Alimentation

par Équinessentiel dans Chevaux | 13 commentaires

L’alimentation du cheval est un vaste sujet dont je vais vous livrer les points clefs. Je vais vous résumer en quelques lignes seulement ce que vous devez absolument savoir pour que ce que vous donnez à votre cheval lui soit bénéfique et ne soit pas simplement éliminé dans ses crottins après avoir pollué et fatigué son organisme. Ces quelques connaissances vous permettront de faire des économies en aliments et en frais vétérinaires!

 

En effet, l’alimentation est un facteur fondamental dans la santé du cheval. Le bon fonctionnement de son organisme dépend en très grande partie de ce qui y pénètre! L’incroyable quantité de réactions métaboliques nécessaires à la vie et au maintien de la santé ne peut se faire sans apport des bons carburants et catalyseurs. Et tout élément inutile introduit dans ce système nécessite un travail de nettoyage et d’évacuation très fatiguant pour l’organisme. Donc si vous ne donnez pas ce qu’il faut en quantité suffisante votre cheval aura des carences et ne pourra pas rester en bonne santé et performant. Et si vous donnez de trop grandes quantités ou des aliments qui ne sont pas adaptés, ses reins, son pancréas et son foie seront fatigués et il manquera d’énergie. Je vous explique comment éviter cela!

 

Pour comprendre comment nourrir votre cheval, il faut d’abord comprendre comment il digère. Vous souvenez-vous de ce que vous avez appris pour passer vos galops? Petit rappel!

On peut distinguer deux grandes parties dans la digestion du cheval.

 

La première partie de sa digestion est chimique. C’est à dire qu’elle se fait grâce à des substances appelées enzymes qui sont produites par le corps du cheval et « attaquent » essentiellement les glucides et protéines contenues dans les céréales. Ces substances sont la salive dans la bouche, l’acide gastrique dans l’estomac puis les sucs pancréatiques, la bile et les acides biliaires déversés dans l’intestin grêle. Le cheval est peu performant pour cette digestion chimique. De plus, la contenance de son estomac n’est que de 15L environ, ce qui est très peu! Si vous m’avez suivie, quelle conclusion en tirez-vous?

 

La deuxième partie de sa digestion est microbienne. C’est à dire que les aliments sont « attaqués » par la grande quantité de microbes contenus dans le gros intestin du cheval. Ces microbes constituent ce qu’on appelle la « flore microbienne » du cheval et travaillent donc pour lui. C’est cette flore qui est endommagée quand on donne des antibiotiques à un cheval. Le gros intestin étant la plus grande partie de son tube digestif, le cheval est très performant dans cette digestion microbienne. Et savez-vous quel type d’aliments elle permet de digérer? Les fibres végétales, donc l’herbe, le foin, la paille et autres plantes. C’est donc ce qui doit composer la plus grande partie de l’alimentation du cheval.

 

Le cheval étant herbivore, son régime se compose assez évidemment de végétaux : herbes, plantes, feuilles, écorces, racines, graines etc. Ces éléments sont les seuls qu’il puisse digérer et donc dont il puisse retirer quelque chose. Encore faut-il qu’ils ne soient pas pollués par toutes sortes de traitements chimiques… Donc pour les cavaliers qui aiment tout partager avec leur cheval, s’il vous plait, ne lui donnez pas de nourriture qui nous soit destinée à nous : il n’est pas du tout fait pour la digérer et ça lui ferait plus de mal que de bien!! Emmenez-le plutôt brouter dans un endroit sympa, il en sera tout aussi content et son corps ne s’en portera que mieux!

 

Ceci étant dit, la variété des aliments proposés est très importante pour couvrir l’ensemble des besoin du cheval. S’il vit au box, le foin et la paille doivent constituer la base de son alimentation. Mais il ne suffit pas de lui en donner à volonté, il faut encore essayer de lui en fournir de différentes natures pour s’assurer que tous ses besoins soient couverts. Il vous paraît surement évident que l’avoine ne contient pas les mêmes éléments que l’orge, n’est-ce pas? Et bien c’est la même chose pour la tige de ces deux céréales! De même, au pré, il est essentiel que le cheval ait à disposition une grande variété de plantes. Alors ne vous précipitez pas sur les désherbants quand vous voyez des « mauvaises herbes » dans le pré de votre cheval : il se peut qu’elles aient pour lui des qualités nutritives intéressantes. Par exemple, il pousse parfois de l’avoine sauvage dans un champ non traité, ou encore des orties, très riches en fer et qui améliorent la qualité du poil ; des pissenlits, riches en potassium, diurétiques et stimulants pour le système digestif ; du fenugrec (plante qui ressemble au trèfle mais avec de plus longues tiges), qui stimule la lactation des poulinières, accélère la prise de muscle et stimule la pousse de la corne, etc. Pour la même raison, il vaut mieux choisir un foin bio ou au moins peu traité. Ce qu’il faut retenir : donnez des plantes et variez variez variez!!

