Vous avez dit trop gros?

par Équinessentiel dans Chevaux, Santé | 6 commentaires

De nos jours, dire qu’un cheval est trop gros est presque devenu un pléonasme car ils le sont pour la plupart! Pas facile de faire garder la ligne à son cheval, et pourtant c’est une condition sina qua non au maintien de sa bonne santé. Je vous propose de découvrir pourquoi un cheval peut être en surpoids, et comment faire pour y remédier.

 

Une première cause évidente au surpoids des chevaux est tout simplement leur alimentation. A l’origine, les chevaux sont faits pour manger de grosses quantités de plantes fibreuses et peu riches, parcourant de nombreux kilomètres chaque jour pour couvrir tous leurs besoins. Et que dire des nombreuses races qui se sont développées dans des régions particulièrement inhospitalières, tels que les barbes, arabes, espagnols et la grande majorité des poneys!  Ces longues années dans des régions à la végétation très pauvre ont sélectionné des individus ayant besoin de très peu de calories pour survivre. Or, aujourd’hui, non seulement beaucoup de chevaux manquent d’espace et donc d’exercice mais en plus nous leur offrons des prairies où nous avons supprimé l’essentiel des plantes sauvages pour planter ou entretenir des herbes grasses à haute valeur nutritive. Et beaucoup d’entre nous ont une drôle de croyance héritée de leurs grands ancêtres qui ont connu guerre, restrictions et famines et qui consiste à croire qu’aimer une personne c’est la nourrir abondamment. Alors, les chevaux sont gavés de friandises et reçoivent en hiver des compléments de grains bien riches, au cas où ils auraient pu perdre un peu de gras pendant cette saison. Pourtant, les chevaux connaissent des hivers depuis bien longtemps, et quand l’homme ne se souciait pas encore d’eux, ils ne trouvaient pas de champs d’orge, de maïs ou d’avoine au pire de la saison froide. Tout porte à croire qu’ils y ont pourtant survécu. Tout simplement parce que leurs réserves de la belle saison leur permettent de réduire leur apport calorique en hiver. Ce qui permet à leur foie de faire une pause salutaire avant de recommencer à tourner à plein régime au printemps suivant. De plus, cette saison est l’occasion pour eux de grignoter ronces, arbustes et écorces diverses, et de participer ainsi à l’entretien des zones où ils pâturent. Il est donc sain que votre cheval maigrisse en hiver, et c’est même nécessaire au bon fonctionnement de son organisme. En toute saison, vous devez sentir facilement ses côtes sous vos doigts et vous pouvez deviner les dernières sans que cela ait quoi que ce soit d’inquiétant. Si ce n’est pas le cas, votre cheval est en surpoids, avec tous les risques que cela comporte pour son système cardiovasculaire et musculo-squelettique. Il y a alors de fortes chances pour que son alimentation soit trop riche.

 

Bien entendu, tous les chevaux n’ont pas le même métabolisme, la même activité ni les mêmes besoins. Un jeune cheval en croissance doit absorber davantage de calories qu’un cheval adulte, et ce même cheval adulte n’aura pas les mêmes besoins s’il travaille intensément ou coule des jours tranquilles au parc. C’est pourquoi un cheval sait normalement s’autoréguler en matière de nourriture, et heureusement! Cependant, cela ne lui est possible que lorsqu’il mange des plantes non transformées. Comme pour nous, son cerveau sait alors analyser pendant la mastication la nature et la quantité des nutriments avalés. Tout le système digestif est préparé en conséquence, et le cerveau donne le signal de l’arrêt de l’ingestion dès lors que l’organisme a eu suffisamment de la plante donnée. C’est ce qui explique que nous mêmes arrêtons plus rapidement de manger un aliment cru qu’un produit industriel. Il en va de même pour le cheval. Dès lors que l’aliment qu’il ingère est transformé, le cerveau peine à le reconnaître et le signal d’arrêt de la faim ne peut être envoyé. Sans compter que la grande majorité des aliments industriels sont enrichis en éléments appétants, ce qui brouille plus encore le cerveau. Aussi, votre cheval s »arrêtera moins facilement de lui même lorsqu’il mange du grain.

 

Un problème qui entraîne souvent le cheval à se gaver est l’accès limité à la nourriture. Étant fait pour manger en continu, il ne l’est pas du tout pour supporter la privation de nourriture sur plusieurs heures. D’une part, cela le frustre profondément et fait apparaître chez lui des comportements agressifs, et d’autre part il développe facilement des ulcères gastro intestinaux lorsque le pH basique de sa salive en vient pas régulièrement tamponner l’acidité de son estomac. Cela étant très douloureux, il se jette alors nécessairement sur la nourriture sitôt qu’elle est de nouveau disponible. 

