Accueillir un cheval

par Équinessentiel dans Conditions de vie | Pas de commentaire

Accueillir un cheval, c’est un rêve pour beaucoup. Pour autant, il ne faut pas oublier les réalités de la vie quotidienne. Sinon, les contraintes pourraient vite faire déchanter.

 

Un cheval, ça coûte cher. Il faut d’abord l’acheter, et puis il faut l’entretenir. Le prix du cheval, c’est à chacun de voir en fonction de son budget. Mais ensuite, il va falloir payer la pension. Si vous n’avez pas besoin d’installations et souhaitez que votre cheval vive dehors, vous pourrez  vous en sortir pour  120 ou 150€. Par contre, vous n’aurez généralement pas d’eau  courante, donc pas de douche, pas de lumière en hiver, parfois pas même d’endroit exempt de boue pour les soins. Et si vous souhaitez une pension avec box et installations, cela pourra monter jusqu’à 450€ par mois. Vous pensez accueillir le cheval chez vous ou louer un terrain? Trouver des terres est un casse tête à peu près partout en France, et vous n’aurez souvent pas moyen d’éviter de nourrir au foin une bonne partie de l’année. Dans tous les cas, cela veut dire faire les clôtures, nettoyer le parc des crottins, amener eau et foin, débroussailler etc et venir surveiller ou faire des soins tous les jours sans exception. Vous passerez tout de suite moins de temps à sortir votre cheval! Et les piquets, le fil, les abreuvoirs, les filets à foin, les outils, les locations etc sont un gros budget également. Vos 150€ par mois vous les aurez largement!

 

En plus du logement et de la nourriture, il faudra payer les soins courants : comptez entre 40 et 50€ par mois pour le parage, deux fois plus si vous le faites ferrer ; une visite du dentiste par an, environ 100€ pour un bon praticien ; au moins une visite de l’ostéopathe, entre 80 et 100€ ; les produits de soin courants, là tout dépend de vous pour ça ; la selle, la bride, les licols, brosses, longes et autres équipements. Parmi les équipements, je reviens sur la selle : c’est un investissement et pas des moindres! Il vous faudra au minimum 1000€ pour une bonne selle. Et tout ceci est sans compter qu’il faut prévoir l’imprévisible : si un problème de santé apparaît, ou un accident, il faut être en mesure d’assumer. Cela demande d’avoir un petit pécule de côté. Sachez que les frais vétérinaires peuvent vite atteindre 2000€ ou plus. Bien plus vite qu’on ne le penserait. Accueillir un cheval est donc une charge financière à bien réfléchir. Parce qu’un cheval ça vit entre 20 et 35 ans. Pas question de changer d’avis après deux ans!

 

Et si vous savez pouvoir assumer financièrement, il vous reste à vous poser la question du temps. Parce que votre cheval, ce sera tous les jours qu’il aura besoin de soins. S’il vit au pré avec des congénères et que vous avez trouvé une bonne pension avec des gens compétents qui passent tous les jours, vous pourrez passer votre tour de temps en temps. Mais si votre cheval est au box, il faudra le sortir tous les jours sans exception, sans quoi il ne passera pas 23 mais 48 ou 72h  dans sa boîte! Alors le soir après le travail, il faudra vous changer, et faire des kilomètres de plus pour aller voir votre beau compagnon. Mari et enfants devront attendre! Le weekend aussi il vous faudra du temps. Et pour les vacances, il faudra vous organiser, et trouver une personne de confiance pour s’occuper de votre ami.

 

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Au-delà de tout cela, avoir un cheval à soi, c’est en être le gardien, et donc assumer les bons mais aussi et surtout les mauvais moments. Pensez bien que lorsque votre cheval sera blessé, vous ne pourrez pas tout simplement en monter un autre. Il vous faudra venir chaque jour le voir et le soigner, le marcher, et peut être ne rien faire d’autre pendant les semaines voire les mois qui lui seront nécessaires pour guérir. Et il pourrait vous arriver pire : que suite à un accident ou une maladie grave, votre cheval ne soit plus montable. Serez capable de l’accepter si cela doit arriver? Serez-vous capable de l’aimer encore et de trouver encore du plaisir à vous occuper de lui? Ce sont des questions qu’il faudrait toujours se poser avant d’adopter un cheval. Car on ne sait jamais ce que la vie nous réserve. De part mon métier, je suis amenée à rencontrer beaucoup de chevaux. Et j’en connais de 5 ans, 8 ans, 14 ans… qui ne sont déjà plus montables à causes de problèmes de santé variés. Certains le seront de nouveau un jour. D’autres ne le seront plus. Et pourtant il vivront longtemps. Quand bien même on le voudrait, il est très difficile de placer un cheval immontable. 

Vous sentez-vous capable d’assumer tout ce qui pourrait arriver? 

 

Pensez-y bien avant de craquer. Un cheval est un être vivant et sensible, et il faut pouvoir assumer tous ses besoins, quotidiennement.

Bien sûr, c’est un immense plaisir que de nouer une relation forte avec un cheval. Parfois cependant, prendre un cheval en pension ou demi pension peut être une solution bien plus facile que d’en assumer un complètement. Et si vous souhaitez offrir un cheval à votre enfant, demandez-vous bien qui s’en occupera quand il y aura un petit copain ou une petite copine, puis quand il faudra partir pour les études. Un animal n’est pas un objet que l’on offre. C’est un individu avec un cœur immense que la personne qui veut en devenir le gardien doit choisir et décider en toute conscience d’aimer jusqu’à la fin de sa vie.

 

J’ai choisi chacun de mes chevaux, je les aime plus que tout et chaque chose que je fais pour eux me procure du plaisir pour la simple raison que je la fais pour eux. Si vous vous sentez capable de donner une grosse partie de votre temps, de votre argent et de votre amour à un cheval, alors lancez-vous. C’est une aventure extraordinaire. Parfois douloureuse, difficile, et vous qui avez déjà un cheval savez bien de quoi je parle. Mais si vous vous investissez vraiment, vous en sortirez grandi(e).

 

Par contre, si vous ne souhaitez pas vous investir dans une relation très chronophage qui vous demandera beaucoup, pourquoi ne pas préférer offrir votre temps et votre amour à un cheval d’association ou que vous prendriez en demie pension? Il vous donnera tout autant, mais vous ne serez pas seul(e) à l’assumer! De plus, le jour où vous n’aurez plus le temps, vous pourrez cesser de vous occuper de lui, ou espacer de beaucoup vos visites. Il n’en sera pas pour autant abandonné. 

 

Quoi que vous décidiez, faites votre choix en conscience, prenez votre temps et réfléchissez bien. Trop de chevaux pleurent en silence des engagements qui n’ont pas été tenus.

 

Laure Souquet
laure.souquet@wanadoo.fr
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