Et si votre cheval avait mal au ventre?

par Équinessentiel dans Ostéopathie | 2 commentaires

On n’y pense pas souvent, pourtant beaucoup de chevaux ont mal au ventre. Et ces douleurs peuvent être à l’origine de raideurs, d’irrégularités dans les allures, de réactions fortes à certaines demandes, voire même de véritables boiteries. Vous me verrez donc toujours accorder du temps aux viscères d’un cheval lorsque je le soigne.

 

L’ostéopathie consiste à redonner aux organes et structures du corps leur liberté de mouvement. On y pense facilement lorsque le cheval boite ou souffre du dos, parce qu’il est évident qu’un ostéopathe est censé être en mesure de libérer les blocages articulaires. Cependant, l’appareil musculo-squelettique n’est pas le seul à être mobile ni par conséquent à pouvoir se bloquer. Les viscères eux aussi sont animés de mouvements constants!

 

Cela vous étonne? Pensez simplement à ce qui se passe lorsque vous respirez. Votre diaphragme se tend et se détend de façon rythmique. Et qu’y a-t-il juste en dessous? Votre cavité abdominale! Aussi, à chaque mouvement respiratoire, votre diaphragme met en mouvement votre estomac, votre foie et vos intestins. C’est aussi ce qui se passe lorsque vous marchez. Les contractions de vos muscles abdominaux massent en quelques sortes vos intestins et les ondes de choc dues aux posers de vos pieds se répercutent jusqu’à eux sous forme de vibrations. Vos organes viscéraux sont donc mobiles les uns par rapport aux autres et par rapport à vos muscles notamment, et la respiration et la marche participent à leur bon fonctionnement. Il en est exactement de même pour votre cheval.

 

Ainsi, de même que les vôtres, les organes de votre cheval ont une mobilité et une motilité. La mobilité, c’est ce dont je viens de vous parler dans le paragraphe précédent. La motilité, ce sont les micro mouvements propres aux organes, qui permettent notamment de faire avancer le bol alimentaire. Afin que le cheval digère correctement, il est essentiel que la mobilité et la motilité de ses viscères se fassent librement. Malheureusement, une alimentation inadaptée qui le surcharge et le fatigue ou un blocage vertébral qui perturbe l’innervation d’un viscère peuvent entraver ses mouvements. L’organe concerné, plus ou moins immobilisé, devient souvent douloureux. Le cheval a alors mal au ventre, et notamment lorsque cet organe est mobilisé par la respiration ou lorsque l’un de ses mouvements le comprime. Selon sa localisation, le mouvement douloureux diffère. Vous l’avez surement déjà expérimenté vous même : un mal de ventre est parfois amplifié si vous vous courbez en deux ou au contraire si vous vous redressez fortement. Voici quelques exemples de douleurs viscérales dont votre cheval peut souffrir, en fonction de ses mouvements :

– une jument avec un ovaire douloureux a du mal à étirer le côté de cet ovaire, et souffre lorsque vous reculez votre jambe pour un départ au galop ou un déplacement latéral ;

– un cheval aux intestins douloureux peine à engager ses postérieurs comme à étirer son abdomen en poussant avec ses postérieurs : il fait donc de tous petits pas avec ses postérieurs ;

– un cheval avec un ulcère souffre au sanglage et se défend lorsque votre jambe gauche vient au contact ;

– un cheval dont le foie est engorgé se défend lorsque votre jambe droite vient au contact car son foie est alors juste en dessous, et il a du mal à galoper à droite car cela demande un recul important de son antérieur droit qui vient appuyer contre son foie douloureux.

 

Ainsi, si votre cheval est irascible, irrégulier, ou qu’il a de vives réactions lors de certains exercices, cela peut évidemment signifier qu’il a mal au dos par exemple, mais pensez bien que cela peut aussi être le signe d’une douleur viscérale. Je vous en parle aujourd’hui car j’ai eu ces dernières semaine trois cas très parlants.