 

Au delà de cela, le rapport que le cheval entretien à la nourriture peut être modifié par le stress. Comme l’homme, le cheval peut souffrir d’une forme de boulimie. Il semble obsédé par la nourriture et ne penser qu’à manger. Cette activité lui permet simplement de faire baisser son stress et donc de se sentir mieux. Peut être doutez-vous que votre cheval puisse se sentir stressé, lui qui n’a rien à faire de ses journées? Pourtant, les sujets de stress sont nombreux pour les chevaux, et ils n’ont malheureusement aucun moyen de les éviter. Un cheval au box est déjà tout simplement soumis à l’immense stress que représente le fait d’être enfermé dans pour un être dont 12m2 pour un être dont la survie a toujours dépendu de la fuite. Imaginez un claustrophobe forcé de vivre dans un ascenseur, cela vous en donnera une idée. Ensuite, le bruit est une source de stress énorme pour tous les organismes, que votre cheval vive en box ou au pré, il peut être pollué par le bruit de la circulation, tout simplement. Enfin, la vie en troupeau, ou plus exactement la vie dans un groupe de chevaux qu’il n’a pas choisis peut être très déstabilisante pour un cheval. En effet, il se peut qu’il n’y trouve pas sa place et soit forcé de remplir un rôle pour lequel il n’est absolument pas fait. Ou tout simplement qu’il ne parvienne pas à s’intégrer au groupe et s’y sente isolé et indésiré. Et de tous ces problèmes potentiels, il ne s’en trouve pas un seul qu’il puisse solutionner. Que faire alors sinon se réfugier dans une activité simple et accessible pour faire baisser son niveau de stress? Manger, par exemple. 

 

Manger, une activité apaisante pour le cheval.

 

Une autre raison possible à la prise de gras d’un cheval peut être un problème métabolique. Par exemple, ses graisses peuvent manquer de fluidité et donc circuler moins bien et se stocker plus facilement. Son foie peut être engorgé, son organisme fatigué par un travail excessif fourni pour digérer des rations concentrées, et donc moins performant pour éliminer les graisses en surplus. Plus embêtant, le cheval peut souffrir d’un syndrome métabolique équin ou SME, correspondant au diabète chez l’homme, ou encore d’un cushing, qui peut favoriser la prise comme la perte de poids selon sa gravité. 

 

Alors que faire pour isoler le paramètre en cause et permettre à votre cheval de garder la ligne? 

 

D’abord, prendre les choses dans l’ordre et commencer par le début. C’est à dire revenir à l’essence du cheval et lui offrir une alimentation et un mode de vie les plus proches possibles de ce pour quoi sa nature est faite. Pour cela, laissez le dehors avec une herbe ou un fourrage peu calorifiques et à volonté. L’idéal est de couper le foin lorsqu’il est bien mûr et de mettre les chevaux à l’herbe sur des terrains avec une bonne biodiversité et lorsque les plantes sont bien hautes et sèches. Les chevaux ont de l’herbe jusqu’au ventre, mais elle est très pauvre en sucres et bien fibreuse, donc juste comme il la leur faut. Surtout, ne commettez pas l’erreur de laisser vos chevaux manger sans arrêt de l’herbe rase sur de petites surfaces! Plus l’herbe est jeune et plus elle est riche en sucres. Préférez leur laisser plus de surface et davantage d’herbe bien haute. Le reste du temps, pendant la pousse de printemps ou lorsque le pré est ras en hiver, donnez leur du foin en filets à petites mailles, de façon à ce qu’ils mangent moins vite, et répartissez plusieurs filets dans le pré afin d’encourager un maximum de mouvement. Il doit rester du foin dans les filets lorsque vous les remplissez de nouveau. Si votre cheval n’a jamais disposé de nourriture à volonté, il risque de se gaver les premiers temps. Mais il apprendra très vite que les ressources ne se tarissent plus et se régulera alors de lui même. Si besoin, vous pouvez lui mettre un panier lors de la première saison à l’herbe. Cela lui évitera de trop prendre de poids, lui apprendra à manger moins vite et vous laissera le temps de régler les autres problèmes. 

 

Parallèlement, il vous faut changer vos habitudes à vous aussi. A savoir, cesser de donner à votre cheval des friandises et des aliments riches en calories pour commencer à lui fournir des compléments d’origine naturelle riches en vitamines et oligo éléments. Laissez de côté autant que possible les céréales, dont vous pouvez à la rigueur donner une poignée germée de temps en temps mais pas plus, et apportez des plantes diverses et variée, fraîches, séchées, en poudre, ou sous forme de compléments phytothérapiques. Pensez également aux fruits, en quantité limitée, et aux légumes, et de préférence à leurs parties qui poussent hors de terre car votre cheval n’aurait pas creusé pour déterrer des carottes. Cela sera bien plus profitable à votre cheval! C’est ainsi qu’il se complémenterait de lui même s’il en avait la possibilité, alors c’est à vous de compenser la pauvreté de son pré et/ou de son foin en plantes variées et de pallier aux carences éventuelles du sol qui se reflètent nécessairement dans les plantes qui y poussent. Mais nul besoin d’apport en sucres!

