5 clés pour faire ressortir le meilleur d’un cheval

par Équinessentiel dans Entraînement | Pas de commentaire

Que l’on soit entraîneur, cavalier professionnel ou simplement coach sportif de son propre cheval, plusieurs règles sous-tendent la réussite du travail d’un cheval. Voici 5 clés qui vous permettront de faire ressortir le meilleur de votre cheval ou de celui que vous entraînez.

 

1_ Travailler dans le calme

Le calme est un élément trop souvent négligé dans l’entraînement des chevaux, quelle que soit la discipline pratiquée. Pourtant, il est absolument primordial, et ceci pour deux raisons. La première, c’est qu’un cheval agité ou stressé est incapable de se concentrer sur vous et vos demandes et que ses capacités d’apprentissage sont sérieusement diminuées. En effet, le cheval étant un animal proie, il est particulièrement sensible aux facteurs de stress psychologiques. S’il prend peur parce que vous vous montrez trop énergique, trop agressif(/ve) dans vos demandes, il optera souvent pour la fuite, parfois pour le combat. Dans les deux cas, il sera bien plus préoccupé par la recherche d’une solution pour vous échapper que par une réflexion sur ce que vous lui demandez. De même, si un élément extérieur tel qu’un bruit inhabituel, un mouvement d’autres chevaux à proximité ou un élément visuel inattendu le perturbent, il sera incapable de se concentrer sur vous. Pour qu’il vous écoute et vous réponde comme vous le souhaitez, vous devez donc vous assurer de travailler dans le calme.

La deuxième raison à cette nécessité, c’est que lorsqu’un cheval est stressé, cela se traduit par une augmentation de son tonus musculaire et en particulier au niveau de sa ligne du dessus, c’est à dire de la chaîne musculaire mettant son rachis en extension. Ce qui signifie que la peur encourage le cheval à relever son encolure, creuser son dos et mobiliser ses capacités musculaires au profit de la puissance et de la vitesse et au détriment de la précision du geste. C’est ainsi, par exemple, que quelle que soit sa préparation physique, un cheval en panique négocie ses virages en se couchant sur le côté comme une mobylette. Tout simplement parce que le stress le pousse à contracter les extenseurs de son dos, alors que pour s’incurver il ne doit tendre que ceux du côté intérieur et laisser ceux du côté extérieur au cercle s’étirer. Un cheval tendu est donc incapable d’utiliser son corps de façon précise.

Pour que votre cheval ou celui que vous entraînez donne le meilleur de lui-même, vous devez donc avant tout vous assurer qu’il travaille dans le calme. En conséquence, si votre cheval est stressé ou trop plein d’énergie, mieux vaut renoncer à la séance de dressage ou d’éducation que vous aviez prévue et opter pour une séance de trotting, une balade rênes longues ou simplement un moment de détente ensemble au pré. Cela vous évitera une séance désastreuse sur le plan sportif comme relationnel ou, au mieux, inutile.

 

2_ S’adapter à la personnalité du cheval

Bien sûr, tous les chevaux ne sont pas égaux devant le stress. Certains y sont plus sujets que d’autres et ou y réagissent plus fort. Ces chevaux là nécessiteront plus d’attention et de compréhension que les autres. De même, certains chevaux sont naturellement proches de l’homme alors que d’autres mettent du temps à accorder leur confiance. Certains sont très expressifs, et d’autres mettent longtemps à oser s’exprimer ou à en ressentir l’envie. Lorsqu’on travaille avec un cheval, il faut donc être capable de cerner, de comprendre sa personnalité, et de s’y adapter. Tant dans son attitude intérieure que dans la façon dont on fait ses demandes ou dans la progression du travail. Par exemple, un cheval ayant peu confiance en lui pourra avoir besoin de commencer chaque séance par un exercice qu’il maîtrise, et d’y revenir régulièrement au cours de la séance. Ou bien un cheval réservé devra être autorisé à choisir sa distance de confort avec son dresseur lors des premiers exercices de travail à l’épaule, le temps de se rassurer et d’apprendre à apprécier la proximité. Chaque cheval a une personnalité qui lui est propre, en partie innée, en partie façonnée par les expériences qu’il a vécues. C’est ce qui fait l’immense richesse du travail avec les chevaux, mais c’est aussi ce qui différencie un homme ou une femme de cheval d’un cavalier ou une cavalière lambda. Avoir débourré soi-même son cheval, et même avoir emmené soi-même son cheval ou un cheval au plus haut niveau d’une discipline, cela ne veut pas forcément dire qu’on puisse le reproduire avec tous les chevaux. Mais ceci est une autre histoire!

