4 indices pour savoir si votre cheval est heureux dans son groupe

par Équinessentiel dans Chevaux, Conditions de vie | 4 commentaires

Comme je vous l’ai souvent expliqué, non seulement la vie dans un groupe de congénères est essentielle au bien être de votre cheval, mais en plus il doit trouver sa place dans ce groupe et s’y sentir bien. Et ce n’est pas gagné d’avance ! Alors comment savoir si votre cheval est heureux dans son groupe ? Je vous donne 4 indices fiables pour vous permettre de le déterminer. 

 

1er indice 

Dans un précédent article, je vous expliquais comment aménager le pré pour éviter les réactions d’agressivité entre les chevaux qui s’y trouvent. Ces quelques précautions donnent toutes les chances au groupe de bien s’entendre et de vivre en harmonie. 

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Car le premier indice vous renseignant sur l’adéquation de votre cheval avec son groupe est l’agressivité. Celle qu’il subit et celle dont il fait preuve. Agresser les autres ou subir une agression sont deux situations qui provoquent un stress de l’organisme et qui sont difficiles à vivre et fatigantes pour un cheval. Dans un cas comme dans l’autre, l’agressivité empêche le cheval de se détendre et de profiter de vrais moments de repos, puisqu’il doit rester sur le qui vive afin d’être en position de réagir à la présence des autres à tout instant. Elle peut ainsi conduire à une perte de poids, entraîner une augmentation de la tension musculaire et l’installation de contractures, et amener le cheval à se sentir mieux en dehors de son pré que dedans, au milieu des autres. Aussi, un cheval bien dans son groupe ne doit ni agresser les autres ni être agressé par eux.    

 

2ème indice 

S’il n’y a pas d’agressivité dans un groupe, alors ses différents membres peuvent compter les uns sur les autres et se sentir en sécurité ensemble. Ce sentiment de sécurité est absolument indispensable pour qu’un cheval s’offre un vrai repos. En effet, il est vrai que les chevaux peuvent dormir debout, grâce au système d’accrochement de leurs rotules qui leur permettent de bloquer leurs postérieurs et à la rectitude de leurs antérieurs. Ces deux systèmes font qu’ils peuvent s’assoupir sans tomber, en maintenant un tonus musculaire minimal. Cependant, si petit soit-il, le tonus musculaire nécessaire au maintien de cette station debout ne leur permet pas de s’abandonner à un sommeil profond et réparateur. Sommeil sans lequel le repos n’est jamais total et les nouvelles connexions neuronales nécessaires à l’intégration des expériences vécues est impossible. Pour profiter de ce sommeil, ils doivent nécessairement se coucher. Or, le cheval étant un animal proie, il garde au fond de lui la conscience qu’un si grand abandon est bien dangereux si personne ne veille à sa place pendant son temps. Pour se le permettre, il doit être certain que rien ni personne ne viendra le déranger et qu’un autre cheval au moins restera vigilant à ses côtés pendant la vingtaine de minutes dont il aura besoin pour atteindre profiter d’un sommeil paradoxal, peuplé de rêves et infiniment précieux pour sa santé. Si votre cheval est bien dans son groupe, vous devez donc régulièrement le voir couché, profondément endormi au milieu de ses congénères.

 

Une remarque en passant : si votre cheval s’endort aussi profondément en votre seule présence, c’est également un beau signe de confiance qu’il vous offre! Ci-dessous, une expérience vécue récemment :

3ème indice

Même si vous ne constatez aucun signe d’agressivité entre les membres du groupe et que votre cheval s’y repose avec confiance, il n’y est pas forcément à sa place pour autant. Car les chevaux sont comme nous : ils ont plus ou moins d’affinités les uns avec les autres, et leurs caractères respectifs se correspondent plus ou moins bien. Et comme nous, ils ont besoin de nouer avec d’autres des relations d’amitié fortes sur lesquelles se reposer. Avez-vous déjà remarqué que les chevaux ne sont pas tous aussi tactiles les uns avec les autres ? Je vous en ai d’ailleurs déjà parlé mais au sujet de leurs relations avec nous.

Vous aviez raté cet article ?

Ils ne pratiquent le grooming ou grattage mutuel qu’entre amis proches. Et ces séances sont très importantes car elles leur permettent de s’aider l’un l’autre en se grattant des endroits qu’eux mêmes ne peuvent atteindre mais aussi en massant les zones tendues et douloureuses que seul un autre peut détendre par ses vigoureux massages ! Pour être bien dans son groupe, un cheval doit y avoir au moins un ami proche avec lequel il peut échanger des massages.

