’est une source de danger inutile. Cependant, pour un troisième parage à ce poulain de bientôt ans, j’ai préféré lui demander de ne pas bouger. Je l’ai donc attaché par un nœud très lâche  à un piquet plastique planté au milieu du champ. Comme on pouvait s’y attendre au vu de sa gentillesse, il a été très sage pour son âge. Quelque fois, il a voulu reprendre son pied, mais il ne s’est pas appuyé sur moi, n’a pas été violent, ne m’a pas poussée. Il s’est montré respectueux. Et ceci parce que nous avons commencé à apprendre à communiquer tous les deux, parce que j’ai attendu pour le faire qu’il soit bien apaisé dans son nouvel environnement et son nouveau troupeau, et parce que tout s’est passé dans la douceur. Encore une bonne expérience ensemble, donc! Et je suis sûre qu’il ne sera pas long à pouvoir être paré en liberté au parc, comme les autres. Nous le faisons très régulièrement, aussi ce sera vite une habitude.

 

Enfin, nous avons fait nos premières sorties monté. Cela vous surprend ? Moi aussi à vrai dire. Je sais qu’il a été débourré aux trois allures en Espagne, au moins en carrière. Pourtant, j’avais décidé de ne pas le monter avant que nos bases à pied ne soient bien avancées. Et finalement, il s’avère que d’être monté est le seul échange qu’il ait eu avec les humains jusque là. Il sait ce que l’on attend de lui dans cette situation. Alors nous avons fait un petit tour dehors, avec Valoroso monté par Kevin. Phoebus a été adorable. Il n’a eu peur de rien. Ni des bûcherons qui coupaient et brûlaient du bois au bord du chemin, ni du boxer tout excité (un boxer quoi!lol!) qui nous a foncé dessus en aboyant derrière sa clôture. Il était derrière son ami, tout aussi zen que lui malgré ses 5 ans, et la balade, bien que très courte, a été très agréable. Du coup, pour changer de parc, nous avons demandé à deux amis de nous aider. Monté, la balade était bien plus facile pour Phoebus. Il n’avait qu’à suivre son troupeau! Quand on prend soin d’un cheval, il faut être prêt à s’adapter à lui, à son passé, à ce qu’il connaît, même si pour cela il faut remettre en question nos propres habitudes et même nos idéaux. 

Bien entendu, j’ai continué de lui demander de petites choses en liberté, afin de créer des habitudes de vie et de communication. Il est toujours un peu sur la réserve parfois, quand il n’est pas trop sûr de ce qu’il doit faire. Mais à présent son réflexe est de se rapprocher de moi dans ces cas là, et il est toujours le premier à venir à notre rencontre lorsque nous arrivons. Il a intégré le fait que notre présence parmi eux est toujours positive. Ils reçoivent tous de l’attention, des massages où ils en ont envie, des soins si besoin, et toutes nos interactions se font dans la douceur.

 

Nous ne venons jamais à heures régulières, ne faisons pas chaque fois les mêmes choses avec chaque cheval, mais notre attitude, notre façon de dire bonjour et de communiquer sont toujours les mêmes. Cette constance rassure nos chevaux, et notre présence quotidienne également. Un cheval peut très bien vivre les imprévus, du moment qu’ils s’inscrivent dans une routine quotidienne. C’est pour cela qu’il est si important de prendre son temps avec un cheval. Quoi que l’on veuille lui proposer un jour, plus on lui aura accordé de temps pour construire des bases solides et rassurantes, plus on pourra aller loin et sereinement.

 

En prenant notre temps, nous en aurons gagné beaucoup!

 

Laure Souquet
laure.souquet@wanadoo.fr
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