Éduquer c’est maltraiter?

par Équinessentiel dans Chiens, Éducation | 11 commentaires

Voici un commentaire qui a été posté sur un de mes articles sur l’éducation, « les règles de base 2″ :

« Ça fait peur. La dominance entre nous et le chien n’existe pas. Et heureusement. Je ne suis pas la dominante. Mais une humaine. Elle mange avant moi, dort dans le salon, monte sur le canapé pour les câlins. Et figurez vous qu’elle m’a pas encore mangé!! Elle est au barf en plus. Dommage, j’avais besoin d’une ostéopathe. Je vais chercher ailleurs. »

 

Je remercie Melle Plissier pour cette intervention car elle illustre très bien le fait que pour beaucoup de gens, éduquer un chien et lui poser des limites c’est être méchant avec lui. Et vous, qu’en pensez-vous? Vous qui m’avez rencontrée, pensez-vous que mes chiennes soient maltraitées et malheureuses? Et s’il s’agissait de poser des limites à des enfants, qu’en penseriez-vous? Les vôtres n’ont-ils pas l’obligation de se montrer polis, de ranger leur chambre, d’être au lit à une certaine heure etc? Sont-ils pour autant malheureux? Alors pourquoi serait-ce différent pour les chiens?

 

Une petite remarque spécifique pour répondre à votre « Et figurez-vous qu’elle ne m’a pas encore mangée!! ». Une personne de ma connaissance a plusieurs chiens de type mâtin. Elle a un jour laissé ses chiens à une amie qui occupait sa maison pendant ses vacances. Le premier jour, alors que cette amie sortait du frigo un poulet pour se préparer à manger, les chiens ont grogné en se rapprochant d’elle. De peur, le poulet lui a échappé des mains et elle a dû les laisser se le partager. Dès lors, elle n’a plus pu faire un geste dans la maison sans se voir entourée de chiens menaçants. Elle a réussi à s’enfermer dans une pièce et la propriétaire a dû rentrer précipitamment pour la libérer de la maison et reprendre en main ses chiens. Alors pour un chihuahua ou autre petit chien c’est peut être symbolique mais un chien reste un chien…

 

Autre exemple : Une voisine avait une chienne sharpei avec un caractère très dominant avec les autres chiens. Elle se montrait si agressive lorsqu’elle en croisait qu’il n’était plus possible de s’approcher d’elle en laisse. Et un jour, elle a commencé à grogner contre sa maîtresse dès qu’elle ne voulait pas obéir. Dès lors, elle en a eu de plus en plus peur. Qu’aurait-elle dû faire selon vous? Se montrer plus affectueuse avec elle? La récompenser avec une friandise lorsque la chienne acceptait de ne pas lui grogner dessus?? 

 

Comme je l’ai déjà largement expliqué, il ne s’agit pas d’une histoire de dominance. Dans aucun article je n’ai jamais utilisé le mot « dominant ». Sortez-vous ce mot de la tête, de grâce!! Éduquer un chien, c’est simplement lui fournir un référent sur lequel il puisse s’appuyer avec confiance pour vivre dans notre monde d’humains sans représenter un danger ni pour les autres, humains ou animaux, ni pour lui même. C’est accepter la responsabilité qui revient à tout gardien d’animal, comme à tout parent. A chacun de décider ensuite de son implication.

 

Mes chiennes sont-elles malheureuses parce qu’elles peuvent marcher en liberté à mon pied sans s’étrangler au bout d’une laisse? Parce que même ainsi nous pouvons croiser n’importe quel chien sans crainte? Parce que je peux les laisser courir librement sans avoir peur qu’elles ne reviennent pas? Parce que je peux ouvrir le coffre de la  voiture où elles voyagent sur une aire d’autoroute sans avoir peur qu’elles finissent écrasées par une voiture? Parce qu’elles peuvent être lâchées avec n’importe quel chien, même réputé agressif, sans risques? Parce qu’elles peuvent m’accompagner partout, chez mes clients, dans les écuries, comme au restaurant? Parce qu’elles savent marcher au pied et peuvent nous accompagner en balade à cheval sans risques? Parce qu’en balade en montagne il me suffit de les rappeler pour qu’elles accourent s’asseoir derrière moi pour laisser libre l’étroit sentier pour les gens qui arrivent en face? Sont-elles malheureuses parce que lorsque j’arrive elles vont attendre leur câlin dans leur panier au lieu de me sauter dessus? Parce qu’elles n’ont pas le droit d’entrer dans ma cuisine de 3m² où elles risqueraient de me faire lâcher une casserole d’eau bouillante ou un couteau si elles traînaient dans mes pieds?