 

4ème indice

Enfin, avez-vous remarqué que depuis le début de cet article je ne vous parle pas de troupeau mais de groupe de chevaux ? Savez-vous pourquoi ? Je n’utilise pas le terme de troupeau car des chevaux peuvent très bien vivre en groupe sans former pour autant un troupeau. C’est à dire qu’ils peuvent vivre les uns à côté des autres sans pour autant vivre vraiment ensemble. Sans avoir de véritable cohésion. Or, cette cohésion qu’offre un vrai troupeau est très importante pour un cheval. Elle lui permet de se sentir à sa place, rassuré par une routine commune et des habitudes de vie claires et structurantes. Et cette réalité du troupeau s’objective par ce que l’on appelle la synchronisation entre ses membres. Cela signifie que les chevaux d’un troupeau tendent à accomplir les mêmes actions en même temps. Ils se roulent les uns après les autres, dorment couchés tous ensemble, vont voir ensemble, mangent en même temps, font la sieste au soleil tous au même moment, etc. C’est le quatrième indice vous permettant de savoir si votre cheval se sent bien dans son groupe et si celui-ci forme un véritable troupeau. Votre cheval synchronise-t-il ses actions avec celles des autres membres de son groupe ? 

 

Le troupeau étant garant de la sécurité affective et psychologique de votre cheval et donc de sa santé, il est important que vous sachiez déterminer s’il vit au sein d’un vrai troupeau et s’il s’y sent bien. Retenez donc bien ces 4 indices et allez vite observer votre cheval pour les vérifier un à un :

  • Votre cheval est-il serein, ni agressif ni agressé par les autres ? 
  • Se couche-t-il régulièrement pour dormir ? 
  • A-t-il un ami avec lequel partager des moments de grattage mutuel ? 
  • Est-il synchronisé avec les autres membres du groupe ?     

 

 Si vous avez répondu oui à ces 4 question, alors votre cheval est bien à son aise au sein d’un vrai troupeau. Sinon, il est temps de modifier la composition du groupe ou de l’en changer !

 

Laure Souquet
laure.souquet@wanadoo.fr
0033 (0)6 19 12 02 37

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  1. Garreau

    Bonjour
    J’adhere Tout à fait à votre observation, mais qu’en est-il pour des chevaux qui vivent seulement par deux?
    Mon cheval agresse souvent ma jument ( petites morsures) quand je suis là, pour la nourriture, quand elle le sollicite pendant ses chaleurs; pourtant elle est collée à lui sans cesse. Je les ai vus partager des moments de grooming, Se rouler mais ne se couchent pas très souvent. Ces attitudes montrent elles à votre avis un mal-être? Et si c’est le cas comment y remédier ?
    Cordialement

    • Bonjour,

      A deux c’est la même chose. Que votre cheval morde sa compagne pendant que vous nourrissez ou lorsqu’elle l’embête, ce n’est pas bien grave. Par contre, ces comportements doivent être limités à des activités particulières et être de faible intensité. Le reste du temps, ils devraient se coucher chaque jour et accomplir leurs activités ensemble. S’ils ne se couchent pas, cela signifie qu’ils ne sont pas complètement détendus. Soit parce qu’ils n’ont pas assez confiance l’un en l’autre, soit parce que l’environnement les stresse.
      L’idéal serait de les observer assez pour déterminer ce qu’il en est. Si cela vient de l’environnement, il faudra le modifier ou bien les changer de pré. Sinon, il pourrait être intéressant d’ajouter d’autres chevaux au groupe. Cela peut changer beaucoup de choses. Sans voir vos chevaux, il m’est malheureusement difficile de vous aiguiller davantage!

  2. demotte

    bonsoir, à votre connaissance, qu’en est-il du mâle dominant (je n’ai pas de jument dans mon groupe de 5 chevaux). Il n’est pas agressif « gratuitement », c’est un bon chef, qui ne « pousse » ou chasse que quand l’autre ne s’est pas bougé assez vite pour lui laisser la place. Mais parfois alors que les autres jouent entre eux, il veut prendre part mais les autres le fuient. J’ai de la peine pour lui qui aime tant jouer. Est-ce systématique que le chef du groupe ne puisse plus jouer avec ses « dominés »?
    Il est super copain avec un poney au tempérament de feu, comme lui. Il le laisse manger dans sa gamelle! Ce poney sait qu’il peut se permettre des choses que les autres n’ont pas l’autorisation de faire. Mais même lui le fuit quand il joue…

    Pour ce qui est de la précédente question de Garreau, je pense que 2 n’est pas un nombre suffisant que pour que les chevaux se sentent suffisamment en sécurité. Mais on fait ce que l’on peut. Ce n’est pas un jugement.

    • Bonjour,

      En réalité, il n’y a pas de relations dominant-dominé chez les chevaux. Si votre cheval est agressif, c’est qu’il a un problème de communication avec les autres chevaux et qu’il a du mal à s’en faire comprendre sans agressivité. Et si les autres le fuient, c’est qu’il ne respecte pas leurs limites. La solution consiste à le changer de groupe, afin qu’il trouve son équilibre avec d’autres chevaux qui lui correspondront mieux.

      Pour ce qui est du nombre de chevaux dans un groupe, deux est tout à fait suffisant. Dans la nature, les groupes sont généralement de deux à six. Simplement, peu importe leur nombre, il est impératif qu’ils s’entendent!

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