Ceux qui médisent

par Équinessentiel dans Non classé | 18 commentaires

En ce moment, je ne sais pas ce qui se passe, mais tout le monde me parle sans arrêt de diplômes, des miens ( j’en ai 6 ça commence à faire ) mais aussi de ceux des autres. La grande interrogation : avez-vous ou a-t-il/elle bien tous les diplômes pour soigner ? pour parer ? pour enseigner l’équitation ? pour accompagner en équithérapie ?

Déjà, une précision : savez-vous que parmi  tous ces métiers bien peu sont reconnus et donc bien peu des formations proposées sont légalement diplômantes ? A part pour les cours d’équitation, rien de défini encore et seuls des certificats et attestations de formation peuvent être délivrés, qui n’ont par ailleurs aucune valeur.

 

Ensuite, pensez-vous vraiment que le fait d’avoir un diplôme garantit l’efficacité d’un professionnel ? Et qu’une personne non diplômée est incompétente ?

 

Tous les médecins sont diplômés, nous sommes bien d’accord ? Et tous les vétérinaires aussi. Pourtant, vous en avez tous rencontré qui vous semblent incompétents, n’est-ce pas ? Et inversement, n’avez-vous pas tous connu des personnes non formées qui aient un « don » pour soigner ?

 

Et les maréchaux, tous diplômés eux aussi, non ? Malgré cela n’en connaissez-vous pas d’incompétents, qui fassent boiter les chevaux ? Les diplômes américains ou autres des pareurs, pas reconnus en France. Pourtant certains n’ont-ils pas aidé des dizaines de chevaux à aller mieux ?

 

Passons aux enseignants maintenant. Tous les jeunes moniteurs de poney club ont leur BPJEPS, n’est-ce pas ? Et pour autant, que pensez-vous de leur niveau d’équitation ? N’est-il pas officiel qu’on ne forme plus à présent de moniteurs d’équitation mais des animateurs de poney club ? Inversement, n’avez-vous jamais rencontré un bon cavalier dont les conseils vous aient été bien plus profitables que ceux de certains moniteurs, bien qu’il ne soit pas formé ? Quant à l’équitation dite « éthologique », on nous parle de diplômes mais ils ne sont pas non plus reconnus en France ! Et selon vous, qui donc a diplômé Pat Parelli par exemple ? Et Jean François Pignon ? Ne sont-ils pas autodidactes ? Devrait-on pour autant leur interdire d’animer des stages ? Surtout, quel diplôme peut aujourd’hui et pourra demain valider la capacité d’une personne à comprendre un cheval, à développer avec lui une bonne relation et à aider les autres à faire de même ??

 

De plus, vous ignorez peut-être une triste réalité. Sur tous ces diplômes non reconnus que vous réclamez, il n’y a aucun contrôle. Aussi, au moindre différent de la personne formée avec son formateur, celle-ci se voit rayée des listes de diplômés ou certifiés. Comment, alors, accorder à ces listes le moindre crédit ? 

 

Juger une personne sur le nombre de diplômes qu’elle a en poche est donc bien réducteur. Finalement, c’est se nourrir d’une illusion de sécurité. Car au final, ce qui compte est la qualité de cette personne et ses capacités, pas le morceau de papier qui confirme qu’elle a bien suivi une formation dont vous ne pourrez jamais juger de la qualité ni de l’assiduité ou des efforts dont elle a fait preuve pour que cela lui soit réellement profitable. Peu importe ce que l’on a appris et comment, l’important est ce que l’on en fait.

 

Ceux-qui-médisent-juger-diplômes-qualité-travail-chevaux-cheval-ostéopathie-parage-cours-enseignement-moniteur-équitation

 

A cela certains me répondent toujours qu’il est injuste que d’autres puissent pratiquer un métier auquel eux-mêmes se sont formés pendant de longues années au prix de durs sacrifices si ces autres n’en ont pas bavé autant qu’eux. J’ai deux questions à leur poser. La première est la suivante : pensez-vous qu’un enfant surdoué devrait se voir interdire de pratiquer le métier de son choix simplement parce que quelle que soient les formations qu’il suivra il n’en bavera jamais comme les autres et que ses études seront dans tous les cas bien moins longues que celles des autres ? On peut être naturellement doué pour ingurgiter des connaissances comme on peut l’être soigner ou pour comprendre les autres, humains ou animaux. Et la seconde : pensez-vous qu’une personne passionnée par son métier considère comme un sacrifice le chemin qui lui a permis d’arriver là où elle en est ? Faire un sacrifice, c’est renoncer à quelque chose dans la souffrance. Si une personne sent qu’elle s’est sacrifiée pour apprendre à soigner les chevaux ou à mieux les comprendre, alors n’aurait-elle pas dû choisir une autre voix ? 

 

Personnellement, j’ai apprécié chacun des moments que j’ai passés à avancer vers mon objectif. Je n’ai pas le sentiment d’avoir fait le moindre sacrifice. J’ai fait mes choix, tout simplement. Et je referais les mêmes si c’était à refaire.