 

J’ai d’abord traité un cheval qui ne parvenait plus à galoper à main droite. Je n’ai trouvé aucun blocage locomoteur qui puisse le justifier. Par contre, son foie était bloqué. Je l’ai relancé, et j’ai laissé à sa soigneuse un drainant naturel. Trois jours après, le foie était reparti du bon pied et le problème résolu!

 

Puis, j’ai soigné une chienne pour une boiterie d’un postérieur qui durait depuis trois semaines sans que le vétérinaire ne parvienne à en déterminer l’origine. Il parlait d’une possible déchirure musculaire. Cette fois non plus je n’ai senti ni blocage ni déchirure ni quoi que ce soit ni dans le dos ni dans le postérieur qui puisse expliquer une si grosse boiterie. Mais ses intestins étaient extrêmement tendus, durs et douloureux. J’ai dénoué leurs tensions et relancé leur mouvement. Et la boiterie a disparu.

 

Ensuite, j’ai vu une jument qui boitait également d’un postérieur depuis plusieurs jours, sans aucune zone de chaleur ni aucun engorgement détectés. Sa propriétaire la trouvait aussi différente dans sa façon d’être, et elle avait l’oeil terne. Ce qui frappait le plus chez elle, c’était son ventre. Son bas ventre était gonflé et proéminent, d’une curieuse façon. Cette fois, quelques tensions étaient présentes au niveau de la hanche et du grasset de la jument. Ces tensions, comme souvent, étaient en lien direct avec ses intestins douloureux. J’ai fait avec elle un travail comparable à celui que je fais avec un cheval en colique. D’ailleurs, comme ils le font dans ce cas là, elle a éructé et flatulé à plusieurs reprises. A la fin de la séance, son oeil avait changé de lueur et son ventre avait repris une forme régulière. Et plus de boiterie.

 

Ce ne sont que quelques exemples parmi de nombreux autres, que je partage avec vous parce qu’ils sont tous arrivés vers moi ses derniers jours. Ils vous donnent une idée des symptômes qui peuvent faire penser à des maux de ventre. Alors la prochaine fois que votre cheval se sent mal et qu’il semble difficile de déterminer pourquoi, pensez-y!

 

Et en attendant que je passe soulager votre cheval par une bonne séance d’ostéopathie viscérale, sachez que certains compléments naturels peuvent soulager ses douleurs : 

– votre juments dont les ovaires sont douloureux pourra se sentir mieux grâce au Zen Femme

– les ballonnements de votre cheval seront diminués par le Spagy Flux ;

– un ulcère d’estomac ou d’intestins sera soulagé par le Gastros

– un foie douloureux pourra être remis en route par le Thériaque du Suédois.

 

Laure Souquet
0033 6 19 12 02 37
equinessentiel(a)gmail.com

Étiquettes : , , ,

Sur le même sujet

Laisser un commentaire

  1. Niqueletto

    Bonjour,
    J’ai découvert votre blog ce matin et j’ai lu un tas d’articles très intéressants ! Je suis la propriétaire d’une jument de bientôt 11 ans. Suite à votre article sur l’obésité du cheval, je voulais faire les choses correctement dès à présent… J’aimerais la mettre en troupeau et en liberté (parce que je m’en veux de plus en plus de la savoir au box la nuit et la journée dans un pré de boue…) et lui enlever son ferrage (qui est actuellement sur les antérieures). J’ai vu que vous étiez Ostéopathe (equin et canin il me semble) et pareuse, notamment dans le Pays de Gex. Je me situe exactement à grilly.
    Si vous passez dans la région, je serais très intéressée pour une visite.

    Merci,
    Cordialement
    Cyrielle Niqueletto

    • Bonjour,

      Je serai dans votre région dans 15 jours. Contactez moi par email pour prendre rendez-vous!

Soyez informé(e) de chaque nouvelle publication!