 

  • Si votre cheval a bien accès à l’herbe ou au foin à volonté depuis longtemps et qu’il continue de se jeter sur la nourriture, alors il convient d’identifier la nature de son stress et d’y remédier. S’il vit au box, vous savez ce qu’il vous reste à faire. S’il vit dehors avec d’autres, attachez une attention particulière à la dynamique du groupe et au rôle que votre cheval y joue. S’il n’y est pas bien, il faudra modifier la composition du groupe ou l’en changer jusqu’à ce qu’il trouve un équilibre. Efforcez vous également à rester stable dans vos choix d’écurie. Pensez bien que chaque séparation est traumatisante pour votre cheval et que chaque nouvelle période d’adaptation à un nouveau lieu de vie et à un nouveau groupe de congénère est particulièrement difficile pour lui. Pendant ces périodes de transition, vous pouvez l’aider à diminuer son stress en lui donnant un complément apaisant et anti stress  (cliquez sur le lien pour l’acheter). Cela peut aussi vous permettre de vérifier que votre cheval souffre bien d’un stress si vous n’en trouvez pas la cause possible. Si le complément l’apaise, c’est bien qu’il en avait besoin et donc qu’il était stressé. Il ne vous reste alors plus qu’à trouver pourquoi!

 

Plus les chevaux ont d’espace et de stimulations, par exemple des interactions avec d’autres congénères, et plus ils font d’exercice.

 

Ensuite, tâchez d’offrir à votre cheval le maximum d’espace et d’exercice. Plus il bougera et plus il perdra de poids. Logique, non? En plus, cela ne sera que positif pour son cœur, ses muscles, ses pieds et sa digestion. Donc sortez votre cheval le plus possible, monté mais aussi en main. Et allez en extérieur, monter et descendre des pentes. Il n’y a rien de mieux pour le muscler et lui faire perdre du poids. 

 

Le facteur stress éliminé, si votre cheval mange normalement, fait de l’exercice et ne perd pourtant toujours pas de poids, vous pouvez penser qu’il présente un trouble métabolique. Vous pouvez commencer par lui donner un complément amincissant (cliquez sur le lien pour l’acheter), qui aidera à la fluidification de ses graisses et à leur élimination. Si cette dernière piste ne fonctionne pas, alors, il est probable que votre cheval ait un problème plus grave qu’il conviendra de diagnostiquer et de traiter. Mais cela concerne un tout petit nombre de chevaux et vous avez bien des choses à mettre en place avant de vous alarmer! 

 

Un complément alimentaire amincissant, stimulant l’élimination des graisses, peut aider un cheval en surpoids.

 

Laure Souquet
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equinessentiel(a)gmail.com

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  1. Lucie

    Je suis d’accord avec la très grande majorité de ce bel article ! Sauf sur un point : « Pensez également aux fruits, en quantité limitée, et aux légumes, et de préférence à leurs parties qui poussent hors de terre car votre cheval n’aurait pas creusé pour déterrer des carottes. »
    Chaque fin d’été, ma ponette creuse au pied des touffes d’orties pour en déterrer les racines. Elle laisse ensuite le sol aussi bien retourné que si une horde de sangliers était passée par-là. Les chevaux peuvent faire preuve d’une grande variété de comportements pour arriver à consommer des aliments dont ils ont besoin.

    • Oui, vous avez raison, les chevaux peuvent aller chercher des racines dans certaines conditions, si elles leur apportent des éléments dont ils ont besoin. Mais ce comportement reste limité à certains individus et à certaines périodes précises. En l’occurrence, s’agissant des carottes sauvages, par exemple, je n’ai jamais vu un cheval en déterrer! Qui sait, il est tout à fait possible qu’un de ces jours un cheval me surprenne…

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  4. Isabelle

    Bonjour
    J ai une jument chez moi qui a 18 ans et qui a toujours vécu dehors toute sa vie. Elle est grosse malheureusement. A toujours eu du foin a volonté dans un filet. Elle est très goinfre, si je la laisse faire elle mange du foin toute la journée. Peut elle faire une fourbure? Je n est malheureusement pas la possibilité de distribué du foin a plusieurs endroit. Elle est censé se gérer normalement. mon autre cheval lui se rationne tous seul.
    Que puis je faire? Je voulais leur fermer l accès au foin pendant quelques heures dans la journée pour les obligés a aller dans le pré chercher a manger, est une bonne idées?
    Merci pour votre aide

    • Bonjour,

      Votre jument n’est en effet pas à l’abri d’une fourbure.
      Pourquoi ne pouvez-vous mettre du foin en plusieurs endroits?
      Le problème si vous fermez l’accès au foin est que vos chevaux risquent de se jeter encore plus dessus dès que vous ouvrirez. Je vous conseille plutôt de mettre un panier Greenguard à votre jument ou, mieux encore, de mettre le foin en filets à petites mailles pour inciter vos chevaux à manger plus lentement.
      Si votre jument ne sait pas se rationner, il faut aussi en chercher la cause : carence qu’elle cherche à combler, stress, résistance à l’insuline?

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