Ce qui nous intéresse ici, c’est que pour aider un cheval à développer au mieux son potentiel, il faut impérativement s’adapter à la personne qu’il est et devenir la personne qu’il a besoin que nous soyons.

Si vous ne savez pas encore qui est le cheval qui vous fait face, prenez donc le temps de l’observer, prêtez attention à ses moindres réactions, apprenez à le connaître vraiment et ajustez vos actions et votre attitude aux siennes.

 

3_ Respecter son rythme

Dès les premiers instants que vous passez avec votre cheval ou celui avec lequel vous souhaitez travailler, vous devez ressentir son rythme. Ce rythme s’entend de différentes façons. D’une part, du point de vue de sa locomotion, d’autre part, du point de vue de sa résistance à l’effort, et enfin du point de vue de son apprentissage.

Tous les chevaux ne se meuvent pas au même rythme, et lorsque vous travaillez un cheval il est extrêmement important de respecter son rythme. Car pousser trop fort un cheval au rythme lent, c’est le forcer à se précipiter et lui faire perdre la précision de ses gestes comme de sa réponse aux aides. Et vouloir à tout prix ralentir un cheval au rythme énergique c’est le frustrer, l’énerver, et lui faire perdre son impulsion naturelle ainsi que la beauté de ses gestes. C’est d’ailleurs l’erreur que commettent beaucoup de cavaliers effrayés par la vigueur de leur arabe. Voulant le ralentir, soient ils le mettent en pression et le rendent explosif, soit au contraire ils étouffent son impulsion et lui font creuser le dos. Il ne faut donc surtout pas confondre rythme et état d’excitation!

De même, chaque cheval réagit différemment à l’effort physique, en fonction de sa personnalité, de son état de santé, de son état musculaire et de son entraînement. Pour préserver la fraîcheur du cheval, il convient de veiller à ne pas l’épuiser en lui accordant des pauses régulières et suffisamment longues. La fréquence des pauses comme leur longueur doivent être adaptées au cheval et à ses besoins spécifiques. Elles évoluent au jour le jour en fonction de son état. Pour bien les ajuster, vous devez prêter une attention constante aux signaux que le cheval vous envoie. Si vous lui demandez trop, il hésitera à se montrer généreux à la prochaine séance. Et si vous lui demandez trop peu, il ne gagnera jamais en endurance. C’est un équilibre à trouver!

Les pauses sont des moments très importants dans le travail d’un cheval! Leur fréquence et leur durée doivent être adaptées aux besoins de chaque cheval.

Enfin, le rythme d’apprentissage varie d’un cheval à un autre. D’une façon générale, il a été prouvé qu’un nouvel exercice est plus rapidement intégré lorsqu’il est pratiqué une fois par semaine que s’il est demandé chaque jour. Cela tient essentiellement au temps de repos nécessaire au cerveau pour mettre en place de nouvelles connexions neuronales. Aussi, dès lors que le cheval a intégré un nouveau geste ou un nouvel exercice, mieux vaut lui laisser du temps pour l’intégrer avant de reprendre la leçon. Par contre, certains chevaux sont capables d’intégrer plusieurs nouveautés dans une même séance, alors que c’est difficile pour d’autres. Et le temps qu’ils mettent à intégrer une nouvelle leçon dépend des chevaux. Je me souviens avoir travaillé avec une ponette qui mettait un temps fou à comprendre chaque nouvelle demande. C’était impressionnant! En contre-partie, dès qu’elle avait saisi ce que j’attendais d’elle, elle devenait très fine à l’aide. Je n’avais plus besoin d’y revenir et je pouvais passer directement à autre chose. A l’inverse, j’ai connu des chevaux prompts à trouver la réponse à une nouvelle demande mais qui avaient besoin de répéter souvent l’exercice pour bien l’ancrer et qui tendaient à tout mélanger si plusieurs nouveautés étaient introduites le même jour.

Le secret est donc de rester très attentif(/ve) au cheval tout au long du travail, afin de respecter au mieux son rythme et de lui donner les meilleures chances d’évoluer dans son travail. Donc, une fois que vous vous êtes ajusté(e) à la personnalité du cheval, identifiez son rythme et attachez-vous à le respecter.