 

La valeur d’une personne ne se mesure pas non plus aux souffrances qu’elle a endurées. Elle se mesure à ce qu’elle est, à la qualité de ses actes, à la bonté de son cœur, à l’amour qu’elle met dans tout ce qu’elle fait.

 

Cessez de juger sur des apparences. Cessez même de juger, tout simplement. Faites le silence dans votre tête, faites taire votre mental et écoutez parler votre cœur. Vous saurez alors si vous pouvez faire confiance à la personne qui vous fait face, bien plus surement que si vous aviez vérifié tous ses diplômes.

 

D’autant plus que c’est bien regrettable mais de nombreux professionnels ressentent le besoin de dénigrer les autres pour s’attirer leur clientèle. Ils critiquent les autres et leur travail, nient leurs compétences et même leur droit à exercer. Pourquoi?

 

Ceux qui sont malveillants, ceux qui médisent des autres, qui les jalousent ou tentent de les discréditer ne font qu’exprimer leur peur de se voir dans les yeux des autres tels qu’ils se voient dans les leurs et leur colère de ne pas se sentir à leur place et de n’avoir pas le courage d’en changer. Ils préfèrent rendre les autres responsables de leurs problèmes plutôt que d’assumer leurs propres responsabilités dans la conduite de leur propre vie. Leur en vouloir pour le mal qu’ils font ou essaient de faire, en paroles ou en actes, ne ferait qu’alimenter l’énergie négative qu’ils rayonnent. Leur situation est triste, et le mieux que nous puissions faire pour les aider est de leur envoyer notre énergie positive, de leur pardonner, et de leur souhaiter de s’aimer assez eux même pour avoir la force de trouver leur vraie place.

 

A vous tous qui êtes professionnel(le), quel que soit votre métier :

 

Si vous êtes à votre place et que votre attitude intérieure est juste, votre entreprise, et au-delà de cela, votre vie, seront pérennes et fécondes.

 

Si ce n’est pas le cas, il est temps de revenir en vous, de reprendre contact avec votre cœur, d’écouter ce qu’il vous souffle et de changer de chemin. 

 

 

Ceux-qui-médisent-juger-diplômes-qualité-travail-chevaux-cheval-ostéopathie-parage-cours-enseignement-moniteur-équitation-2

 

Laure Souquet
0033 6 19 12 02 37
laure.souquet(a)wanadoo.fr

Sur le même sujet

Laisser un commentaire

  1. Michèle Lambour

    Tellement vrai ! Y a-t-il un diplôme pour élever les enfants ?

  2. Françoise

    Que de vérités dans cet article… Les chevaux ne s’y trompent pas, ils reconnaissent ceux qui les comprennent ou qui les aident et, les plus malins, font bien enrager certains diplômés qui manquent de feeling ou de sagesse !

  3. Il est rare de lire des articles aussi intelligents sur cette épineuse question du diplôme (…en France !). Merci à toi Laure pour ça 🙂

  4. coubronne

    Je ne possede pas de chevaux,mais du plus profond de mon etre je reconnais votre amour des animaux et votre bienveillance,alors avec ou sans diplome les yeux fermés j irai vers vous…on ne voit bien qu avec le coeur disait St exupery…..
    Le meilleur pour votre avenir.Théa

  5. Véronique Moreau

    Bravo et merci pour cet article !

  6. VINCENT Yvonne

    Très beau commentaire, à l’instar de tous vos articles que j’apprécie énormément. Chacun est libre de ses opinions. Pour ma part, je regarde plus le résultat et surtout la façon d’atteindre ce résultat et ne me pose pas la question du diplôme. Bonne continuation et félicitations encore pour la qualité de vos articles !

  7. BISET Guy

    J’ai 60 ans, je découvre les chevaux. J’essaie d’avancer avec eux, vers quoi ? Je ne sais. Pour m’aider, je m’informe, je suscite des rencontres, je vis des « formations » et j’essaie de « sentir » QUI peut me faire évoluer. Je me soucie du vécu de la personne, de ce qu’elle vit et de ce qu’elle en partage. Diplôme ou pas.
    J’ai acquis des chevaux et l’éternelle question surgit : « Tu les montes ? » -Non. J’essaie de les écouter. Et beaucoup de cavaliers me tournent le dos. Pourtant eux, ils savent, ils ont des « diplômes » Eperons, Galops 5 ou 1 ou 2. Un diplôme c’est relatif. C’est du papier. je ne crois que dans le vécu ! Bien à vous, de Belgique.

  8. Yumi

    Si seulement plus de personnes pouvaient s’inspirer de cette façon d’être et de cette philosophie de vie.Merci pour Priam et ce petit bout de chemin partagé
    Bisous

    • Je suis sure qu’il y en a beaucoup plus qu’on ne pourrait le croire, seulement ils font moins de bruit que les autres! 😉
      C’était un plaisir pour moi aussi!!

  9. Bonjour Laure,

    Merci d’avoir exprimé ici ce sujet. Ton article m’a fait beaucoup de bien.

  10. VINCENT Yvonne

    Excellent commentaire !

Soyez informé(e) de chaque nouvelle publication!