Chevaux et calins

par Équinessentiel dans Relation | Un commentaire

Nous les humains, nous aimons câliner les chevaux. Le premier réflexe lorsqu’on en rencontre un est de tendre la main pour le caresser. Tous les chevaux ne sont pourtant pas friands de câlins. Et vous, faites-vous des câlins à votre cheval? Diriez-vous qu’il aime ça?

 

Certains chevaux sont très proches de l’homme, très câlins, toujours à quémander des gratouilles. Mais d’autres chevaux sont bien plus distants, prompts à s’éloigner lorsque la proximité physique devient trop grande à leur goût. Est-ce parfois le cas de votre cheval? Et comment ressentez-vous cet éloignement dans ces cas là? Beaucoup de gens le prennent mal, estimant qu’il s’agit là d’une forme de rejet ou d’ingratitude de la part du cheval qui leur refuse cet échange dont ils ont tant envie. Pourtant, attendriez-vous de n’importe quel humain accepte avec plaisir et sans retenue un gros câlin? Êtes-vous vous même très porté(e) sur les effusions et les embrassades, ou choqué(e) lorsque vous rencontrez une personne qui l’est peu ?

 

Avez-vous déjà observé les échanges entre chevaux en troupeau? Entre eux, les chevaux n’ont de contacts physiques de type grooming mutuel qu’avec certains individus très précis du troupeau, avec lesquels ils ont particulièrement d’affinités. De plus, chacun montre à l’autre l’endroit précis où il souhaite être massé. Ce ne sont donc pas des contacts aléatoires mais bien des rituels précis et codifiés, qui répondent à un besoin et à un désir mutuels. Et ces contacts se produisent uniquement lorsque les deux sont d’accord. Deux chevaux qui ne se sont jamais rencontrés ne commencent que rarement à se gratter dès le premier contact. Ils prennent d’abord le temps de se sentir, de se jauger, puis d’apprendre à se connaître avant de décider s’ils auront, oui ou non, ce type de relation. Et certains sont plus exigeants que d’autres avec la qualité du lien d’amitié qui permet une assez grande proximité physique pour s’échanger des massages.

 

Alors pourquoi devrait-il en être autrement avec les humains? Pourquoi n’importe quel cheval devrait-il accepter que n’importe qui le touche? Et pourquoi votre cheval devrait-il accepter vos câlins n’importe quand? Comme ils le font entre eux, à nous d’attendre que le cheval suggère l’échange, qu’il en ait l’envie. Car un cheval que l’on caresse  sans lui en demander l’autorisation peut le vivre comme une agression, un non respect de son espace privé. Et même si beaucoup d’entre eux ont appris à ne plus réagir lorsque qu’un inconnu viens les toucher, cela n’en reste pas moins contraire à leur nature, et par là même stressant. Ils ont simplement été en quelques sortes désensibilisés.

 

Donc si vous votre cheval accepte vos caresses, demandez-vous s’il le fait par habitude ou s’il en est vraiment demandeur. Vous le rend-il lorsque vous le grattez? Pose-t-il le nez contre vous ou vous rend-il le massage? Vous montre-t-il les endroits qui le démangent ou qui sont tendus? Prêtez attention à ces signes et tentez d’obtenir toujours l’accord du cheval avant de le toucher. Ce sera pour lui une preuve de respect, et il se sentira plus libre de vous exprimer son besoin.

 

Et peut-être votre cheval ne voudra-t-il jamais que vous le câliniez. Et alors? Cela n’empêche absolument pas la création d’un lien fort et sincère entre vous. De la même façon qu’un cheval qui vient se gratter le chanfrein sur vous n’exprime pas forcément son affection. Prenez le temps de vous poser tranquillement près de votre cheval. Centrez-vous, revenez en vous, puis ressentez sa présence, simplement. Partager un moment de calme, de sérénité, de présence à vous même et à votre cheval est pour lui un présent d’une qualité bien plus grande que toutes vos caresses ne le seront jamais. C’est une façon de le rencontrer différemment, sans attentes, sans pression, en vous calant à son rythme et à sa fréquence. Ce qui compte avec un cheval, ce n’est pas le type d’échange, mais sa qualité. Soyez vrai(e), respectez les besoins, les limites de votre cheval, et laissez-le choisir la distance à laquelle il se sent à l’aise dans chacune de vos interactions. Acceptez le simple fait que la distance qu’il se choisit est fonction de sa personnalité, de son vécu et de sa sensibilité. Vous vous rendrez alors compte que, caresses ou pas, le lien est bien présent. Et sans le contact physique, vous serez bien plus présent(e) à un autre type d’échange.

 

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Laure Souquet
laure.souquet@wanadoo.fr
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