 

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Quand elle est arrivée chez moi, Louna était hyperactive. Elle me sautait dessus en me griffant et en me mordant, n’écoutait rien, hurlait à la moindre frustration, se pendait au bout de sa laisse comme une possédée. Cela lui avait valu d’être revendue par sa première famille. Sympa comme résultat, le manque d’éducation, n’est-ce pas?

 

A partir du moment où je suis devenue sa référente, son comportement a tant évolué que j’ai pu l’amener partout avec moi et que partout les gens sont tombés amoureux d’elle. Elle a de gros besoins de dépense physique que je satisfais au mieux, et son exubérance est canalisée par son éducation. Elle sait rester calme quand il le faut, et tout le monde s’accorde à dire qu’elle est la plus gentille chienne du monde! N’a-t-elle pas gagné à être éduquée?

 

Quand Lilou est arrivée chez nous, bien que déjà âgée de presque 6 mois, elle n’était pas propre et avait peur de son ombre. A chaque frayeur, elle réagissait si possible par la fuite. La première fois qu’elle a vu un cheval, elle a fait demi tour et a couru à travers champs, routes et jardins jusqu’à se taper la figure deux fois de suite dans un grillage, se retourner, me voir enfin et courir se cacher dans mes jambes. Que serait-il arrivé si elle avait traversé une route passante? Chaque personne humaine ou canine inconnue lui faisait si peur qu’elle en devenait agressive. En laisse, elle se jetait sur chaque chien que nous croisions. Toute personne qui voulait me dire bonjour se voyait barrer la route par ma chienne grognant et aboyant pour me protéger. A présent que je suis sa référente, elle peut croiser n’importe quel chien ou n’importe quel humain sans se montrer agressive, elle laisse les gens m’approcher sans grogner, elle a pris confiance en elle et ne tremble plus à chaque feuille qui tombe d’un arbre. Elle a, elle aussi, tout son fan club parmi mes amis et mes clients. N’a-t-elle pas gagné à être éduquée?

 

Quant à Nala, au début de sa vie avec mon compagnon, elle se considérait comme référente de la meute et ne craignait donc pas de s’en voir séparée. Cela faisait d’elle une grosse fugueuse. Elle a passé des nuits comme des journées à vagabonder en ville ou à la campagne, seule, dans les rues ou sur les routes. Des dizaines de fois elle aurait pu causer un accident ou en être victime. Puis, quand il a gagné sa place de référent aux yeux de sa chienne, elle a cessé de fuguer. Elle peut maintenant rester une journée dehors avec nous sans que nous ayons à la garder à l’oeil de peur qu’elle ne s’en aille seule. Dans une autre famille, elle aurait pu finir sa vie attachée à une chaîne ou une laisse. N’a-t-elle pas gagné à être éduquée?

 

Chacune de mes chiennes représentait un danger pour elle-même et pour les autres avant de nous considérer Kevin et moi comme ses référents. Et aujourd’hui elles vivent toutes les trois une vie équilibrée, pleine de jeux en liberté, de rencontres avec d’autres chiens, de randonnées et autres activités partagées avec nous. Tous les gens qui nous croisent nous félicitent pour leur éducation, et les très rares fois où il nous faut laisser une autre personne les sortir, cette personne rentre en nous racontant comment il a été agréable de sortir pour une fois trois chiennes qui savent marcher au pied, s’asseoir quand on s’arrête, revenir quand on les rappelle et rester derrière dans les escaliers. Nos chiennes sont agréables à vivre pour nous comme pour les autres. C’est à cela que sert l’éducation. Et c’est pour cela que l’on me demande parfois d’intervenir pour aider un chien et son maître à mieux vivre ensemble.