 

Quand aux céréales, comme vous l’avez compris si vous avez suivi la digestion chimique, il n’est pas bon d’en donner de grandes quantités. D’une part parce que leur digestion demande au pancréas et au foie un effort anormal, et d’autre part parce que le cheval ne peut en digérer qu’une petite quantité par jour, à savoir 2L environ. Le surplus ne fait donc que fatiguer son système digestif et charger son corps de toxines avant de se retrouver dans ses crottins. Elles doivent donc uniquement représenter un complément à son alimentation de base, herbe ou foin et paille. Si on choisit d’en donner, il faut donc bien calculer les doses en fonction des besoins du cheval. Et choisir la céréale avec soin. L’avoine, très utilisée, est considérée à tord comme une céréale qui donne de l’énergie. En réalité il s’agit plus d’un excitant comme peut l’être le café pour nous. Par ailleurs, elle est irritante pour les muqueuses intestinales : à utiliser avec modération. Le maïs est une céréale très digeste et très riche qui permet de faire prendre de l’état assez rapidement. Elle ne doit donc pas être utilisée pour les poneys ou autres chevaux susceptibles de faire une fourbure. L’orge est la céréale la plus passe partout : digeste, appréciée des chevaux et d’une composition équilibrée elle convient à presque tous les chevaux. Je dis presque car il semblerait qu’elle puisse provoquer des diarrhées chez certains. Comme toujours, il faut essayer et voir ce qui convient le mieux à chaque cheval! Les céréales telles quelles étant difficile à digérer pour le cheval du fait de l’enveloppe épaisse qui les entoure, je vous conseille fortement de les faire germer. Ainsi, toutes leurs propriétés seront activées naturellement par le processus de germination, et le cheval pourra pleinement profiter des protéines, oligoéléments et vitamines qu’elles contiennent! En résumé, choisissez la céréale la mieux adaptée à votre cheval, faites-la germer et donnez-en une petite quantité : vous ferez ainsi des économies et il se sentira plus léger! Pensez à l’état dans lequel vous vous trouvez après un repas trop riche pendant les fêtes par exemple. Souhaitez-vous cela pour votre cheval? Et pensez-vous que dans cet état il est dans les meilleurs conditions pour travailler?

 

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Si vous optez pour un mélange tout prêt, plus cher mais beaucoup plus simple à stocker, à préparer et à utiliser, faites attention à sa qualité. Beaucoup de mélanges type granulés sont enrichis en sucre, par exemple, et pauvres en éléments bien plus importants pour le fonctionnement de l’organisme comme le fer, le potassium, le calcium, le sélénium, les vitamines etc. Regardez bien la composition des aliments et pensez qu’un aliment plus cher parce que de meilleure qualité sera distribué en plus petites quantités parce qu’il sera beaucoup plus facilement digéré et assimilé par le cheval. Et si vous m’avez suivie jusqu’ici, vous vous souvenez que la contenance de l’estomac du cheval n’est que de quelques litres. Il vaut donc mieux donner de petites quantités d’un aliment équilibré et de bonne qualité plutôt qu’une grande quantité d’un aliment peu cher qui finira de toute façon dans les crottins!

 

Dans tous les cas, pensez à fournir un complément en minéraux à votre cheval. Préférez un complément naturel. Personnellement, je conseille le sel de Guérande gris : sa couleur est due au fait qu’il a reposé sur une terre argileuse naturellement riche en minéraux dont il s’est chargé. Ces minéraux sont d’origine végétale et donc parfaitement assimilables par le cheval. Le saviez-vous? Un cheval n’est pas capable d’assimiler et donc d’utiliser un élément minéral qui n’a pas été « préparé pour lui » par une plante. Ça invite à vérifier les étiquettes des compléments hors de prix qu’on lui achète, non?

 

Ces principes ne sont pas toujours évidents à respecter, surtout quand notre cheval vit dans une écurie où nous ne pouvons pas tout contrôler! Mais chaque effort que nous faisons en ce sens augmente les années de vie que nous partagerons avec lui. Est-ce que ça n’en vaut pas la peine?

 

Laure Souquet
laure.souquet@wanadoo.fr
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  2. Zoired

    Bonjour,
    Pouvez-vous indiquer la quantité à donner par jour pour le sel de Guérande gris non traité. J’imagine qu’il ne faut pas dépasser certaines doses non plus. Merci d’avance.

    • Bonjour,
      Mon principe est de laisser le cheval s’autogérer, et donc de lui laisser les ressources en libre service, comme vous le feriez avec une pierre à sel.

      • Zoired

        Merci ! Belle journée à vous.

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  7. aude

    bonjour, quelle dose d’orge germé faut-il donner à un poney de 1m40 qui travaille 4/5jours semaine environ 1h ? (bien sûr en + de l’herbe, du foin et de la paille )

    • Bonjour,

      Il ne m’est pas possible de vous conseiller une dose si je ne connais pas l’état général de votre poney : poids, embonpoint, musculature etc, ainsi que l’intensité des séances et la quantité de nourriture qu’il reçoit autrement, son mode de vie etc.

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