 

4_ Tirer parti de chacune de ses particularités

Chacune des clés précédentes nous conduit à celle-ci. Car si vous les respectez bien, vous travaillez maintenant calmement avec votre cheval en lui prêtant la plus grande attention. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’en étant aussi attentif(/ve) à ce que vit l’animal, à ses réactions, à son état corporel, on se retrouve forcément dans un état d’esprit très bienveillant par rapport à lui. Et c’est cela qui permet de comprendre les difficultés du cheval et d’en tirer parti au lieu d’en être irrité(e) ou déçu(e). Car ce travail d’écoute qui permet de développer toutes les qualités du cheval dans le calme amène aussi à vouloir que tout se passe au mieux pour lui, et à percevoir nettement tous les efforts qu’il fait à chaque séance. Alors, lorsqu’il butte sur quelque chose, plutôt que de s’énerver, ce qui serait prouver son incompétence, on s’arrête et on réfléchit. Cette limite ne peut-elle pas être tournée en atout? 

Prenons l’exemple d’un cheval qui monte très vite en pression. De prime abord, il est délicat dans le travail car il perd vite ses moyens. Cependant, si on prend bien le temps d’ancrer solidement les bases, la pression d’une compétition le fera dépasser vos espérances en lui donnant une énergie incroyable. Ou un moment fort d’excitation vous aidera à déclencher un premier passage ou piaffer. Intelligemment pris, son défaut peut ainsi devenir, avec le temps, une qualité.

On peut aussi imaginer un cheval qui commence le reculer et décale chaque fois ses hanches au lieu de reculer droit. Au lieu de chercher à le rectifier, pourquoi ne pas lui apprendre à reculer en serpentine? Une fois que l’on contrôlera les hanches pour dévier à gauche ou à droite, il sera aisé d’obtenir un reculer droit. Il aura simplement appris un exercice de plus que les autres, ou dans un ordre différent. 

Chaque fois que vous voyez poindre ce que vous ressentez comme une faiblesse chez votre cheval ou celui que vous travaillez, prenez le temps de réfléchir à l’avantage qu’elle peut lui donner dans certains contextes ou pour certains exercices. Si on le considère avec bienveillance et intelligence, ce qui semble être le défaut d’un cheval peut se révéler comme une qualité qui n’a pas encore eu l’occasion de s’exprimer. 

 

5_ Identifier ses qualités et y adapter les exercices et la discipline

Si vous avez bien suivi jusqu’ici, vous avez compris que ce n’est pas de l’humain que dépend réellement le contenu de la séance, mais du cheval. Bien travailler avec un cheval, c’est s’adapter à chaque instant à lui. En étant à l’écoute, on peut l’amener à se dépasser et à révéler le meilleur de lui même.

Cependant, on ne fera jamais d’un cheval raide de nature un champion de dressage, comme on ne fera jamais d’un cheval au rythme lent un champion de course. Etre à l’écoute du cheval, cela demande aussi d’adapter les exercices qu’on lui demande, et donc la discipline. C’est pour cela que choisir un jeune cheval sans travail en le destinant d’avance à une discipline donnée reste un pari risqué. Même s’il est clair que la race et la morphologie donnent des prédispositions, elles ne font pas tout. Combien de cavaliers découvrent-ils avec déception que leur joli cheval destiné au CSO craint les barres ou manque de force pour bien les sauter? Ou que leur grand cheval de sport s’ennuie profondément sur une carrière? Que leur cheval qui semblait taillé pour la randonnée a peur de son ombre et tire au renard dès qu’il est à l’attache? Malheureusement, ces exemples sont légion et lorsque les gens s’acharnent à faire d’eux ce qu’ils ne font pas, les pauvres chevaux finissent par être déclarés fous, dangereux, ou tout simplement nuls. Pourtant, entre de bonnes mains compréhensives, ils peuvent vite retrouver goût à un travail qui leur correspond réellement.

Bien entraîner un cheval, c’est être capable d’identifier ses aptitudes naturelles et de lui proposer un travail qui lui permettra de les développer au mieux. Il faut être patient et ouvert à tout ce qui se présente!

L’inconvénient, c’est qu’on ne gagne pas à tous les coups quand on décide d’avance à quoi on veut destiner un cheval. L’avantage, c’est qu’à fonctionner ainsi on peut aider chaque cheval à s’épanouir dans une activité qui lui convient et à surprendre tous ceux qui ont pu médire à son sujet parce qu’il était trop ceci ou pas assez cela.

 

J’espère que ces conseils sauront vous aider vous et votre cheval et si cet article vous a plu je vous invite à le partager et à vous abonner au blog!

 

Laure Souquet
equinessentiel(a)gmail.com
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