 

En voici quelques exemples :

 

La propriétaire de Galice, une labrador bien baraquée, ne pouvait plus la sortir en balade car elle la tractait en laisse et quand elle croisait d’autres chiens Galice se montrait si agressive que ses antérieurs ne touchaient plus terre tant elle tirait. Le problème, c’est que non seulement la chienne s’écrasait la trachée contre son collier, mais en plus sa propriétaire, souffrant de problèmes de dos, se faisait très mal à chaque sortie. La situation est vite devenue intenable! J’ai pris une fois la chienne en balade seule, puis nous l’avons sortie ensemble et mis en place une règle de base toute simple pour la marche au pied. Aucun cri, aucun coup, aucun « coup de sonnette » sur la laisse. Simplement du calme et de la constance. Depuis, Galice sait que ce n’est plus elle mais sa gardienne qui gère la balade. Elle ne tire plus, reste derrière quand elle croise un autre chien et peut être lâchée en liberté dans les champs car elle revient très bien au pied. Et cela a fonctionné tout aussi vite avec Canelle, une Jack Russel dans le même cas, qu’avec tous les autres chiens avec lesquels j’ai pu travailler.

 

De même avec un petit chien qui aboyait sans arrêt. A chaque sortie, matin, midi et soir, dès qu’il croisait un humain ou un chien, il aboyait sans relâche. Les cris et les injonctions de sa maîtresses n’y changeaient absolument rien. Il se pensait responsable des interactions avec l’extérieur, et comme il est très peureux, il préférait aboyer dans tous les cas. Pendant un temps, elle a appliqué consciencieusement les fameuses règles détaillées dans cet article. Et il a cessé d’aboyer. Comme elle était fière et heureuse!! A force de constance, son chien l’avait acceptée comme référente. Malheureusement, à un retour de vacances où elle était partie sans lui, elle a constaté qu’il fallait tout remettre en place et a renoncé. Alors ça a recommencé. 

 

Un chien qui se croit référent de sa famille peut représenter un danger pour lui même comme pour les autres. Bien sûr, l’importance du risque dépend du lieu de vie du chien, et croit avec sa taille. A chacun de l’évaluer, d’accepter sa responsabilité et d’agir comme il le sent. Mais souvenez-vous bien que tous les chiens ne sont pas faits pour être référents et que cette place qu’ils prennent par défaut leur cause souvent énormément de stress. Sans compter que dans ce monde d’humains, les dangers sont nombreux pour les chiens. Éduquer un chien, lui dire non, ce n’est pas être méchant avec lui. Cela ne nécessite jamais de lui hurler dessus ni de le frapper. Simplement de garder toujours son calme et de rester constant. Et ça peut un jour lui sauver la vie. 

 

Vous qui décriez l’éducation, ne craignez-vous pas tout simplement de ne pas savoir vous plier vous-même à ces règles? De ne pas savoir faire preuve de constance? Si on n’essaie pas, on ne risque pas d’échouer. Mais on ne goutera jamais au plaisir que donne la vie en compagnie d’un chien à l’écoute et respectueux de son maître.

 

Alors si le fait de prendre pour mes chiennes la place de référente fait de moi une mauvaise thérapeute pour certains, c’est bien dommage pour leur chien! D’une part l’un et l’autre n’ont aucun rapport, et d’autre part je sais que mes chiennes sont heureuses et sereines ainsi, et que tous les chiens que j’ai pu garder ont été ravis de leur séjour chez moi. Comme mes chiennes, ils ont toujours été calmes, sages, confiants et attentifs et donc en parfaite sécurité dans toutes nos sorties. 

 

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Éduquer un chien, c’est lui rendre service, se rendre service et rendre service aux autres. 

 

Laure Souquet
laure.souquet@wanadoo.fr
06 19 12 02 37

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  1. Plissier

    Bonsoir,
    Je suis donc votre muse. Ça me flatte 🙂
    Ceci dit, ma chienne est très bien éduqué. Nous pratiquons l’obéissance. Donc je sais de quoi je parle. Et elle est catégorie molosse puisque croisée rottweiler×saint Bernard.
    Donc question gabarit, je connais.
    Si, vous parlez de soumission, etc.
    Désolé je ne suis pas d’accord.
    Les exemples que vous citez, auraient très bien pu se régler en méthode positive.
    Et le grognement d’un chien témoigne d’un malaise. C’est la prévention. « Je ne suis pas d’accord avec ce que tu fais, attention ». Comme les chiens qui grognent quand on leur tire la queue par exemple. C’est un avertissement.
    Il faut aussi savoir lire son chien. Les signaux d’apaisement sont à prendre en compte.
    Mais tout le monde ne les connaît pas malheureusement.

    Et ma chienne, je l’emmène partout. Restaurant, foire, marché, etc. Laisse dans les lieux publics, liberté ailleurs. Avec d’autres chiens aussi. Tout ça sans souci.

    Oui, elle a des limites. Mais c’est aussi sa maison, son lieu de vie. Si elle me gêne, elle se déplace. Ça ne veut pas dire que c’est le chien roi. Ne pas adhérer à la théorie de la dominance/hiérarchie ne fait pas de mauvais chien. C’est la mauvaise éducation qui le fait.

    Éducation positive ne veut pas dire qu’on laisse tout passer. Simplement, on laisse aussi le chien réfléchir, se questionner, apprendre.

    Et faire manger son chien avant soi, par exemple, n’en fait pas un monstre.

    Bonne année.

    PS: oui, la nouvelle année commence bien. J’avais écrit mon message bien avant 😉

    • C’est drôle, j’ai pourtant reçu ce message le 1er janvier 2016 à 23h24 comme précisé sur mon site. A moins que le programme n’ait commis une erreur? 😉

      Si vous continuez de lire les mots « dominance » et « soumission » dans mes articles, alors, je ne sais pas comment vous lisez. Un enfant est-il « soumis » à ses parents lorsqu’il va se coucher lorsqu’ils le lui demandent?? Une personne en colocation se montre-t-elle « dominante » quand elle interdit aux autres l’accès à sa chambre??

      Bien sûr qu’un grognement témoigne d’un malaise. Justement, il y a malaise quand le chien ne sait pas où est la place de chacun. Personnellement, je fais une différence entre un chien qui grogne « quand on lui tire la queue », ce qui est plus que légitime, et un chien qui grogne parce que sa maîtresse souhaite sortir d’une pièce ou le pousser hors de son lit. Pas vous?

      Pratiquer l’obéissance n’a rien à voir avec ce dont je parle. Personnellement, je n’utilise jamais la nourriture pour récompenser mes chiennes. Elles ont leurs repas selon notre rituel qu’elles connaissent par cœur, et ce type d’habitude leur fournit une stabilité qui leur permet de bien vivre notre vie pleine de mouvement. Je n’ai besoin de rien pour qu’elles me suivent ni pour les maintenir en sécurité où que nous soyons, et pour moi c’est d’une grande importance. C’est ma seule motivation à leur donner des règles : leur sécurité.

      Et pour ce qui est de l’éducation positive, qui vous dis que je ne l’utilise pas? L’éducation positive, c’est l’utilisation de récompenses. Autrement dit tout le monde l’utilise. Seulement une récompense n’est pas forcément une friandise. Ce peut aussi être une pause, la voix ou encore des caresses. Et chaque fois que vous dites non à votre chienne, vous sortez du cadre de l’éducation positive. Comme vous le voyez, ce n’est que du jargon scientifique. Pour ma part, ce qui compte est l’attitude générale de la personne. Je me fiche qu’il s’agisse d’un renforcement positif ou négatif, ou d’une punition positive ou négative comme on dit. Ce qui compte c’est que mes réponses soient constantes, justes, mesurées, adaptées et bienveillantes.

      Alors si votre façon de faire vous convient c’est parfait et j’en suis heureuse pour vous, mais cela vous donne-t-il le droit de me faire passer pour une personne méchante? Je ne frappe pas mes animaux, je les aime de tout mon cœur et les couvre de caresses à longueur de temps. Vous avez peur de ce que vous ne connaissez pas, c’est humain, mais cette page est un lieu où les jugements ne sont pas bienvenus. Venez partager mon quotidien avec mes chiennes, venez me regarder travailler avec d’autres chiens. Vous ne verrez pas un seul coup, vous n’entendrez pas de cris, vous ne serez heurtée par aucun acte ni aucune parole violente. Vous verrez simplement des humains et des chiens qui passent ensemble de bons moments dans un respect mutuel reposant. Pour moi l’obéissance n’est pas un jeu ni un concours. C’est une nécessité pour permettre à mes animaux de bien vivre dans ce monde. Elles ne s’aplatissent pas à terre à mon commandement mais s’arrêtent simplement quand je m’arrête avant de traverser une route.

  2. carole guyon le bouffy

    Mais actuellement, les parents éduquent-ils leurs enfants?
    Le mot éduqué est tabou pour beaucoup.
    Ennuyer les autres avec des enfants ou des animaux non éduqués, c’est se voir refouler par de nombreuses personnes …
    Personnellement j’ai des chiens, chats , chevaux et aussi une pension. Les gens ne me font que des compliments sur leurs comportements et c’est agréable mais pas Magique! Il faut s’investir.
    Enfants ou animaux non éduqués sont mal-aimés en générale, temps par les autres que par ceux qui en sont responsables.
    Votre article est excellent.
    Je vie au Mexique, le pays de l’enfant rois…idem avec certains propriétaires d’animaux !!!

  3. coubronne

    Félicitations,votre façon d eduquer nos amis me parle et me touche beaucoup tant elle contient d amour pour eux et de justesse.Bonne continuation et merci pour la suite des conseils concernant leur education.Cordialement, Téa

  4. Anne Joelle PENSIVY

    Excellent article, très juste et mesuré. Je ne vois vraiment pas où se trouverait la méchanceté dans vos propos. Il s’agirait plutôt d’une vague réaction injustifiée d’auto-défense de la part de propriétaires laxistes qui veulent se justifier puisqu’ils ne se sont pas donné la peine ou n’ont pas pu d’obtenir cette belle relation que vous décrivez. Je pense cependant que le renforcement positif par des friandises d’appoint lors de l’apprentissage de nouveaux exercices (par exemple au clicker) n’est pas contraire à une bonne éducation.

    • Merci! 🙂
      Pour l’utilisation de friandises, je dirais que c’est comme pour toute chose : son utilité et sa légitimité dépendent de l’utilisation que l’on en fait, de la conscience que l’on a et de la justesse de l’intention!

  5. Emilie Belline

    Bonjour,

    Je n’ai pas lu votre article entièrement. Mais sur le principe je suis entièrement d’accord. Par ailleurs, je viens de lire votre article sur les chevaux et les abri, et pour moi, c’est la meme problématique qui est en jeu.

    Et puisque je suis taquine, je vais choquer : je crois en la dominance.

    Finalement, je pense qu’il est intéressant de s’arreter sur ce qu’est la dominance. La dominance ce n’est pas frapper, refuser tout à son chien, ce n’est pas etre dur et froid comme le marbre.
    Puisque nous sommes tous guidés par l’anthropomorphisme je vais continuer sur cette voie-là.

    Si demain on me confie un enfant à garder, je vais le dominer, et je me dois de le dominer. Je le domine parce que je suis une adulte, je le domine parce que je suis garante, meme pour un instant court de son intégration dans la société, je peux le nourrir, je peux le protéger. Lui, ne le peut pas ou en tout cas, ne devrait pas avoir à y songer. Non, qu’il ai 5ans et 15ans, il est encore en apprentissage de moult de choses, il va avoir besoin de poser des questions, d’essayer des choses, de comprendre. Et il peut faire tout ça…parce qu’il sait que quelqu’un veille à sa survie et à sa sécurité.
    Les enfants d’ailleurs aiment avoir un cadre, parce qu’ils sont ainsi rassurés. Mais avoir un cadre, ne veut pas dire avec son parent sur le h/24. Tout est dans la nuance.

    Avec les chiens, et avec mes chiens, c’est la meme chose. J’ai deux dobermann, chiens avec la réputation qu’on connait. Seulement voilà, tout comme toi, mon but était de faire de la randonnée, de pouvoir les emmener avec moi, finalement, de leur donner le plus de privilèges et de liberté possible.

    Et alors non seulement, je suis comblée, mais les autres également se sentent rassurés. Je sais que sauf si jesaispasquoi, Khanjar restera toujours à portée de vue (lui dans mon champs de vision et moi dans le sien) idem pour Brume. Je sais que qu’importe le chien qu’on rencontrera, ce sera ok. Je sais que TOUTE SITUATION sera ok.

    Apporter un cadre à un animal, lui expliquer « comment ça marche » c’est lui faire un merveilleux cadeau, c’est lui donner l’occasion de partager plus encore avec nous.

    Lui donner « tous les droits » c’est dangereux. Pour lui, pour nous, pour tout. Et c’est en plus lui donner des responsabilités difficiles à gérer…et donc du stress (d’où souvent des aboiements, grognements etc)

    Je concluerai avec cette pensée: L’éducation Canine, « le dressage » n’est pas tant une obligation du maitre, c’est surtout le premier droit du chien.

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